Sur le panneau synoptique de l’automatisme OET, Laurent Thiaucourt, directeur général de Lorial, désigne les principaux équipements de l’usine de Molsheim qui fonctionne en prémélange : deux lignes de granulation et une ligne de farine, une mélangeuse d’aliment, une mélangeuse minérale, trois bennes principales de 2 à 3 tonnes, une benne pour les big-bag, un verse-en sac et une unité de micro-dosage.

Lorial déploie son plan stratégique : réorganisation industrielle et nouvelle offre commerciale

Lorial, née en 2013 du rachat des activités Evialis par les coopératives lorraines Cal et Lorca et du rapprochement avec Costal, a engagé depuis un an une vaste réflexion stratégique pour faire face à la contraction de ses marchés sur son territoire d’Alsace et Lorraine. Alors que le volet industriel de ce plan arrive à son terme, l’organisation commerciale en ordre de marche déploie sa nouvelle offre de produits et services.

« La naissance de Lorial s’est déroulée en deux étapes, rappelle Laurent Thiaucourt, son actuel directeur général. La première étape date d’avril 2011 et a consisté au regroupement de trois sites de production d’aliment du bétail, dans le vaste mouvement des reventes des usines Evialis aux coopératives locales. » Après la région Nord qui avait initié le mouvement quelques mois auparavant, l’Est de la France a suivi le mouvement.

Sur le panneau synoptique de l’automatisme OET, Laurent Thiaucourt, directeur général de Lorial, désigne les principaux équipements de l’usine de Molsheim qui fonctionne en prémélange : deux lignes de granulation et une ligne de farine, une mélangeuse d’aliment, une mélangeuse minérale, trois bennes principales de 2 à 3 tonnes, une benne pour les big-bag, un verse-en sac et une unité de micro-dosage.

Sur le panneau synoptique de l’automatisme OET, Laurent Thiaucourt, directeur général de Lorial, désigne les principaux équipements de l’usine de Molsheim qui fonctionne en prémélange : deux lignes de granulation et une ligne de farine, une mélangeuse d’aliment, une mélangeuse minérale, trois bennes principales de 2 à 3 tonnes, une benne pour les big-bag, un verse-en sac et une unité de micro-dosage.

Un peu d’histoire

C’est ainsi qu’en Lorraine le site en perte de vitesse de Sorcy-Saint-Martin (Meuse) a été repris par Lorial et a rejoint deux sites réunis sous l’activité commerciale commune Epilor : Lorca en Moselle, et Cal en Meurthe-et-Moselle, dans les Vosges. Ces trois unités représentent au moment de leur réunion une production annuelle de 90 000 tonnes d’aliment, dans un bassin de 150 km de rayon.

« Les nouveaux actionnaires ont rapidement exprimé la volonté d’optimiser la logistique car les zones d’activité de ces sites se recoupaient largement, retrace Laurent Thiaucourt. Ce projet s’est avéré difficile car les équipements industriels en place ne permettaient pas à toutes les usines de tout produire au même niveau de qualité : les économies envisagées n’ont donc pas été à la hauteur. »

Dès le printemps 2012, les trois sites se sont rapprochés de Costal et placés sous la direction de Laurent Thiaucourt, le directeur de Costal, pour aboutir en juillet à la redéfinition de l’entité : Lorial compte dès lors les trois sites lorrains et l’usine alsacienne de Molsheim. « Costal représentait une activité de 90 000 t/an, depuis son unique site industriel de Molsheim, avec un territoire très concentré sur l’Alsace et les zones adjacentes, côté est de la Moselle et côté est des Vosges », décrit-il.

Si la zone alsacienne est caractérisée par sa production de volailles et une agriculture de plaine avec des structures de production intensive, la Lorraine, avec ses zones de montagne présente un modèle de polyculture élevage avec une forte présence de fermes laitières et la quasi-absence de volaille. Dans ce paysage, au moment de la naissance de Lorial, l’usine Costal de Molsheim commercialisait 55 % d’aliment ruminant, 35 % de volaille, 10 % de porc et 5 % de divers. Les trois usines de Lorraine fabriquaient, elle, pour 80 % de l’aliment pour ruminant, les 20 % restant étant des aliments en sac à destination des réseaux de distribution.

Objectif uniformisation

La première mission de la structure dirigeante de Lorial est donc d’uniformiser l’existant : « Remplacer cette juxtaposition de quatre sites par une nouvelle structure, véritable entité unique. » Une mission délicate quand chaque site a un historique fort, des habitudes de travail, des conditions sociales disparates, etc. L’affaire ne se fait pas sans plans sociaux assortis de tensions. « Heureusement toutefois, on se trouve alors dans une évolution d’activité favorable, ce qui est plutôt dynamisant, relate Laurent Thiaucourt. Notre évolution est même plus favorable que la moyenne régionale. En bovin par exemple, nous avons toujours été cinq points au-dessus des moyennes de croissance de la région. » Il explique ce bon comportement par le développement du marché en volailles, grâce aux bonnes relations entretenues par Lorial avec l’abattoir Siebert qui a permis la création d’élevages, et la prise de parts de marché en bovins, grâce au déploiement du principe de la formulation sur la base des acides aminés : « Nous avons dupliqué en Lorraine ce principe mis au point en Alsace, et cela a clairement représenté un support de croissance, un discours technique et un indéniable apport de nouveauté sur le terrain, qui a permis notamment en lait de gagner six ou sept points de parts de marché. »

