Ludovic Michel, président d’Oqualim : « Oqualim devient de plus en plus robuste. »

Sécurité sanitaire : « Porter Oqualim vers l’aval »

Créé en 2008, Oqualim a célébré son dixième anniversaire fin avril à Paris. Bilan des plans de contrôles, discours prospectif et table ronde ont figuré au programme.

Oqualim a été placé sur les fonts baptismaux en 2008 et l’association a célébré son dixième anniversaire le 26 avril à Paris. La journée a débuté par une intervention du président Ludovic Michel. Entretien.

Ludovic Michel, président d’Oqualim : « Oqualim devient de plus en plus robuste. »

Ludovic Michel, président d’Oqualim : « Oqualim devient de plus en plus robuste. »

La Revue de l’Alimentation animale : Comment Oqualim a-t-elle été créé et quelles sont ses missions ?

Ludovic Michel : L’association a été créée en 2008 à l’initiative du Syndicat national de l’industrie de la nutrition animale (Snia) et de Coop de France Nutrition animale. À l’origine, il s’agissait de mutualiser les plans de contrôles de contaminants dans les matières premières et les aliments composés. Plus tard, l’Association des fabricants de compléments et fournisseurs d’additifs et ingrédients fonctionnels pour l’alimentation animale (Afca-Cial) nous a rejoints à travers le Guide des bonnes pratiques des aliments minéraux et des aliments composés avec des plans de contrôles des prémélanges et des minéraux. Puis chaque année, il y eut l’arrivée de nouveaux partenaires et de nouveaux plans de contrôles : aliments d’allaitement, bio, non OGM, etc.

RAA : Que signifie pour vous l’arrivée successive de ces différents plans de contrôles par rapport à l’objectif initial que vous vous étiez fixé ?

L. M. : La démarche Oqualim est reconnue et elle devient de plus en plus robuste. Ce qui permet d’avoir un spectre de surveillance de plus en plus important aussi bien sur la partie plan de contrôle que sur la partie certification.

RAA : Oqualim est une référence française : comment vous positionnez-vous par rapport au reste de l’Europe ?

L. M. : Dès 2014, certains adhérents avaient des exigences internationales en raison de la nature de leur activité. Et, au terme de nombreuses discussions, en 2017, nous avons abouti à une reconnaissance mutuelle entre tous les schémas européens : GMP+, Ovocom, AIC, QS et nous-mêmes. En parallèle, on a obtenu une reconnaissance de VLog, qui est le non OGM allemand, et du système STNO (NDLR : Socle technique nourris sans OGM), qui a été adossé au Référentiel de certification de la nutrition animale (RCNA). Cette reconnaissance mutuelle est définitive mais nous avons deux années pour mettre en place l’annexe achats, c’est-à-dire l’évaluation des fournisseurs, qui était exigée par les schémas européens. Ceux qui le font dès maintenant peuvent bénéficier de cette reconnaissance mutuelle. Sinon, l’évaluation des fournisseurs sera obligatoire pour tout le monde chez Oqualim dans deux ans.

RAA : Depuis quand présidez-vous Oqualim ?

L. M. : Depuis un an. Par ailleurs, je dirige une entreprise familiale de nutrition animale basée dans le Grand Ouest. En outre, je suis administrateur du Snia. Et c’est dans le cadre de l’alternance de présidence entre le Snia et Coop de France Nutrition animale que je me suis retrouvé à la tête d’Oqualim.

RAA : Qu’est-ce qu’un tel engagement signifie pour vous ?

L. M. : J’accompagne un projet auquel j’adhère.

RAA : Au sein de votre entreprise, comment la démarche Oqualim se traduit-elle ?

L. M. : Nous réalisons un certain nombre d’analyses pour agréger le plan de contrôle. Par ailleurs, plusieurs salariés participent à des comités de pilotage, notamment sur le Guide des bonnes pratiques de fabrication d’aliments ou l’évaluation du RCNA.

RAA : Quel bilan tirez-vous des dix premières années d’existence d’Oqualim ?

L. M. : Plus de 90 % des fabricants d’aliments sont dans la démarche : la profession s’est approprié l’outil. Pour les prochaines années, l’objectif sera de porter Oqualim vers l’aval : la démarche que nous avons mise en place pour les fabricants d’aliments doit désormais être mise en avant au service des filières. Et, à moyen terme, nous pourrions aussi élargir la démarche à d’autres formes d’alimentation puisque Oqualim ne les couvre pas toutes : d’autres réseaux existent. Question : comment ceux-ci peuvent-ils s’inspirer de notre schéma et le faire leur ?

RAA : Selon vous, pourquoi est-il important de développer Oqualim vers l’aval et comment comptez-vous vous y prendre ?

L. M. : Dans un premier temps, nous pratiquerons une forme de lobbying auprès des interprofessions afin qu’elles intègrent Oqualim dans leur charte qualité : le Comité national pour la promotion de l’œuf l’a fait. Dans un deuxième temps, nous communiquerons auprès des metteurs en marché et de la grande distribution afin de promouvoir les bienfaits de ce schéma-là en termes de sécurité sanitaire.

 O. Joly

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