Le Gouessant Aquaculture : petite activité et grande force de frappe

D’abord connu comme fabricant d’aliment pour bétail, Le Gouessant compte aussi une activité aquaculture à la fois autonome et bénéficiant de la puissance du groupe d’un point de vue R&D et logistique. Établie à Saint-Aaron, dans les Côtes d’Armor, l’usine d’aquaculture du Gouessant produit 27 000 tonnes d’aliments, garantis sans OGM.

Le groupe Le Gouessant s’est diversifié dans l’aquaculture en 1988, date à laquelle il a racheté l’usine de Saint-Aaron. Il démarre à l’époque l’activité en collaboration avec l’Ucaab (ex Inzo°) et Maïsadour, et commercialise une gamme principale d’aliment sous la marque Torrent. Dès 1991, Le Gouessant monte sa propre ligne d’extrusion et commercialise ses produits sous la marque Le Gouessant Aquaculture. « Aujourd’hui cette activité n’en est en rien annexe mais s’inscrit pleinement dans la stratégie de la coopérative : être un spécialiste de la nutrition animale multi-espèces, souligne Samuel-Pierre Camus, le nouveau directeur de la branche aquaculture. (…) »

Lancée en 1988, l’activité aquaculture du Gouessant se concentre sur le site de Saint-Aaron, dans les Côtes d’Armor.

(…) Le Gouessant s’étant orienté vers la nutrition animale « bio » dès 1998, l’activité aquaculture jouit d’un approvisionnement facilité et d’une traçabilité assurée. « De plus nous triturons le soja bio sur place, en France », souligne Daniel Cornières. La filière biologique représente aujourd’hui 30 % des volumes de la production aquacole.

 

Programme de substitution

Le Gouessant Aquaculture affiche par ailleurs un engagement marqué pour le développement durable en s’orientant vers des cahiers des charges spécifiques (bio, Natureland, Friends of the Sea) ou en favorisant, dans la mesure du possible, les protéines et matières grasses d’origine végétale. « Nous travaillons sur des programmes de substitution depuis une dizaine d’années, signale Yann Marchand, spécialiste formulation et R&D aquaculture. Nous avons également participé aux essais terrains du programme européen Aquamax : les fortes substitutions que nous avons effectuées (passant de 20 % d’huile de poisson et 20 % de farines de poisson à 5 % dans les deux cas) ont donné de bons résultats, que ce soit au niveau des performances, inchangées, ou au niveau appétant. Les qualités diététiques du poisson n’ont pas été influencées non plus. » (…) « Les farines de poisson durables exigées au niveau européen nous incitent également à valoriser les coproduits de la pêche, en privilégiant les circuits de collecte plus courts », poursuit Yann Marchand, qui cite le travail de valorisation des entreprises comme Bioceval dans le Finistère (groupe Saria) ou Arcopa au Pérou (groupe Adrien). (…)

Deux étapes de broyage

Le dosage des micro-composants, qui descend à une précision inférieure au gramme, s’effectue à l’aide d’une benne mobile.

Les principales évolutions techniques depuis le lancement de l’activité ont porté sur l’augmentation du taux de matière grasse et la réduction de la taille des pellets, « les deux éléments clés de l’aquaculture ». L’usine peut fabriquer des aliments pouvant atteindre jusqu’à 250/300 microns, grâce notamment à son broyeur pulvérisateur qui permet la micronisation. « Le process comprend ainsi deux étapes de broyage pour les aliments alvins, précise Daniel Cornières. (…) » Le mélange se fait lui aussi en deux étapes, étant donné que la farine de poisson se broie difficilement seule. Après son passage dans l’extrudeur bi-vis, le produit subit le séchage, étape particulièrement importante dans l’aliment aquacole, car « l’incorporation d’eau et de vapeur peut aller jusqu’à 30 % et le taux d’humidité atteint les 24 % à la sortie de l’extrudeur. » Le produit est ensuite amené vers l’étape d’enrobage sous-vide, « qui permet de mettre un taux de matière grasse très important, jusqu’à 30 % ». (…)

27000 tonnes

L’usine totalise un tonnage de 27 000 tonnes (chiffres 2011) sur une production d’un million de tonnes pour l’ensemble du groupe Le Gouessant. L’activité aquaculture fonctionne grâce à une équipe d’une quarantaine de personnes : outre les 30 personnes impliquées en production, une dizaine de personnes s’activent en formulation, R&D, commandes, logistique, qualité et achat matières premières, « toutes au service d’une clientèle nationale et export qu’accompagnent au quotidien trois technico-commerciaux », souligne Samuel-Pierre Camus (…).

Annonçant un chiffre d’affaires avoisinant les 30 millions d’euros, Le Gouessant aquaculture enregistre un équilibre entre le marché domestique et l’export : « Notre présence en France est forte et le restera. Nous exportons par ailleurs vers plus de 35 pays : sur les îles britanniques, en Europe continentale, l’Europe de l’Est, autour de la Mer noire, du bassin méditerranéen, en Afrique australe et océan Indien. (…) »

Sarah Le Blé

… Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 656 – Mai 2012

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