Garun-Paysanne : Le principe de gravité comme gage de qualité

Garun-Paysanne, née de la fusion des deux coopératives en 2009, garde sa spécificité de fabricant d’aliment entièrement spécialisée « amont éleveur ». Revendiquant une démarche qualité « de bout en bout », la coopérative abrite une tour blanche fabriquant un aliment hygiénisé (appellation déposée) selon un process entièrement régi par le principe de gravité. Visite guidée à Montauban-de-Bretagne, l’un des deux sites industriels de la coopérative.

« La fusion entre les coopératives Garun et Paysanne (en 2009) a permis, outre les économies logistiques, une meilleure structuration », se félicite Jean-Michel Adenot, le directeur. Les deux sites industriels de Henansal (22) et Montauban-de-Bretagne (35) produisent près de 400 000 tonnes d’aliments, « ce qui représente 5 % du marché breton », précise-t-il. Historiquement orientée vers l’aliment porc, la coopérative est en train de faire évoluer cette étiquette et l’espèce porcine représente désormais environ 2/3 du tonnage. « Nous enregistrons une très forte progression de l’aliment bovin, qui a augmenté de plus de 50 % en 2 ans », signale Pacifique Denoual, directeur adjoint. De même l’aliment volaille a bénéficié d’importants investissements avec notamment l’installation récente (en 2008) d’une ligne dédiée sur le site de Montauban. C’est néanmoins en aliment porc que Garun Paysanne innove cette année au Space, avec la sortie de sa gamme « MultiColors » (…)

La tour blanche fabrique l’aliment hygiénisé à destination des volailles repro et des porcs. Le process ne comprend aucun transfert mécanique pour éviter toute contamination.

 Aliment hygiénisé®

Le site de Montauban-de-Bretagne, près de Rennes, a la particularité notable d’être équipé d’une tour dédiée à l’aliment blanc, lequel représente près d’un 1/10e de la production totale du groupe (35 000 tonnes). La « tour blanche » produit d’une part de l’aliment traité thermiquement (pour les volailles repro et mais également le porc), et d’autre part du soja « de pays » extrudé. « Cette tour, construite en 1996, a l’avantage d’avoir été en avance sur son temps et de rester aujourd’hui tout à fait d’actualité. Elle est équipée d’un traceur qui permet de vérifier la pasteurisation non seulement à la sortie du conditionneur mais sur l’ensemble de la chaîne. » Du haut de ses 46 mètres, la tour garantit en effet un fonctionnement par gravité sur l’ensemble du process : l’absence de procédé mécanique de manutention permet ainsi d’éviter tout risque de contamination. (…)

Enzymes liquides

Le reste de l’usine, plus classique, est néanmoins aussi soumis à une traçabilité pointue. L’ensemble du process, depuis la commande par fax, téléphone ou informatique, est informatisée, et 200 points de contrôle anti contaminations croisées garantissent l’interdiction de certaines successions de lots. (…) L’usine a également la particularité de privilégier les enzymes liquides, c’est-à-dire « cinq fois plus concentrées qu’en poudre » ; celles-ci sont stockées dans un local spécial conditionné puis injectées à raison de 80 g/tonne au moment de l’enrobage du granulé. « La démarche qualité est prise en compte de bout en bout, et on y gagne en compétitivité commune », note Jean-Luc Cade.

Céréales produites à la ferme

Le sourcing des matières premières et leur qualification jouent à cet égard un rôle important. Garun-Paysanne, actionnaire à 20 % d’Alliance Ouest Céréales, collecte 120 000 tonnes de céréales par an, et reste à l’affût des nouvelles matières premières telles que les drêches, les tourteaux décortiqués. Il se dessine par ailleurs chez la coopérative une nouvelle tendance qui consiste à valoriser les céréales produites à la ferme : « C’est le fabricant à la ferme qui fournit une partie des matières premières ; il s’agit d’utiliser les céréales de manière raisonnée. De notre côté nous avons une personne-ressource spécialisée dans la formulation des complémentaires », explique Jean-Michel Adenot.

Stratégique communication

Autre dossier de plus en plus prégnant : la communication. La coopérative ouvre régulièrement ses portes au grand public dans le cadre d’un programme de « tourisme industriel » organisé par les collectivités locales, et les retours sont généralement très bons. « Ce genre de visite permet de briser les idées reçues », observe Jean-Michel Adenot. « La communication devient de plus en plus importante pour la nutrition animale, complète Jean-Luc Cade. Il nous faut renforcer notre identité et communiquer sur les enjeux stratégiques liés à la sécurité alimentaire, ceci dans toutes les variables du métier. » L’ouverture au public d’une part, mais aussi et surtout la communication de proximité d’autre part, sont les stratégies prioritaires de communication pour Garun Paysanne. « Les adhérents participent pleinement à la communication du métier », note le président de Coop de France NA, qui croit beaucoup à la transmission de proximité via l’implication des administrateurs.

Sarah Le Blé

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 659 – Septembre 2012

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