Une usine de 40 m de hauteur ayant nécessité 11 millions d’euros d'investissements.

Dans le Doubs : Terre Comtoise inaugure sa nouvelle usine Dan 2

Construite aux côtés de l’usine historique de fabrication d’aliments du bétail de la coopérative à Dannemarie-sur-Crête, la nouvelle usine inaugurée le 3 mai va permettre au groupe Terre Comtoise de faire passer sa capacité de production de 50 000 tonnes à 130 000 tonnes d’aliments par an.

Une usine de 40 m de hauteur ayant nécessité 11 millions d’euros d'investissements.

Une usine de 40 m de hauteur ayant nécessité 11 millions d’euros d’investissements.

L’inauguration du 3 mai a été ouverte par Clément Tisserant, président de la coopérative Terre Comtoise, qui a rappelé le chemin parcouru depuis 1990. « Cette année-là, Coopadou lançait la construction de la première usine de fabrication d’aliments du bétail à Dannemarie-sur-Crête. Cette usine permettait de donner une nouvelle dimension à la coopérative sur le marché de la nutrition animale. En 1998, Codeval diversifiait son activité avec une unité de fabrication de mélange mash à Rigney répondant à un marché qui évoluait vers plus de traçabilité et plus de transparence sur l’origine des matières premières, suite aux épisodes de vaches folles. En 2012, c’est notre entrée dans Extrusel, unité de trituration de graines de colza, à l’époque qui nous a permis, aux côtés d’autres coopératives, de sécuriser nos approvisionnements, hier avec le tourteau de colza, aujourd’hui avec le tourteau de soja. Avec Dan 2, c’est une nouvelle étape qui s’inscrit dans une ambition, une vision de nos métiers et de notre place dans les filières régionales agricoles. »

Frédéric Moine, directeur général de Terre Comtoise, a replacé la nouvelle usine dans son contexte géographique et économique en rappelant tout d’abord les raisons du choix du lieu du site. « Dannemarie-sur-Crête est bien au centre, au cœur, d’un vaste ensemble qui permet proximité, réactivité, efficacité et polyvalence. Ce site central est la plateforme industrielle et logistique de notre groupe coopératif au niveau de la fabrication d’aliments pour le bétail, oui mais aussi silo de collecte, stockage d’engrais, pôle logistique, plateforme pour les semences et tous les intrants agricoles. » Pour Frédéric Moine, la nouvelle usine Dan 2 « n’est qu’une étape, un élément d’un plus vaste programme de refonte des organisations industrielles et logistiques de notre groupe. En effet, pour moderniser nos installations, intégrer l’évolution de nombreuses règles qui existent dans nos métiers, se donner les moyens de développer de nouveaux marchés et apporter de nouvelles solutions agriculteurs, éleveurs ou céréaliers, nous avons choisi de réorganiser nos outils industriels de fabrication d’aliments. Les outils du site de Rigney pour le mash et du site de Cuvier pour les granulés des Ets Dubrez sont ou seront arrêtés, le transport des aliments vrac, poste important tant en termes de charges que de service aux éleveurs, est redéployé. Nous voulons des camions qui roulent plus, avec des tournées plus efficaces, des délais de livraison après commande plus courts ».

Pour François Vallet, président de la commission productions animales de Terre Comtoise, la mise en route de la nouvelle usine permettra de dégager dans la première unité Dan 1 de nouvelles capacités pour la production destinée au lait standard avec ou sans OGM. Elle permettra aussi de répondre plus efficacement aux besoins des autres productions animales (porcs, chevaux, volailles, lapin) auxquels Terre Comtoise ne pouvait répondre jusqu’à présent. « C’est aussi le trait d’union avec les producteurs de céréales de notre région Bourgogne-Franche-Comté. En effet, les matières premières utilisées dans ces deux unités proviennent de cultures produites à moins de 200 kilomètres de Dannemarie, dont la totalité des céréales et de tourteaux issus des oléagineux », précise M. Vallet.

Vue du 7e étage de la nouvelle usine sur le site de Dannemarie, avec le pont-bascule en contrebas.

Vue du 7e étage de la nouvelle usine sur le site de Dannemarie, avec le pont-bascule en contrebas.

Innovation et technologies

Dans son intervention, Patrick Grosjean, directeur de l’activité nutrition animale de Terre Comtoise et responsable du projet Dan 2, a précisé les contours et les points forts de la nouvelle usine. « La réalisation du projet Dan 2 s’est faite en 18 mois avec l’aide de 15 entreprises locales ou spécialisées dans les filières de la nutrition animale », a précisé Patrick Grosjean. D’une hauteur de 40 mètres, la nouvelle usine est conçue pour privilégier la gravité et avec du matériel de haute technologie. Ayant représenté un investissement total de 11 millions d’euros, Dan 2 compte deux lignes de formulation avec un débit de 13 à 15 t/h, ainsi qu’une ligne de mash dotée d’un élévateur de céréales. Entièrement automatisée, Dan 2 ne fonctionne qu’avec deux équipes de trois personnes (une équipe de 5h à 13h et une autre de 13h à 21h), avec un fonctionnement si besoin le samedi matin. Dan 2 privilégie par ailleurs la qualité des conditions de travail, avec des étages inondés de lumière et des interventions faciles sur les équipements (tout est à hauteur d’homme, pas besoin d’échelle pour intervenir sur les installations). De la réception des matières premières au départ des produits finis, la traçabilité est par ailleurs le maître mot de la nouvelle usine. À leur arrivée, les transporteurs de matières premières sont répartis entre les usines Dan 1 et Dan 2. Chaque chauffeur reçoit un badge qui lui donnera l’autorisation ou non de décharger sa marchandise dans la fosse de réception de l’usine. Au niveau du quai de chargement, un local permet également aux chauffeurs de prendre des échantillons de produits finis, ces derniers étant gardés quatre mois.

« L’innovation est au cœur de notre métier », a commenté ensuite Patrick Grosjean qui a ajouté : « Grâce au CR2A (Inzo°), nous avons des essais terrain sur mesure avec actuellement (NDLR : au mois de mai) 12 échantillons de céréales différemment traités seront analysés sur des vaches laitières fistulées. Ce centre de recherche est à notre service pour étudier de nouveaux produits, de nouveaux concepts, pour amener de la valeur ajoutée dans les exploitations. »

Pour Patrick Grosjean, le service est le critère de différenciation. Avec 25 cellules d’expédition, la nouvelle usine a été conçue pour répondre aux attentes des éleveurs bovins, avec pour objectif l’amélioration des délais de livraison. « La mise en place du pôle logistique vrac et sacs nous amène déjà des réponses satisfaisantes », a précisé le responsable du projet Dan 2.

« À l’heure de la révision de nos modèles agricoles, ensemble nous pourrons apporter de nouvelles solutions, de nouvelles pistes, pour retrouver de la valeur ajoutée sur nos exploitations », a conclu Clément Tisserant avant la cérémonie de coupure du ruban. « C’est sur ces constats, devenus de réelles fondations que l’union Alliance BFC est entrée dans le paysage agricole régional en début d’année. Une union de moyens entrée en vigueur au 1er janvier entre trois coopératives : Terre Comtoise, Dijon Céréales (Côte-d’Or) et Bourgogne-du-Sud (Saône-et-Loire). »

P. Caldier

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