Minéralisation en libre-service : Nutrilac, l'art du seau à lécher

Née dans le giron de la laiterie régionale Elnor, Nutrilac s’en est émancipée en 1993, passant aux mains de plusieurs actionnaires avant d’intégrer complètement le périmètre InVivo Nutrition et santé animales (NSA) en 2013. Elle produit aujourd’hui 22 000 t de seaux et bacs à lécher par an depuis son site industriel de Verton, dans le Pas-de-Calais.

Cédric de Boulogne est le directeur général de Nutrilac.

Cédric de Boulogne est le directeur général de Nutrilac.

« Notre appartenance au groupe InVivo nous a permis de préserver un business modèle identitaire, revendique Cédric de Boulogne, le directeur général de Nutrilac. Nous avons la capacité de discuter avec tous les clients, quelles que soient leur taille et leur structure ou leurs cultures parfois très différentes dans un but commun de développement. Avec InVivo NSA nous bénéficions du support d’un grand groupe, appréciable pour les questions de qualité et de sécurité par exemple qui seraient difficiles à gérer avec autant de compétences par notre équipe en interne. Nutrilac reste une structure légère et agile. » Le renouvellement des certifications en bénéficie par exemple en ce moment.

Première particularité de cet acteur du marché des aliments minéraux, il est l’un des 3 pure players européens du métier : « Notre usine, située à Verton dans le Pas-de-Calais, est entièrement dédiée à la production de seaux à lécher. Nous avons une vision de notre métier pointue et exigeante. »

Nutrilac revendique d’avoir été « parmi les premiers à être certifiés sur des référentiels très exigeants : QS, GMP, Oqualim. Très tôt, nous avons activé des marchés à l’export, sur des destinations très exigeantes en termes de qualité et de certification comme l’Allemagne et la Suisse ».

Un fort potentiel

« Le potentiel de développement du marché des seaux à lécher en France demeure considérable, même dans un environnement d’élevage considéré comme mature », estime Cédric de Boulogne qui évalue qu’au-delà des pierres de sel pur, un tiers seulement des ruminants, petits et grands, ont pour l’heure accès à un bloc ou un seau à lécher élaboré. « D’autant que l’intensification et l’augmentation du niveau d’exigence de la performance en élevage nécessiteront de plus en plus de couvrir des besoins et sécuriser des rations. » Pour cela, le bloc à lécher est une source d’aliment complément nutritionnel apporté en self-service.

Pour Nutrilac, le marché français demeure donc un socle de développement même si l’entreprise développe une forte présence à l’export jusque dans des pays aux demandes extrêmes : Finlande, Mexique, Corée du Sud… « Ces destinations constituent des gisements d’inspiration et nous ouvrent l’esprit pour rester innovant, souligne le directeur général. L’innovation est ce qui constitue une part importante de la résilience de notre business modèle dans des marchés difficiles. » L’export est donc le leitmotiv du développement de Nutrilac et représente déjà 35 % du chiffre d’affaires. Ce segment connaît une croissance à deux chiffres. « En France aussi nos volumes sont en croissance, même si le marché global des aliments ruminants est en recul. »

L’usine de Verton compte 2 lignes de fabrication automatisées.

L’usine de Verton compte 2 lignes de fabrication automatisées.

Les seaux à lécher ont cette capacité de voyager grâce à la technicité de leurs formules : « Ils apportent de la forte valeur ajoutée pour nos clients et l’utilisateur final. Notre usine est paramétrée pour faire de la qualité et des petites séries, pas de la production de masse ou des produits banaux qui ne sont d’ailleurs pas appelés par le marché. »

Nutrilac est engagée dans un cycle d’innovation continu, avec un ingénieur dédié, qui aboutit au lancement de 3 ou 4 nouveautés par an. Avec ses 800 références produits, Nutrilac est présent sur de nombreuses espèces, tous les ruminants, les chevaux, les volailles, et a des projets de développement vers d’autres espèces… « Nous abandonnons les produits multi-espèces, explique Cédric de Boulogne. Chaque espèce a ses besoins spécifiques, ainsi qu’un comportement propre qu’il faut prendre en compte dans le cas d’un produit en libre-service haute performance. ». Les seaux à lécher se présentent comme des vecteurs nutritionnels mais aussi de bien-être animal. « Le lien est évident entre le bien-être et la performance. Les éleveurs recherchent des tailles critiques et des conduites optimisées de leurs troupeaux qui peuvent déboucher sur des pratiques antinomiques avec le bien-être. Le bloc en libre-service a cette capacité de sécuriser la ration au niveau individuel au-delà d’un régime de base équilibré, tout en contribuant à l’expression des comportements naturels des animaux. » Tout le challenge est d’adapter la formule aux besoins mais aussi au comportement de l’animal. La gestion de la consommation se fait par l’appétence et la formulation adaptée au cycle de vie, mais aussi par les caractéristiques technologiques comme la dureté.

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F. Foucher

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 692 – décembre 2015

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