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Assemblée générale du Snia : élaborer la valeur

L’assemblée générale 2017 du Syndicat national des industries de la nutrition animale a eu lieu le 19 mai dernier à Arras (62). Une centaine de professionnels de la filière se sont réunis autour de la contribution de la nutrition animale à l’économie circulaire et des actions du secteur en faveur de la durabilité.

Les entreprises françaises de nutrition animale travaillent à la transformation et la valorisation des matières premières et coproduits, pour en optimiser la valeur. Un processus vertueux auquel le Syndicat national des industries de la nutrition animale (Snia) a consacré cette année son assemblée générale. Une douzaine d’intervenants, d’horizons variés, et une centaine de participants se sont réunis à Arras autour du thème Élaborer la valeur.

L'assemblée générale du Snia a rassemblé une centaine de personnes et une douzaine d'intervenants, vendredi 19 mai, à Arras.

L’assemblée générale du Snia a rassemblé une centaine de personnes et une douzaine d’intervenants, vendredi 19 mai, à Arras.

En introduction, Fréderic Leturque, maire d’Arras et conseiller régional des Hauts de France et Daniel Damart, vice-président de la communauté urbaine d’Arras, ont vanté les atouts de leur territoire, « grenier des coproduits ». « 20 % des coproduits sont utilisés, soit le double que partout ailleurs en France », indique Alexandre Raguet, président de NutriArche, fédération des fabricants d’aliments du Nord-Est de la France. Les Hauts de France affichent un PIB agricole de 5,2 milliards et 3 millions d’hectares de SAU (Surface agricole utile), pour 6 millions d’habitants, à proximité immédiate des matières premières, des ports d’importation et du bassin de population européen. La nutrition animale y pèse 1,5 million de tonnes. « Vous êtes en amont de ce que l’on cherche à défendre chez nous pour nos concitoyens. Vous êtes des éléments fondamentaux, trop peu visibles mais au combien déterminants », salue Fréderic Leturque. « Nous avons de la place dans nos parcs d’activité ! », lance Daniel Damart.

Bioéconomie et coproduits

La première partie de l’assemblée générale fut consacrée à la nutrition animale comme facteur de valorisation des matières premières. Notamment des coproduits des industries agroalimentaires (sons de blé, drèches de maïs, mélasse, etc.), qui représentent 12 % des matières premières utilisées en alimentation animale. Le Snia a, pour illustrer ce sujet, invité plusieurs acteurs des filières animales et végétales, dont Sandrine Dereux, responsable projets ingrédients au pôle de compétitivité Industries et agro-ressources (IAR). Il s’agit d’un organisme qui soutient les porteurs de projets en faveur de l’innovation végétale (qui compte parmi ses adhérents, entre autres, les groupes Avril, Roquette et Roulier). « Notre ambition est de faire de la France un leader mondial de la bioéconomie. C’est-à-dire de l’ensemble des activités de production et de transformation de la biomasse, qu’elle soit d’origine agricole, forestière ou aquacole, à des fins de production alimentaire humaine ou animale, de matériaux biosourcés ou d’énergie. »

La bioéconomie représente aujourd’hui dans l’Hexagone 1,9 million d’emplois et 320 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Un secteur en pleine croissance (biomolécules, agromatériaux, biocarburants, etc.) dont les objectifs sont de créer de nouveaux marchés « de manière résiliente », de réduire la dépendance aux importations « grâce à la production locale », de développer des produits avec de nouvelles fonctionnalités et de réduire la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre. « Il s’agit d’une économie circulaire par nature, souligne Sandrine Dereux. Il n’y a pas de notion de déchet : tout doit être valorisé le mieux possible. On pense dès le départ à la fin de vie du produit. Un cercle vertueux qu’on essaye d’utiliser au maximum, dans une volonté de durabilité, d’optimisation de la ressource. » La nutrition animale représente un pan important de cette stratégie. « Cette notion de cercle vertueux, les fabricants d’aliments s’inscrivent pleinement dedans, souligne Bernard Mahé, directeur de Sanders. C’est notre histoire et notre raison d’être. »

Pour Roquette, acteur mondial de l’amidon et de ses dérivés, les coproduits sont considérés comme des « produits premiers, de première extraction », indique Hervé Catteau, directeur des ventes nutrition animale, deuxième débouché derrière le food, « avec trois grands secteurs : les aliments composés, de spécialité et le petfood ». Les coproduits (de blé, maïs, pomme de terre, etc.) représentent 40 % du volume de matières premières, soit 4 millions de tonnes (Mt). « Notre ambition est de proposer une source naturelle de formulations et d’ingrédients innovants d’origine végétale pour des industries très exigeantes. Et d’améliorer le bien-être en offrant le meilleur de la nature. » Avec des matières premières principalement locales : « 80 % de notre production est faite en France. Le reste en Europe, 100 % non OGM. »

Marchés et responsabilités

Autre témoignage, celui de Christophe Callu-Merite, responsable des achats protéines chez Feed Alliance, société d’achats et ventes pour compte de matières premières, pour les industries de l’alimentation humaine et animale. « Nous sommes prestataires de services : analyse des marchés, élaboration des stratégies, négoce et contractualisation, optimisation et gestion du risque. » Au total, pas moins de 2,6 Mt de matières premières achetées et 0,5 Mt vendues, dont 1,5 Mt couvertes sur les marchés à terme l’an passé. « Laisser faire le marché, c’est laisser faire le moins disant : il faut aujourd’hui prendre ses responsabilités. Lier l’amont et l’aval, concevoir des cahiers des charges avec les fournisseurs. Duralim est l’exemple le plus concret aujourd’hui. La créativité ira de pair avec la durabilité. »

Des propos soutenus pas Bernard Mahé : « Nous sommes dans un monde de complémentarité, il faut travailler avec les filières pour identifier et remonter les besoins et les demandes réelles : nouvelles protéines, plus de traçabilités (et donc de confiance), sans OGM, local, durabilité. » Ludovic Michel, du Groupe Michel, ajoute : « Aujourd’hui, nous, fabricants d’aliments, sommes à l’interface du végétal, de l’animal, et du consommateur ! Nous nous devons de mettre en avant notre travail, notamment celui mené auprès des agriculteurs, pour ne pas tomber dans le « sans ». Il faut aussi faire attention à la notion de local. Pour un Breton, c’est sa commune, pour un parisien c’est la France, pour un hollandais c’est l’Europe. Il faut être vigilant pour ne pas mettre des freins au développement. Il faut écouter ses clients, les consommateurs, et fournir des solutions. »

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E. Mouraud

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 707 – Juin 2017

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