« Il y a un vrai enjeu de restructuration industrielle », estime Jean-Luc Cade, président de Coop de France Nutrition animale.

Convention nutrition animale : « Accompagner la segmentation »

Coop de France Nutrition animale organise, mercredi 8 novembre, à Paris, sa convention annuelle, sur le thème La nutrition animale, contributrice de l’offre alimentaire française. Trois questions à son président, Jean-Luc Cade.

 « Il y a un vrai enjeu de restructuration industrielle », estime Jean-Luc Cade, président de Coop de France Nutrition animale.

« Il y a un vrai enjeu de restructuration industrielle », estime Jean-Luc Cade, président de Coop de France Nutrition animale.

La Revue de l’alimentation animale : Quels sont aujourd’hui les enjeux majeurs de la nutrition animale pour contribuer activement à l’offre alimentaire ?

Jean-Luc Cade : Il y a trois enjeux majeurs : économique, sanitaire et sociétal. Nous, fabricants d’aliments, devons redonner aux élevages français les moyens d’être compétitifs, cela passe par la gestion des coûts mais aussi par la valorisation des productions, la création de valeur. Les acteurs de la nutrition animale vont devoir s’adapter à l’évolution du marché et apporter des solutions : des bons produits et des services. Grâce à notre savoir-faire. Les exploitations penchent vers plus d’autonomie et la Faf prend une place de plus en plus importante. Il ne faut pas voir cela comme une concurrence, mais comme une nouvelle façon d’accompagner les producteurs, de s’impliquer, d’accompagner la segmentation grâce au développement de nouvelles formules, en plus petites quantités. Il y a un vrai enjeu de restructuration industrielle. Les fabricants d’aliments doivent rester des apporteurs de solutions, sur le plan nutritionnel mais aussi pour la sécurisation de la filière.

Pour cet aspect-là, Coop de France Nutrition animale et le Snia, en partenariat avec Qualimat, avons créé Oqualim il y a bientôt 10 ans. Une association dédiée à l’amélioration continue de la sécurité des matières premières et aliments destinés aux animaux d’élevage. Pour les filières de la nutrition animale, au service des productions animales. Cette démarche vient d’ailleurs d’être reconnue par VLOG, la filière sans OGM allemande. Cette reconnaissance par d’autres systèmes européens est une avancée significative. Concernant l’enjeu sociétal, nous devons appréhender les défis de manière dynamique, être à l’écoute et proactifs, sans perdre le fil rouge de l’économie de nos filières. Nous avions anticipé les attentes lorsque nous avons créé Duralim, une démarche structurée, commune, qui développe et promeut la durabilité de l’approvisionnement en matières premières dans nos usines. Une attente, un dû pour les consommateurs.

RAA : Le thème de la convention s’inscrit pleinement dans le cadre des États généraux de l’alimentation ?

J.-L. C. : Oui, c’est complètement en phase. Nous voulons donner une valeur, perçue et réelle, de la filière. Montrer que l’industrie de l’alimentation animale est le premier maillon de la chaîne, à l’interface du monde végétal et animal, et porte l’excellence alimentaire française. C’est un travail de longue haleine et les États généraux de l’alimentation, qui ont mobilisé tous les acteurs ces derniers mois, sont une opportunité, notamment pour retrouver de la valeur en amont et atteindre les consommateurs. L’idée est de rebondir sur ce qui ressort de ces États généraux et de trouver la manière dont, aujourd’hui, on compte valoriser nos savoir-faire pour plus de créations de valeur. À l’occasion de notre convention, nous avons voulu mettre en avant les initiatives menées dans ce sens, permettant d’être contributeurs, de créer ou répartir la valeur, optimiser les ressources, etc.

RAA : Comment cela va-t-il se dérouler ?

J.-L. C. : L’assemblée générale va tourner autour de quatre axes : répondre aux attentes des marchés, économiser les ressources, créer et partager la valeur et produire bon pour la santé et l’environnement. Plusieurs acteurs du secteur vont présenter leurs réalisations concrètes, rebondir sur les premières conclusions des États généraux de l’alimentation. Ils vont également échanger avec nos grands témoins : Ann-Gaël Beard, vice-présidente de la CLCV, association nationale de défense des consommateurs et usagers, et Bernard Valat, résident de la FICT, Fédération française des industriels charcutiers, traiteurs et transformateurs de viandes. Nous avons souhaité apporter un regard extérieur, pour challenger, ouvrir le débat.

Propos recueillis par Ermeline Mouraud

Informations pratiques : Convention Coop de France Nutrition animale, mercredi 8 novembre, à l’Apca, Paris, à partir de 13h45.

Inscription : nutritionanimale@coopdefrance.coop

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