Émile Nicot devant l'usine de Chagny.

Philicot : investir pour se rapprocher des clients

Rayonnant sur 25 départements et sur une ligne Dijon-Marseille, le groupe bourguignon Philicot continue sa croissance en 2017 en doublant la capacité de son usine de Saint-Flour (Cantal) et en investissant dans une nouvelle tour de granulation sur son site de Chêne-en-Semine (Haute-Savoie). Rencontre avec Émile Nicot, le président de Philicot à Chagny (Saône-et-Loire) au siège de l’entreprise.

Émile Nicot devant l'usine de Chagny.

Émile Nicot devant l’usine de Chagny.

Depuis sa création en 1948 par Philibert Nicot, le grand-père d’Émile Nicot, l’entreprise Philicot n’a cessé d’évoluer par étapes successives de développement. Partie d’une double activité de meunerie et de commercialisation d’aliments du bétail, l’entreprise va progressivement se spécialiser en alimentation animale en deux premières étapes : par la construction de l’usine de Chagny en 1973 (20 000 t de capacité à l’époque), suivie de la séparation des deux activités meunerie et alimentation animale en 1992, année qui marque le vrai démarrage de Philicot. L’activité meunerie va se développer avec succès en parallèle, Nicot Meunerie étant aujourd’hui le cinquième groupe meunier français, pilier de la marque Banette dont il a participé à la création.

288 000 t sur six sites

Une succession d’acquisitions et d’investissements va donner à Philicot sa configuration actuelle d’un ensemble de six usines rayonnant sur 25 départements, avec tout d’abord l’acquisition en 1992 des Établissements Lepine à Clairvaux-les-Lacs, site actuel de production de Philicot Franche-Comté, suivie en 1999 de l’acquisition des Établissements Lafarge à Cléon-d’Andran dans la Drôme. D’autres acquisitions auront ensuite lieu en 2007 et 2011, permettant à Philicot d’étendre son champ d’action sur plusieurs autres départements (Vaucluse, Haute-Savoie, Loire). Deux investissements importants ont également lieu, avec la construction de l’usine de Saint-Flour dans le Cantal en 2006 (1,5 million d’euros (M€) d’investissements dans un atelier de production de mash pour bovins), suivie en 2012 de la construction de l’usine Philicot Savoie Mont-Blanc à Chêne-en-Sémine en Haute-Savoie (2,20 M€ d’investissements pour créer une usine de production d’aliment mash et de négoce de granulés).

Après toutes ces acquisitions et ces investissements, Philicot représente aujourd’hui un ensemble de six usines produisant globalement 288 000 t d’aliment par an, dont 63 % d’aliments bovins (le tonnage bovin a plus que doublé en quinze ans). L’aliment porc, avec environ 38 000 t produit par an essentiellement en Bourgogne Franche-Comté, arrive en deuxième position (13 % du total), suivi des aliments ovin/caprin/équin (21 000 t/an, 7 % du total), de l’aliment volailles (16 000 t/an, 6 % du total), puis de l’aliment lapins (9 000 t/an, 3 % du total). « Nous accompagnons nos investissements dans les usines de développement commercial, Philicot ayant un réel savoir-faire en aliments ruminants », affirme Émile Nicot. Ce savoir-faire ruminants de Philicot, en particulier sur le site de Chagny, repose sur la production d’une offre variée : aliments fibreux (contenant 20 % de brins longs de luzerne et paille), aliments dits fibrés (7-10 % de brins longs), mash avec ou sans noyau, granulés, minéral à la carte (produit sous marque Cérémix depuis 2000 à Chagny). Sur le plan des matières premières, l’utilisation du tourteau de soja Expellor en provenance de l’usine d’Extrusel à Chalon-sur-Saône (soja français non OGM) est en développement.

Moins de transferts inter-usines

Deux investissements majeurs ont été réalisés par Philicot en 2017 : le doublement de l’atelier de production de mash de Saint-Flour (qui passe de 10 à 25 cellules de matières premières et d’une production de 25 000 à 50 000 t/an) et la construction d’une tour de granulation sur le site de Chêne-en-Sémine (74) pour un investissement de 2,40 M€. Ayant nécessité un investissement de 2,30 M€, le doublement de la capacité de l’usine de mash de Saint-Flour, opérationnel depuis avril 2017, apporte à Philicot une plus grande diversité de matières premières possibles en formulation. « Le site de Saint-Flour était saturé et nous l’avons agrandi et modernisé, avec l’installation d’une mélangeuse robotisée sur rail », précise Émile Nicot. Quant à la nouvelle tour de granulation de Chêne-en-Sémine, elle va « régionaliser la production tout en donnant plus de capacités de production au groupe, l’usine de Chagny étant saturée ». D’une capacité de 150 t/j et opérationnelle depuis le 1er octobre 2017, la nouvelle tour de granulation produira essentiellement de l’aliment vaches laitières et permettra également un développement en aliment porcs et volailles. « Ces investissements vont nous permettre de limiter les transferts inter-usines tout en ayant une visibilité commerciale plus forte », remarque Émile Nicot. En effet, jusqu’à présent, les aliments granulés commercialisés par Philicot Savoie Mont-Blanc provenaient de Philicot Franche-Comté.

Quelles sont les priorités de Philicot pour 2018 ? « Conforter ces deux investissements et structurer l’offre commerciale », répond Émile Nicot qui rappelle que les investissements réalisés en 2017 visent avant tout « à se rapprocher des clients et à développer davantage de services au départ des différents sites ». La modernisation de la GPAO des sites de Chagny et de Clairvaux est également prévue en 2018, sans oublier des investissements pour améliorer l’unité de production de minéraux de Chagny ainsi qu’une augmentation de sa capacité de stockage. « Avec à moyen terme le cap des 300 000 t à portée de main. »

Philippe Caldier

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