Chamtor : ingrédients de qualité à base de blé

Filiale de Vivescia, première coopérative céréalière française, Chamtor transforme annuellement 450 000 tonnes de blé par un process industriel complexe aboutissant à la production de protéines, de lait d’amidon et de solubles de blé. Des ingrédients amylacés qui intéressent l’alimentation humaine, mais aussi les fabricants d’aliments du bétail et les éleveurs, tant en France qu’à l’étranger.

Vue d'ensemble de l'usine de Chamtor.

Vue d’ensemble de l’usine de Chamtor.

C’est sur le complexe agro-industriel des Sohettes sur le site de Bazancourt-Pomacle que se situe le siège de Chamtor, où nous reçoivent Olivier Parent, directeur général, Stanislas Peiron, directeur des ventes amidon technique, protéines et coproduits, et Carole Narin, attachée de direction et responsable communication et marketing. Situé au cœur de l’Europe et dans la troisième région française productrice de blé tendre (4,8 Mt), le complexe agro-industriel de Bazancourt est un site unique en Europe, complexe de raffinerie végétale où les entreprises présentes (comme Cristal Union, Vivescia ou le centre de recherches ARD) transforment deux millions de tonnes de betteraves et un million de tonnes de blé par an. Ce site fait travailler, en emplois directs, plus de mille personnes, et presque autant en emplois indirects.

« Nous profitons des nombreuses synergies existant au sein du complexe agro-industriel des Sohettes sur les plans organisationnels, R&D, commercial, ainsi que sur les sujets industriels-eau, énergie, vapeur, effluents », affirme Olivier Parent qui rappelle que Chamtor est une amidonnerie glucoserie créée en octobre 1992 par des agriculteurs souhaitant valoriser leur production de blé. Chamtor appartient à Vivescia, « première coopérative céréalière en France, avec quatre millions de tonnes collectées, dont deux millions de tonnes de blé, quatre milliards d’euros de chiffre d’affaires et plus de 7 600 collaborateurs dans le monde ».

Protéines, son et solubles de blé

Stanislas Peiron, directeur des ventes : « Notre savoir-faire est le fractionnement du blé par hydrolyse enzymatique pour la production d’amidon, glucose, protéines et produits dérivés. »

Stanislas Peiron, directeur des ventes : « Notre savoir-faire est le fractionnement du blé par hydrolyse enzymatique pour la production d’amidon, glucose, protéines et produits dérivés. »

Comme dans une usine d’aliments du bétail, le process industriel de Chamtor démarre par une opération de broyage du blé, ce dernier étant assuré par une batterie de 90 broyeurs. Le son fin produit à l’issue du broyage (environ 90 000 t par an) est un premier ingrédient destiné à 100 % aux fabricants d’aliments du bétail et commercialisé par Chamtor sous la marque ChamSon. « Il s’agit d’un son fin de la même qualité qu’un son de meunerie », précise Stanislas Peiron qui ajoute que le marché du son est atypique en 2016, avec une abondance de l’offre et une activité soutenue des meuneries. Après un passage de la farine par une série de séparateurs décanteurs, on obtient trois catégories de produits : des protéines, du lait d’amidon et des solubles. Parmi ces derniers, une partie est hydrolysée et évaporée pour produire des substrats de fermentation à destination de l’usine voisine de Cristanol (qui en fera de l’éthanol), le reste étant composé de solubles de blé non transformés qui trouveront leur débouché chez des éleveurs de porcs de l’Est de la France et du Benelux, Chamtor ayant pour ce débouché un partenaire : une coopérative d’alimentation animale néerlandaise.

Les différents constituants (matière sèche, matière azotée, matière organique et énergie) de ces solubles de blé commercialisés sous le nom d’Amidyn sont très bien utilisés par les porcs en croissance et les truies, « les coefficients d’utilisation digestive étant tous élevés et supérieurs à ceux du blé ». Riche en énergie et équilibrée en protéines, l’Amidyn peut donc représenter jusqu’à 50 % de la ration journalière des animaux. Sa valorisation par les éleveurs est possible grâce à une logistique fiable réalisée par Chamtor et qui permet de livrer les clients plusieurs fois par semaine si nécessaire.

« L’objectif de notre process est d’extraire du blé un maximum de protéines de qualité », rappelle Olivier Parent. Les protéines issues du process de transformation de la farine partent dans deux canaux : une partie est séchée pour produire le Gluten Vital, agent d’amélioration de panification utilisée aussi marginalement pour la production de petfood en tant que source de protéines nobles. Une autre partie des protéines sera hydrolysée, évaporée et atomisée pour produire du gluten hydrolysé. Ce dernier est majoritairement commercialisé en tant que lactoremplaceur pour la nutrition des veaux sous la marque Nutrior. Poudre de couleur crème, c’est un concentré protéique parfaitement adapté à l’utilisation dans les aliments d’allaitement des veaux et des porcelets (sa fiche technique précise un taux protéique de 81 % et une richesse en nombreux acides aminés), avec « un goût neutre et sans acidité, une très bonne digestibilité, un faible taux de fer et une texture spécifique permettant une très bonne dispersibilité dans l’eau ». Le marché du Nutrior est international, Chamtor ayant pour cet ingrédient des clients en Europe, aux États-Unis ou en Asie, notamment en Inde et en Chine, pays connaissant une bonne dynamique de développement des élevages. Enfin, le lait d’amidon issu du process industriel part dans deux filières de transformation (glucoserie et amidonnerie sèche) produisant une gamme d’ingrédients pour l’alimentation humaine et pour des applications techniques, troisième volet des débouchés de l’entreprise avec de nombreux secteurs d’application : papeterie-cartonnerie, biocombustibles, cosmétiques, matériaux de construction, colles et adhésifs, compost, etc. Ayant obtenu de nombreuses certifications (voir encadré 1), Chamtor bénéficie à l’export d’une marque de sérieux, celle-ci étant renforcée par son label « Origine France Garantie ».

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P. Caldier

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 696 – mai 2016

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