Usine de Noyelles sur Escaut, la plus importante du groupe en termes de volume.
Crédit : Novial

Novial : un fabricant engagé dans la performance énergétique

À Noyelles-sur-Escaut, dans le nord, Novial met tout en œuvre pour optimiser sa facture énergétique et réduire l’empreinte environnementale de ses activités, tout en améliorant ses performances économiques mais aussi managériales et sociétales.

Usine de Noyelles sur Escaut, la plus importante du groupe en termes de volume. Crédit : Novial

Usine de Noyelles sur Escaut, la plus importante du groupe en termes de volume.
Crédit : Novial

À Noyelles-sur-Escaut, sur la route de Cambrai, se dresse le site de production le plus important de Novial. Érigé en 1994, c’est aussi le plus récent du groupe. Le leader de la fabrication d’aliments pour animaux de la région Normandie-Hauts de France y produit annuellement 165 000 tonnes d’aliments toutes spécialités, « hors chevaux », indique Stéphane Hotte, directeur général du pôle industriel Ouest et directeur du pôle amont. « 70 000 t pour les pondeuses en élevages conventionnels, près de 60 000 t à destination des vaches laitières, 20 000 t pour les porcs, 6 000 t d’aliments lapin et 6 000 t d’aliments gibier, liste ce dernier. Sous formes de farine, de granulés, de miettes, mais aussi de farine thermisée, principalement pour les aliments repro en volailleSeules 3 000 à 4 000 t partent pour l’export. »

L’usine, qui tourne 280 jours par an et emploie 71 salariés, compte cinq lignes de presses et une mélangeuse ainsi qu’une ligne d’ensachage 25 kg. Novial y fabrique également de l’aliment ré-engraissé, « un granulé, enrobé d’huile, à haute valeur énergétique pour une croissance rapide des animaux ». Le site dispose aussi d’une « station Optimel » : un service de mélange à la carte « de matières premières, noyaux et minéraux en granulés » pour les éleveurs de bovins. La grande majorité de ces matières premières, utilisées dans les quelque 800 formules développées par Novial, proviennent du territoire national.

Origine France Garantie

« Nous disposons du label Origine France garantie depuis 2014 et avons fait du sourcing français notre marque de fabrique, souligne Stéphane Hotte. Nous avons poussé la démarche jusqu’à l’origine de la sacherie ou encore des voitures de fonction et de notre flotte de camions. » Aujourd’hui, l’entreprise utilise plus de 82 % de produits régionaux. Les tourteaux oléagineux représentent la plus grosse part. « Nous utilisons par exemple du tourteau de lin, dans le cadre de la démarche Bleu Blanc Cœur », suivis des céréales, « du blé en majorité (44 743 tonnes) », ainsi que des coproduits de céréales : « Du wheat feed, des sons de blé, drêches de blé, drêches de maïs, radicelles d’orge, tourteaux de germes de maïs, farine basse de blé, gluten de maïs, etc. Des coproduits de meunerie, semoulerie, amidonnerie ou malterie ». Novial est aussi très investi dans la démarche Duralim et a également fait le choix de répondre à l’ensemble des cahiers des charges produits des filières de la région Hauts de France. « Ce qui représente 57 cahiers des charges différents », souligne Stéphane Hotte.

Le fabricant intègre à ses formules des minéraux, « phosphate, magnésium, sel, bicarbonate, etc. » et des acides aminés « pour équilibrer les formules ». Ces derniers sont importés, « comme la méthionine. Nous utilisons également de l’huile de palme car il s’agit de la seule huile adaptée au process de ré-engraissement, qui fige à température ambiante. Des ingrédients impossibles à trouver en local ! »

Novial s’attache également à la qualité de ces matières premières et des produits finis. « Nous sommes très impliqués dans le comité de pilotage d’Oqualim. » Afin d’assurer un contrôle le plus exact possible à réception, le site de Noyelles-sur-Escaut, certifiée Guide des bonnes pratiques des fabricants d’aliments composés, est doté depuis un an d’une sonde de prélèvement « permettant un échantillonnage sur toute l’épaisseur de la benne, pour assurer une homogénéité, une meilleure représentativité du chargement ». Le site dispose aussi d’un laboratoire interne : « Résistance des granulés, humidité, granulométrie, matières grasses, cellulose, matières minérales, mycotoxines, etc. Nous y réalisons environ 5 000 analyses par an. »

Stéphane Hotte, directeur général du pôle industriel Ouest et directeur du pôle amont chez Novial.

