Pancosma : « La non-nutrition sera notre signature »

Il y a six ans, Pancosma ouvrait une nouvelle voie pour la nutrition animale en considérant l’intestin comme « un organe sensoriel intelligent et indépendant ». Une approche inédite, basée sur la découverte de récepteurs sensoriels dans l’appareil digestif. Cette année, la société suisse vient, de nouveau, casser les codes et élargir les horizons, en développant le concept de la « non-nutrition ».

« Pancosma a toujours eu un rôle novateur », assure Clément Soulet, responsable du marché palatants. Cette entreprise, née en 1947 à Genève, capitale mondiale de la production de senteurs, a été la première à utiliser des arômes pour l’alimentation animale. « Au départ, l’entreprise se destinait à la fabrication d’eau de boisson aromatisée pour la nutrition humaine, raconte Yvan Jacquier, responsable du site de production de Bellegarde. Mais le fondateur a un jour testé ses aromatisants sur des animaux d’élevage, à la demande d’un ami agriculteur. C’est ainsi que Pancosma est rentrée de plain-pied dans la nutrition animale. » L’entreprise est depuis devenue une référence sur le marché mondial des ingrédients et additifs. Elle possède sept usines de production à travers le monde : France (voir encadré), Suisse, Canada, Pologne et Chine.

Les arômes sont testés de manière olfactive par un panel de volontaires.

Les arômes sont testés de manière olfactive par un panel de volontaires.

Pancosma compte sept gammes de produits. Les palatants représentent toujours une importante partie de ses activités. « Il s’agit de l’ensemble des produits ayant un impact sur les organes sensoriels : les arômes et les modificateurs de goût », explique Clément Soulet. Une mauvaise perception sensorielle ou une variation négative de l’odeur et du goût peuvent, chez les animaux, entraîner une réduction de l’ingéré. « Les palatants sont là pour aider les formulateurs et les nutritionnistes afin d’améliorer et de lisser la perception sensorielle de la ration et ainsi permettre plus de flexibilité dans la composition des formules. »

Pancosma a créé sa gamme aromatique en partant du principe qu’un arôme peut être utilisé pour imiter l’odeur de matières premières appétantes. Ainsi, les arômes lait, mélasse, pulpe de citron et bien d’autres encore rappellent l’odeur de ces matières premières couramment utilisées en nutrition animale. « Pancosma dispose aujourd’hui d’une palette aromatique extrêmement variée avec plus de 200 profils différents sans compter les créations sur-mesure ». Quid des arômes phares ? « Vanille, lait et fruits rouges restent prédominants en veau et porcelet. Pour les ruminants, la marque de fabrique Pancosma est le fenugrec, plante autrefois couramment utilisée en Suisse pour ses bénéfices sur le rumen et la production laitière. » Pancosma a d’abord développé des arômes destinés aux jeunes animaux. Le marché porcelet/veau reste le plus important. « Sécuriser la performance pour les jeunes animaux est capital, surtout au moment du sevrage où il est crucial de mettre en œuvre tous les moyens afin d’assurer un bon ingéré. Une mauvaise prise alimentaire à cette étape aura des répercussions négatives amplifiées sur la performance finale de l’animal. »

La société Suisse a également développé une expertise palatant pour les ruminants, notamment avec une offre complète pour les vaches laitières. « Nous vendons aujourd’hui des arômes pour une multitude d’autres espèces : moutons, chèvres, lapins, chevaux, gibier et même les animaux de compagnie. » Une espèce manque à l’appel : « Les volailles ont peu de récepteurs sensoriels identifiés à ce jour. Nous recommandons pour celles-ci une gamme de produits différente nommée : Xtract. Celle-ci est constituée de molécules bioactives, issues des bénéfices des plantes, standardisées et ayant des impacts zootechniques. En particulier l’un des produits, déjà approuvé par la Commission européenne, a pour effet de stimuler la digestion et l’absorption des nutriments afin d’augmenter la prise de poids et de réduire les coûts de production (indice de conversion). Les produits de la gamme sont largement utilisés de part le monde et appréciés pour leur qualité suisse inégalable », explique Jennifer Maurin, chef de produit extraits de plantes.

La firme travaille avec près de 300 molécules différentes, à grande majorité nature identique « c’est-à-dire de synthèse, mais 100 % identiques aux molécules naturelles ». La réglementation est très stricte dans ce domaine. « Le nombre de molécules autorisées en nutrition animale est beaucoup moins important qu’en nutrition humaine. Nous respectons et suivons de près toutes les évolutions législatives dans ce domaine », note Clément Soulet.

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E. Mouraud

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 696 – mai 2016

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