Dossier Centre-Ouest : Association Ainaco, fédérer la clé de la réussite

La Revue de l’alimentation animale consacre un dossier à l’Association des industries de la nutrition animale du Centre-Ouest, l’Ainaco : entretien avec son président, Éric Allard. Quatre entreprises adhérentes présentent également leur démarche industrielle.

Placée sur les fonts baptismaux en 2003, l’Association des industries de la nutrition animale du Centre-Ouest (Ainaco) rayonne sur les régions Pays de la Loire, Poitou-Charentes et Centre-Val-de-Loire. Directeur adjoint de Bellanné (lire encadré), Éric Allard préside l’association depuis trois ans.

Éric Allard, président de l’Ainaco : « On a la chance d’être dans une région où l’élevage est développé et avec des structures importantes. »

Éric Allard, président de l’Ainaco : « On a la chance d’être dans une région où l’élevage est développé et avec des structures importantes. »

La Revue de l’alimentation animale : Quelle a été la genèse de l’Ainaco, jusqu’à sa naissance en 2003 ?

Éric Allard : L’association est née du besoin des industriels de la région de se fédérer pour faire le lien avec les administrations régionales sur un certain nombre de sujets réglementaires. Nous voulions également nous retrouver pour échanger sur nos pratiques, nos difficultés, le marché, etc.

RAA : Au cours de ces treize années, sur quels grands dossiers avez-vous travaillé ?

E. A. : Le premier concernait la sécurisation des livraisons en élevage. En particulier les lignes électriques qui peuvent poser problème lorsque le camion déploie sa vis pour aller mettre l’aliment dans le silo. À l’époque, nous avions eu un partenariat avec EDF et la MSA afin de sensibiliser les éleveurs. Par définition, ce chantier n’est jamais terminé : les normes de sécurité deviennent plus strictes et nous avons régulièrement de nouveaux clients. Or certains silos n’ont pas d’ouverture par le sol. Conséquence : le chauffeur doit monter le long d’une échelle pour aller l’ouvrir et il se retrouve à quatre ou cinq mètres du sol. Il faut qu’il y ait une crinoline, mais on pousse pour qu’il y ait des ouvertures mécaniques par le bas. En 2004, nous avions signé une charte par laquelle nos adhérents s’engageaient à ne plus livrer un site qui présentait des risques trop importants. Depuis plusieurs années, nous nous interdisons de remplir des big-bag sur le site de l’exploitation à partir du camion vrac. Cette pratique nous est demandée par certains éleveurs qui ont peu de capacités de stockage ou qui ont besoin ponctuellement d’un produit en faible quantité. Or s’il n’y a pas de structure rigide qui tienne le big-bag en sécurité, vider une vis de camion dans un big-bag peut être source d’accidents.

En partenariat avec nos collègues de l’association bretonne Nutrinoë, nous travaillons sur les dérogations aux interdictions de circuler les weekends d’été. Pendant les périodes de migrations, il y a des samedis où nous n’avons pas le droit de rouler : notre profession ne bénéficie pas de dérogation permanente. Chaque fabricant doit faire une demande auprès du préfet de chaque département dans lequel le camion est susceptible de se rendre. Et il faut faire une demande camion par camion ! Vous imaginez : quand on rayonne sur quinze départements et qu’on a vingt camions… En outre, les demandes doivent être formulées suffisamment tôt pour avoir le retour. Or nous travaillons à flux tendu. Entre la commande et la livraison, il se passe au maximum quarante-huit heures. Nous avons travaillé avec l’administration pour essayer de simplifier ces démarches : quelque chose qui a bien abouti à la fois régionalement sur Bretagne, Pays de la Loire et Basse-Normandie, et au niveau national avec l’aide de nos syndicats et de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles.

Autre dossier : nous avons des micro-matières premières qu’on rentre en faible quantité et en sacs. Problème : ces derniers ne sont pas toujours assortis d’un code à barres. Or toutes nos usines sont automatisées et tracées : quand on rentre une matière première qui n’a pas de code à barres, cela complique la traçabilité. Or nous sommes tenus de pouvoir tracer toutes nos matières premières et tous les produits qui sortent : en cas de problème, cela permet de retrouver un échantillon ou l’origine d’un produit.

RAA : Combien d’adhérents comptez-vous et de quels types d’entreprises s’agit-il ?

E. A. : Nous comptons une vingtaine d’adhérents. Tous des fabricants d’aliments composés ou minéraux. Ils sont membres de trois syndicats nationaux : le Snia, pour les fabricants d’aliments du bétail privés, Coop de France Nutrition animale, pour les fabricants d’aliments au statut coopératif, et l’Afca-Cial, pour les fabricants d’aliments minéraux.

RAA : Vous présidez l’Ainaco depuis trois ans : comment êtes-vous arrivé à cette nomination ?

E. A. : Je suis le troisième président depuis la naissance de l’association, en 2003. Mon prédécesseur ayant fait valoir ses droits à la retraite, il a démissionné et il fallait le remplacer : je me suis porté volontaire ! En trois ans, j’ai découvert les subtilités administratives. Nous avons besoin de simplifications et l’administration a besoin de sécurité, de connaissance et de maîtrise : il faut trouver une approche commune. Pour les dérogations aux interdictions de transports, j’ai été agréablement surpris de l’écoute dont nous avons bénéficié.

RAA : Ces deux mondes, celui de l’entreprise et celui de l’administration, comment font-ils pour s’entendre ?

E. A. : L’administration n’est pas là pour nous empêcher de travailler ! Par contre, elle a aussi des contraintes : face à nos contraintes respectives, il faut que nous trouvions un terrain d’entente. Ainsi, l’administration a compris qu’on nourrit des animaux et qu’on travaille en temps réel : un éleveur ne peut pas être en rupture, on a besoin d’aller livrer quand l’éleveur le demande. Or, parfois, ce dernier ne nous laisse pas beaucoup de délais.

(…)

G. Hardy

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 696 – mai 2016

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