Sylvain Pommier, directeur de Pommier Nutrition et Nutrixia Laboratory.

Nutrixia Laboratory et Pommier Nutrition : la micronutrition du cheval

Pommier Nutrition et Nutrixia Laboratory se classent parmi les premières entreprises françaises d’aliments complémentaires pour chevaux. Installées à Châteauneuf en Thymerais, en Eure et Loir, elles fabriquent et commercialisent des aliments complémentaires et des produits de soins pour chevaux, du loisir à la compétition.

Sylvain Pommier, directeur de Pommier Nutrition et Nutrixia Laboratory.

Sylvain Pommier, directeur de Pommier Nutrition et Nutrixia Laboratory.

Sylvain Pommier fait ses premiers pas dans le domaine de la nutrition animale en 1983 en créant son entreprise comme concessionnaire Purina. « J’étais tout seul avec ma camionnette, se souvient-il. Dans le secteur de Rambouillet. C’est une région de chasse, mais pas une grande région d’élevage. Je vendais un peu pour les vaches laitières, les volailles, lapins, mais surtout pour les chevaux : des aliments, de la paille, des copeaux, des fourrages, etc. »

Une quinzaine d’années plus tard, l’entreprise se lance dans la commercialisation d’aliments complémentaires pour chevaux. « J’ai alors décidé d’importer la marque Farnam, leader sur le marché américain des produits de soins et aliments complémentaires pour chevaux. Cette activité a pris une importance de plus en plus grande. » Un partenariat exclusif se met rapidement en place et Sylvain Pommier se voit confier la distribution européenne des produits de la marque : « C’est le début de Farnam Europe Distribution », qui prendra le nom, plusieurs années plus tard, de Pommier Nutrition.

L’entreprise s’agrandit, se développe à l’export et, en 2005, dévoile ses propres marques d’aliments complémentaires : Horse Master et Fedvet. Cette dernière s’adresse exclusivement aux vétérinaires. Horse Master est quant à elle une gamme d’aliments complémentaires adaptés aux besoins de tous les chevaux, du loisir à l’athlète. « L’alimentation fait partie des facteurs de performance. Nous proposons des solutions nutritionnelles adaptées, équilibrées, permettant de corriger des déficits de manière ponctuelle (besoins hydro-électrolytiques post effort, récupération nutritionnelle, etc.) ou prolongée (déséquilibre en oligo-éléments, etc.). »

Indépendance et petites quantités

Tous ces produits sont élaborés et fabriqués à Châteauneuf en Thymerais. Les locaux hébergent également, depuis trois ans, le siège de Nutrixia Laboratory, entreprise spécialisée dans la formulation et la fabrication à façon d’aliments complémentaires. Les deux sociétés, dirigées par Sylvain Pommier, emploient vingt-deux personnes. « Cette proximité nous assure un suivi permanent de nos fabrications. » Les formules d’aliments complémentaires de Pommier Nutrition sont principalement fabriquées par Nutrixia Laboratory. « On réalise des volumes assez modestes, des petites quantités (de moins de 100 litres à 16 000 litres maximum), pour être les plus flexibles possible. Certains clients viennent avec leur formule, théorique, parfois empirique, que nous mettons au point, en toute indépendance. »

Les matières premières végétales proviennent essentiellement de France. « La fourniture de matières premières en petite quantité n’est pas toujours simple ! » Les vitamines sont quant à elles en provenance de Chine ou d’Inde. « Nous fabriquons nos arômes nous-mêmes. Des cuves dédiées à la macération de plantes devraient bientôt être installées. » Le site devrait également voir sa surface augmenter de 1 200 m2 « pour faciliter le stockage, l’étiquetage et la logistique. » Ce qui fera une surface totale de 2 500 m2.

Le site de Châteauneuf en Thymerais compte deux lignes de production pour les poudres et pour les liquides. « Afin d’assurer des aliments sans aucun écart, notamment de teneur en vitamines, nous utilisons un process de granulation à froid. On veille à ce que la qualité des matières premières ne soit pas altérée. Nous travaillons également sur des lignes de production séparées, dédiées aux matières dopantes et aux matières non dopantes, afin de garantir des produits conformes sans contaminants alimentaires. Par exemple, nous avons une ligne sur laquelle nous utilisons de l’harpagophytum interdit en compétition. Notre production à destination des chevaux de course est extrêmement contrôlée. C’est indispensable et obligatoire de pouvoir apporter cette sécurité. »

Pommier Nutrition et Nutrixia Laboratory se classent parmi les premières entreprises françaises d’aliments complémentaires pour chevaux.

Pommier Nutrition et Nutrixia Laboratory se classent parmi les premières entreprises françaises d’aliments complémentaires pour chevaux.

Développement et conquête de nouveaux marchés

Pommier Nutrition vient de lancer Equine Performance Solutions, solutions d’accompagnement en physiologie de l’exercice et en nutrition des chevaux athlètes. « Cette prestation de service est une approche globale pour préparer physiquement les chevaux, autant d’un point de vue nutrition sportive que qualités physiques. Il s’agit de mettre la physiologie au service de la performance afin de rationaliser et d’objectiver l’entraînement des chevaux. » Pommier nutrition souhaite également se développer dans les aliments complémentaires pour poules de compagnie. « On vient de lancer une gamme pour le bien-être des volailles destinées aux petits éleveurs et particuliers : Gallifarm. »

Afin de tester l’efficacité et l’appétence de ses produits, l’entreprise mène des essais scientifiques. « Nous venons par exemple de signer une convention de recherche avec une université publique au Maroc avec laquelle nous travaillons sur des projets collaboratifs en recherche et développement sur les aliments complémentaires pour chevaux. Ce partenariat avec des vétérinaires et chercheurs nous garantit l’efficacité de nos produits tant sur des paramètres de performances sportives qu’en terme nutritionnel. »

Outre la France, Pommier Nutrition et Nutrixia Laboratory exportent en Europe, au Maghreb et au Moyen Orient. « En France le marché ne s’agrandit pas, mais la concurrence se densifie tout comme les contraintes réglementaires. On pourrait rayonner plus à l’étranger, néanmoins la règlementation et la Direction de services vétérinaires rendent les exports difficiles. Nous perdons de nombreux contrats à cause de cela. »

Ermeline Mouraud

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