Stéphane Hotte, directeur général du pôle industriel Ouest et directeur du pôle amont chez Novial.

Objectif « 70 kWh par tonne »

Novial porte également une très grande attention à sa consommation énergétique. À Noyelles-sur-Escaut, 30 compteurs électriques ont ainsi été installés dans l’usine, afin d’assurer un suivi précis des consommations de chaque machine. Le site a lancé sa réflexion autour de l’énergie il y a quatre ans, aujourd’hui il est certifié Iso 50001, en ayant exploré des leviers aussi bien techniques (isolation des réseaux vapeur, récupération de chaleur sur compresseurs d’air) que managériaux. « La consommation de gazoil et le comportement de conduite des chauffeurs ont par exemple été étudiés, permettant de passer de 45 litres/100, il y a 3 ans, à 38 litres/100 aujourd’hui. » Une baisse significative dans une région où la logistique est le coût principal, dû à la faible densité des élevages : « Nous sommes à 27 tonnes d’aliments/km2, contre 300 tonnes d’aliments/km2 dans l’ouest de la France », indique Stéphane Hotte. Le choix des formules est également impacté : « Ce sont les moins énergivores qui sont retenues. » L’objectif ? « Ne pas dépasser les 70 kWh consommés par tonne ».

L’usine a récemment été équipée d’un logiciel permettant « un suivi permanent de la performance énergétique de nos produits et de notre performance industrielle ». Baptisé Beegreen, il suit l’ensemble des paramètres de production (débit, taux de saturation des presses, effet équipe opérateur, etc.), d’énergie (consommation/tonne, maîtrise de l’impact énergétique par formule, etc.) et de qualité (durabilité). « C’est un outil de pilotage industriel, de management des équipes et des performances. Il permet de suivre ses consommations d’énergie et de les optimiser. » L’ensemble des reportings et des graphiques sont dynamiques et paramétrables afin de disposer en temps réel de l’information recherchée. Un bilan est réalisé mensuellement « et chacun sait où il va. Par rapport à septembre 2017, nous avons observé une augmentation de la production de 2 t/h, ce qui n’est pas négligeable », assure Stéphane Hotte.

« On a revu notre façon de manager l’équipe en s’intéressant à l’implication des hommes dans leurs modes d’action, leurs décisions d’exploitation et de gestion des outils et des infrastructures. Nous sommes dans une démarche RSE (NDLR : Responsabilité sociale des entreprises), une réelle démarche d’amélioration continue. » L’ensemble des leviers de modération de la consommation ont été activés. « Jusqu’à l’installation de détecteurs de mouvement sur les chauffages installés dans les bureaux ! »

Communication et accompagnement

« Après le transport et les équipes, le management des éleveurs est la troisième phase ! » affirme Stéphane Hotte. Nous leur proposons également des axes d’amélioration des coûts économiques et environnementaux. On assure le suivi technique, le suivi des troupeaux. On accompagne, en termes comptables, certains projets d’investissements. On aide aussi à faire les bons choix en permettant par exemple la rencontre entre les éleveurs et l’aval pour parler des débouchés. Pour assurer le maximum de valeur ajoutée, pour un revenu équitable à tous les maillons de la filière. » Début juin, à l’occasion de Terres en fête, « le salon de l’agriculture des Hauts-de-France », Novial dévoilera un nouveau service à destination des élevages connectés : Le Cube. Un service de conseil permettant de mieux valoriser et analyses les nombreuses données produites dans les exploitations, « pour un diagnostic précis, concis, et un suivi plus pointu », indique Stéphane Hotte sans en dévoiler davantage.

Novial a comme autre ambition de développer sa communication vers et avec le grand public, « pour expliquer ce qu’on fait, quelles sont nos difficultés et aussi bien comprendre ce que les consommateurs veulent vraiment. Échanger et comprendre vers quoi on avance. » Le site de Noyelles-sur-Escaut organise déjà régulièrement des portes ouvertes, « à destination des enfants et des partenaires locaux. C’est dommage qu’on soit un peu les seuls à faire avancer les choses dans ce domaine-là. Il faut avancer, progresser ».

E. Mouraud

Inscrivez-vous à la newsletter
gratuite de La Revue de l’Alimentation Animale.