Coop de France Déshydratation et Coop de France Ouest : la reconquête de l'autonomie en protéines

Coop de France Déshydratation et Coop de France Ouest ont organisé, à l’occasion du Space 2015 qui s’est déroulé à Rennes du 13 au 16 septembre, une conférence sur le thème de La reconquête de l’autonomie en protéines. D’ici 2030, les besoins sont estimés, au niveau mondial, à 150 millions d’hectares supplémentaires.

« Nous devons réapprendre certaines choses, essayer d’imaginer l’avenir autrement, au-delà des schémas existants ». C’est ainsi que Jean-Marie Gabillaud, président de Coop de France Ouest, a lancé la conférence organisée durant le Space sur la reconquête de l’autonomie en protéines. « C’est un enjeu pour l’élevage : avec tous les événements qu’on a vécus ces six derniers mois et ceux qu’on va sans doute vivre d’ici un an, on voit bien que la compétitivité des exploitations dans les filières animales est un sujet très important auquel il faut qu’on s’attelle. Cette conférence est une bonne opportunité. »

Philippe André, président de la section métiers du grain chez Triskalia, Aurore Lermant, chargée de mission agriculture et environnement chez WWF France, Philippe Étienne, président de la Copédom et Éric Guillemot, directeur de Coop de France Déshydratation ont animé la conférence.

Philippe André, président de la section métiers du grain chez Triskalia, Aurore Lermant, chargée de mission agriculture et environnement chez WWF France, Philippe Étienne, président de la Copédom et Éric Guillemot, directeur de Coop de France Déshydratation ont animé la conférence.

Autour de la table, des experts et des acteurs de la filière. Comme Éric Guillemot, directeur de Coop de France Déshydratation, qui a dressé un état des lieux pessimiste de la situation au niveau mondial. « On va manquer de protéines, on en manque déjà un peu, et ça ira de pire en pire. La production de soja n’a cessé d’augmenter, mais ça ne suffit pas. De plus, elle se développe dans des pays à risques politique et climatique, c’est-à-dire sans aucune pérennité. La chine représente aujourd’hui 70 % des exportations dans le monde ! Et la demande est croissante, en Afrique par exemple. J’estime que nous sommes dans une situation de risque de rupture à l’horizon 2020-2030. » Le besoin en protéines est estimé à 150 millions d’hectares supplémentaires d’ici 2030.

La luzerne

« C’est une zone de danger reconnue, comme le prouve la mise en place du Plan protéines en Europe et en France. » Sur le territoire national, ce plan se traduit par des aides financières dont 35 millions d’euros (M€) pour la production de protéagineux (pois, lupin, féverole), 6 M€ pour la production de soja et 8 M€ pour la production de légumineuses fourragères déshydratées. « Il faut savoir que les surfaces de légumineuses en France ont été divisées par 7 en 50 ans, souligne Éric Guillemot. Alors que, concrètement, la luzerne est la plante qui fait le plus de protéines à l’hectare. Avec du soja, aux États-Unis, système de référence, il faut 1,315 ha pour faire une tonne de protéines, avec de la luzerne, en France, il ne faut que 0,625 ha. » Une légumineuse actuellement cultivée sur 300 000 ha dans l’Hexagone.

« Notre luzerne permet de produire une quantité de protéine à l’hectare de 2 400 kg », indique Philippe Étienne, président de la Copédom, coopérative agricole située en Ille-et-Vilaine (35). « Notre activité s’est fortement développée avec cette volonté de renforcer et rendre un peu plus autonome en protéines nos élevages laitiers. » La Copédom compte 2 000 ha de luzerne et 2 500 ha de graminées au sud de Rennes. « Une luzerne valorisée à 100 % grâce à la déshydratation, pour une pertinence et une efficience économique de nos exploitations. » Amélioration de la productivité à l’animal, moins de dépendance aux importations, meilleure stabilité des coûts de production, etc. « Avec un système luzerne en vaches laitières, il faut compter 15 euros des 1 000 1itres en plus, c’est significatif en temps de volatilité et de crise. » La luzerne permet aussi d’optimiser les effluents d’élevage ou encore d’améliorer la qualité du lait. « Cela va aussi dans le sens de la mixité des systèmes : remettre du lien au sol. C’est le fil conducteur chez nous : ne plus considérer l’élevage comme quelque chose d’hors-sol. »

(…)

Ermeline Mouraud

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 692 – décembre 2015

 

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