Bellanné : toujours un temps d’avance

Fort d’une centaine d’années d’existence, le fabricant d’aliments Bellanné fait parler son savoir-faire pour produire des aliments « à la fois techniques et économiques ». Toujours à la pointe, la société thouarsaise n’a rien perdu de son esprit d’entreprendre et continue de moderniser son outil de production afin de satisfaire une clientèle toujours plus exigeante. Visite du site de Thouars en compagnie du directeur adjoint en charge du pôle nutrition animale.

Éric Allard, directeur adjoint en charge de la nutrition animale chez Bellanné.

Éric Allard, directeur adjoint en charge de la nutrition animale chez Bellanné.

Le pôle nutrition animale de la société Bellanné commercialise 350 000 t d’aliments et dispose de deux sites industriels, spécialisés par production, l’un basé à Thouars, l’autre à Cholet (voir encadré). Ce ne sont pas moins de 220 000 tonnes qui ont été fabriquées dans l’usine de Thouars, en 2013. « Nous sommes situés dans un bassin de productions animales dynamique », fait remarquer Éric Allard, directeur adjoint en charge du pôle nutrition animale de la société Bellanné. « Le Poitou-Charentes abrite par exemple le premier cheptel caprin en France. La région occupe également le troisième rang des régions ovines et la cinquième place nationale en aviculture. »

Cultiver l’autonomie

Logiquement, le secteur est marqué par une forte concurrence entre fabricants d’aliments. Les poids lourds du secteur, citons entre autres Alicoop, Evialis, Arrivé, Cavac ou la Cooperl en porc, courtisent les mêmes éleveurs des départements des Deux-Sèvres, du Loire-Atlantique, du Maine-et-Loire, de la Vendée et de la Vienne. Pour tirer son épingle du jeu, Bellanné met en avant sa longue expérience, mais aussi sa capacité à innover. « La dimension familiale de l’entreprise n’a pas disparu. Pour autant, nous n’avons jamais cessé d’investir pour offrir à nos clients des aliments performants au meilleur coût. » Bellanné est aujourd’hui dans le giron du groupe Terrena, tout en revendiquant un important degré d’autonomie bien apprécié du directeur adjoint. « Notre relation avec le groupe est basée sur la confiance. Bellanné a les mains libres pour développer ses propres gammes d’aliments, gérer ses approvisionnements en matières premières, tout en ayant l’assurance d’un certain soutien de Terrena. » La société dispose ainsi d’équipes dédiées, pour assurer l’ensemble des étapes de la production d’aliments, « des achats jusqu’à la livraison chez l’éleveur, en passant par la formulation ». Parmi ces personnes, Bertrand Villaume, responsable de la fabrication, qui dresse le portrait de l’usine de Thouars.

Précision dans la fabrication

« Le site a été construit en 1963 et a connu une rénovation complète il y a une dizaine d’années », explique celui qui se déclare, volontiers, passionné par son métier. « L’usine fonctionne en prébroyage (N.D.L.R. : les matières premières sont broyées individuellement, avant d’être mélangées), avec trois lignes de granulation pilotées par le logiciel OET. » Cette organisation du process répond avant tout aux besoins exprimés par les utilisateurs de farines, tant en porc qu’en volailles. « Le prébroyage nous permet d’affiner les granulométries des différents composants d’une ration, en fonction des formulations. De quoi justifier les investissements supplémentaires qu’entraîne la multiplication des cellules de stockage. » Il faut en effet pas moins de 27 cellules de stockage de matières premières brutes et 32 cellules pour stocker les moutures de produits broyés.

Les moutures sont ensuite dirigées vers la mélangeuse de cinq tonnes, équipée pour l’incorporation de liquides, tels que les acides aminés, les huiles de colza, soja, palme, etc.

Les aliments produits dans l’usine sont présentés sous forme de farines, de miettes ou de granulés. Pour ces derniers, les mélanges doivent encore passer à la presse à granulés : « Trois presses, CPM et La Meccanica, d’une capacité de 20 t/heure, poursuit Bertrand Villaume. Elles sont situées à proximité immédiate du synoptique, pour une plus grande rapidité d’intervention. » En cas de bourrage, l’opérateur présent dans le synoptique n’a que quelques mètres à faire pour intervenir et s’assurer du bon fonctionnement des équipements. « Avec l’expérience, c’est à l’oreille que l’on détecte les défauts de fonctionnement des presses. »

Entretenir pour faire durer

L'équipe de maintenance intervient dans l'usine et sur le parc poids lourds. La maintenance est en grande partie assurée sur place, par le personnel de Bellanné.

L’équipe de maintenance intervient dans l’usine et sur le parc poids lourds. La maintenance est en grande partie assurée sur place, par le personnel de Bellanné.

L’usine de Thouars a déjà quelques belles années au compteur. Pourtant, force est de constater qu’elle ne fait pas son âge. « C’est vrai que nous portons une attention particulière à l’entretien, tant des machines que du site en général », apprécie le directeur. « Pour la propreté, un opérateur a été engagé à temps plein. Il s’agit de couvrir les sept étages que compte l’usine, et ce, chaque semaine. »Pas de répit pour la poussière ! Dans le même esprit, la maintenance de l’outil industriel est prise très au sérieux par Bellanné. « On a la chance d’avoir un atelier de mécanique attenant à l’usine. L’équipe de techniciens est capable d’intervenir sur les machines dans l’usine, avec des compétences en électricité, en mécanique générale et même en mécanique poids lourd », apprécie le directeur, qui évoque l’importance des questions de logistique pour un fabricant d’aliments. La flotte de camions Bellanné est maîtrisée à 60 % en interne, le reste étant assuré par une flotte extérieure, sous contrat avec des transporteurs locaux. « Nous avons choisi cette répartition pour conserver une certaine part d’autonomie. Pour autant, faire appel à un prestataire présente des avantages : plus de flexibilité en cas de variations saisonnières, un investissement mieux maîtrisé, mais aussi des conditions avantageuses en matière de temps de travail pour les chauffeurs », concède le directeur adjoint. Pour le responsable de fabrication, l’attention portée au matériel illustre un certain état d’esprit. « L’idée, c’est d’assurer la maintenance en amont, pour prévenir les pannes et faire durer le matériel. Pour cela, il faut que les équipes soient motivées et qu’elles s’investissent au quotidien », note Éric Allard, bien conscient que l’usine est aussi un lieu de vie.

(…)

O. W.

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 679 septembre 2014

Tags

Inscrivez-vous à la newsletter
gratuite de La Revue de l’Alimentation Animale.