Assemblée générale de Qualimat : « générer de l’intelligence collective »

Qualimat a tenu son assemblée générale le 4 juin dernier à Locminé, où elle a inauguré également ses nouveaux bureaux. La réunion a porté largement sur la problématique des ports bretons, avec l’allocution d’une élue du Conseil régional de Bretagne, mais aussi l’évocation du dialogue tendu avec les importateurs qui compliquent l’accès aux ports aux échantillonneurs de l’association.

Avec « optimisme et détermination », Qualimat garde l’apport de valeur à ses adhérents comme fil rouge. « Les différents projets savent répondre aux attentes naissantes des professionnels », a précisé son président, Vincent Le Moine, en préambule de l’assemblée générale. Celui-ci a présenté 2013-1016 comme un cycle de restructuration, marqué par un audit social complet de l’association, un changement de cabinet comptable, une consolidation juridique des statuts, le travail de deux dossiers majeurs concernant Qualimat Transport et Qualimat Audit. « En 2015-2016 l’association entame un travail de réflexion sur l’évolution du mode de calcul de la cotisation, qui ne correspondra pas à une augmentation », précise Vincent Le Moine. Qualimat réfléchit également sur les services et prestations à apporter aux non-adhérents.

Le bureau de l’association avec, de gauche à droite : Anne-Marie Juin, référente pour Qualimat Audit, Franck Montagnon, référent pour Qualimat Matières Premières et trésorier de l’association, Marie-Anne Hannotiaux, directrice, Vincent Le Moine, président, Hervé Vasseur, nouveau référent pour Qualimat Transport, et Patrick Desneuf, vice-président.

Le bureau de l’association avec, de gauche à droite : Anne-Marie Juin, référente pour Qualimat Audit, Franck Montagnon, référent pour Qualimat Matières Premières et trésorier de l’association, Marie-Anne Hannotiaux, directrice, Vincent Le Moine, président, Hervé Vasseur, nouveau référent pour Qualimat Transport, et Patrick Desneuf, vice-président.

Qualimat Matières Premières est le domaine d’activités historique de l’association qui consiste à prélever des échantillons les plus représentatifs en amont, c’est-à-dire en zones portuaires et dans les usines de trituration, afin de fournir aux adhérents qui vont être livrés, des analyses fiables dans des délais très courts. Le taux de couverture des analyses des matières premières par Qualimat est de 63 % (environ 2,5 millions de tonnes analysées sur les 4 millions de tonnes importées dans les ports de l’Ouest) avec des variables importantes selon les matières premières. Le soja, livré par gros bateaux, bénéficie ainsi d’un taux de couverture de 100 %, mais le colza, transporté par des caboteurs de taille plus modeste, a quant à lui un taux de couverture d’analyse moindre. Le rendu des résultats se fait sur différents supports : bulletin d’analyses quotidien, base de données en ligne, synthèse mensuelle et présentation en comité technique.

Accès limité aux bateaux
L’association a connu quelques limitations d’accès en 2014, à cause d’importateurs qui ont limité l’accès aux marchandises. Ceux-ci mettent en avant le fait que les prélèvements ont lieu avant le transfert de propriété, que la sécurité des personnels nécessite des dispositions importantes, et que l’échantillonnage pose des problèmes de représentativité.
Alain Guillaume, président du Snia, a pris la parole dans l’assemblée sur ce point, soulignant que ce recul des contrôles apparaît inquiétant et fâcheux pour les fabricants d’aliments : « Le contrôle précoce est essentiel, a-t-il souligné. Nous ne pouvons plus attendre. Les fabricants d’aliments sont déterminés pour obtenir des réponses favorables des importateurs. »
Un représentant des importateurs présent dans l’assemblée a pour sa part répondu qu’il n’y a aucune volonté de fermeture mais que le contrôle des substances indésirables est un sujet sensible qui dépasse le cadre de la qualité : « Le travail sur bateau est un travail en milieu dangereux qui engage la responsabilité pénale de toutes les entreprises. C’est pourquoi nous voulons aussi des garanties du côté de Qualimat. »
L’association entend cette demande et a organisé des visites de ports pour le comité de pilotage des matières premières, afin de mieux comprendre les méthodes de travail portuaires et les faire connaître. « Nous avons aussi fait appel à Émilie Donnat, experte scientifique de Quasaprove, pour intervenir sur les contaminations mycotoxines et les métaux lourds, et Christophe Genouel du L35-LCL pour expliquer les méthodes d’analyse existant en nutrition animale », précise Franck Montagnon, qui annonce que Qualimat va encore améliorer ses méthodes de travail et les échanges, et renforcer la traçabilité : « L’outil infralyseur a bien vécu, une nouvelle génération est déjà sur le marché. »

Qualimat Alerte, une belle réussite
Qualimat Alerte, lancé en 2012, est le résultat de l’évolution du plan de contrôle des substances indésirables : « C’est le fruit de discussions pour que les alertes soient vraiment prises en compte et ne débouchent pas sur des crises. Le protocole Qualimat de contrôle a contribué à la construction du plan de contrôle mutualisé Oqualim », explique Franck Montagnon, administrateur référent du dossier.
Les enjeux et objectifs de Qualimat Alerte sont de structurer et de coordonner les actions autour d’un résultat d’analyse anormal : « Il s’agit de traiter rapidement une information et de réagir. » Qualimat a pour cela entre autres mis en place un système de feux servant d’indicateurs, avec un seuil de conformité ou de non-satisfaction aux besoins. « Ce système a fait ses preuves et a montré sa robustesse dans le temps ; il a déjà été proposé et installé chez Oqualim. » Et le président d’ajouter : « C’est un protocole qui apporte de la méthodologie, du factuel dans un contexte souvent tendu. Il permet à l’association de gagner en reconnaissance. »
Une fois l’alerte lancée (par SMS), trois ou quatre réunions sont en général nécessaires depuis l’alerte jusqu’à la clôture du dossier : « C’est un exemple de belle réussite des échanges avec les fournisseurs. » Chaque alerte fait ensuite l’objet d’un debriefing pour améliorer le protocole. Quatre alertes salmonelles ont été enregistrées en 2014 sur des tourteaux de soja, une en 2015.

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Sarah Le Blé

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 688 juillet-août 2015

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