Lorial reprend rapidement le projet des coopératives d’optimiser la logistique et réalise dès 2014 des investissements sur l’usine de Sorcy-Saint-Martin. L’objectif est d’apporter à l’outil industriel de la polyvalence lui permettant de livrer tous les aliments sur sa zone limitrophe. « Pour cela, nous avons adopté une nouvelle vision industrielle : nous avons augmenté les capacités de broyage et de dosage et fait passer l’usine en prémélange rendant, de ce fait, possible la diversité des présentations et la fabrication de mash, relate Laurent Thiaucourt. Cela nous a permis de doubler le nombre de matières disponibles sur site en ne les stockant plus que sous leur forme en l’état. » Le site industriel qui date des années 1960 et qui avait fabriqué jusqu’à 80 000 t retrouve ainsi un second souffle : « Quand on l’a repris, il fabriquait 20 000 t, aujourd’hui l’usine est en passe de fabriquer 100 000 t à des coûts de production tout à fait acceptables. »

Sur les 90 000 t produites annuellement à Molsheim, seul 3 000 t, d’aliment basse-cour essentiellement, sont livrés en sac. Le reste est livré en vrac.

Sur les 90 000 t produites annuellement à Molsheim, seul 3 000 t, d’aliment basse-cour essentiellement, sont livrés en sac. Le reste est livré en vrac.aliments 

Rebondir pour l’avenir

Malgré cette réorganisation industrielle, en février 2017 Lorial annonce un nouveau plan stratégique pour prendre en considération l’évolution de son marché en contraction. Ce plan, toujours en phase de déploiement, repose sur trois volets dont un aspect industriel qui implique la fermeture de deux sites industriels. L’usine Vosgienne d’Eloye a cessé son activité en juin 2017, le site de Lemund en Moselle cessera en mars 2018. « Chacun de ces sites fabriquait environ 30 000 t d’aliment, essentiellement à destination des bovins lait. »

Au 1er avril 2018, Lorial adoptera donc sa nouvelle configuration basée sur les deux sites de Molsheim et Sorcy-Saint-Martin, dont les capacités industrielles ont été augmentées : « Par l’amélioration de l’outil de travail et l’augmentation des plages horaires à Sorcy-Saint-Martin qui passe désormais en 3×8. Par la production désormais 6 jours sur 7 à Molsheim qui fonctionnait déjà en 3×8. »

Ce volet industriel en passe d’atteindre son terme en ce printemps 2018 affiche la volonté de disposer de deux sites industriels présentant un minimum de spécificités : « Les présentations sont similaires dans les deux sites, décline Laurent Thiaucourt. Les diamètres de filières sont identiques, le logiciel d’automatisation est le même dans une version équivalente, le matériel est semblable, les cahiers des charges appliquées sont les mêmes, etc. Outre la capacité des deux sites à livrer une gamme semblable de produits, cela présente aussi la sécurité de disposer d’un outil équivalent en cas de soucis industriel sur l’un des sites. » Molsheim garde néanmoins la spécificité d’être équipé d’une ligne de fabrication de minéraux.

« Chaque site industriel correspond à une zone de distribution prioritaire répondant à la logique géographique mais, entre les deux, une frange demeure sujette à l’optimisation logistique. » Le plan stratégique comprend donc également une réflexion stratégique sur la logistique. « Elle était déjà entièrement sous-traitée pour le site de Molsheim depuis 2000, rappelle Laurent Thiaucourt. Alors que les trois sites lorrains disposaient de leur propre flotte lors de la création de Lorial. » Une part des volumes a déjà basculé sur des transporteurs extérieurs et la volonté du groupe est d’harmoniser ce service : le nouvel organigramme compte désormais un gestionnaire de flux qui gère l’intégralité de la logistique aval affectant la distribution des tournées à l’ensemble des transporteurs. « Dans notre métier, les contraintes de flux sont présentes à tous les niveaux, ce poste de gestionnaire de flux prend en compte les commandes, les entrées de matières premières pour alimenter les stocks, le temps de fabrication et l’organisation des tournées et de l’approvisionnement. »

(…)

Une nouvelle offre de services

Cette réflexion sur l’offre de produit s’accompagne aussi d’une nouvelle offre de services. Lorial organise un suivi de production, de type GTE et Lactoplan. « Depuis peu, nous traitons les données du contrôle laitier avec le CreaScan de CCPA qui est un bon outil pour les technico-commerciaux leur permettant de suivre la réalité de la productivité de l’élevage. Nous n’excluons pas de proposer un contrôle laitier alternatif : politiquement c’est plus délicat, mais notre conseil d’administration a validé cette possibilité sur les zones où la demande se fait sentir. »

Enfin, Lorial développe une offre d’analyses depuis son laboratoire de Molsheim : « Depuis longtemps nous utilisons l’infralyseur pour analyser les caractéristiques de nos matières premières, nous l’utilisons également pour les analyses de fourrages. Et nous sommes en train de développer un dosage d’amidon dans les bouses fraîches. L’idée vient de l’institut Cornell aux États-Unis qui pratique le dosage de l’amidon fécal à partir d’analyses chimiques. Nous avons développé nos propres équations de prédiction et notre projet est de pouvoir bientôt prédire l’action d’un additif sur une ration de base fourrage. L’idée est d’analyser le fourrage une première fois puis de mener une seconde analyse en présence d’un produit censé améliorer la digestibilité des fibres dont on veut mesurer l’efficacité. Nous pouvons le faire grâce à notre savoir-faire dans l’analyse des fourrages frais. »

F. Foucher

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