Aftaa/Session matières premières : les coproduits au-devant de la scène

Dans la foulée des débats de Vigie Matières Premières organisés la veille par le Céréopa, l’Aftaa avait convié le 3 décembre 2014, à Paris, les acteurs de l’alimentation animale à sa 30e journée Claude Thieulin, dédiée aux matières premières. Les coproduits étaient particulièrement à l’honneur.

« Il reste un important travail de sensibilisation à mener pour faire entrer plus largement les coproduits dans les formules d’aliments », explique Xavier Cros, directeur général d'Apeval et porte-voix de Valoria.

« Il reste un important travail de sensibilisation à mener pour faire entrer plus largement les coproduits dans les formules d’aliments », explique Xavier Cros, directeur général d’Apeval et porte-voix de Valoria.

« Le terme de coproduit n’est pas défini dans la réglementation française, mais relève plutôt d’un consensus entre les industriels et les utilisateurs de ces produits. Concrètement, dès lors qu’un produit est valorisé, il doit être qualifié de coproduit, par opposition au déchet », présente Benoît Rouillé, animateur du Comité national des coproduits. Il décrit les différents schémas qui prévalent actuellement : « Les coproduits peuvent être soit récoltés directement chez les industriels de l’agroalimentaire par les éleveurs adeptes de la Faf, soit passer par des négociants ou soit être pris en charge par des industriels spécialisés dans le retraitement. » Pour Xavier Cros, directeur général d’Apeval (joint-venture créée par Akiolis et Promic en 2012), la professionnalisation des industriels doit être mise en avant. « Nous avons la capacité de caractériser précisément la matière première que nous recevons, pour aboutir à un produit de composition stable et en garantissant les qualités nutritionnelles affichées. » Un point de vue confirmé par Benoît Rouillé, qui précise tout de même que certains fafeurs sont capables de respecter de bonnes conditions sanitaires. « Le passage du coproduit par le maillon industriel apporte un certain nombre de garanties, en particulier en matière de traçabilité et de sécurité sanitaire. » La transformation de coproduits de biscuiterie se développe en France, avec la mise en service de nouvelles unités industrielles comme celle d’Apeval à La Tardière (Vendée) en 2013 ou celle de Bonda qui devrait intervenir courant 2015. « La France accuse un important retard dans la valorisation des coproduits agroalimentaires. L’Espagne, la Hollande, la Belgique, l’Allemagne… Tous ces pays utilisent systématiquement les coproduits. » La France, elle, les remplace par les céréales dont elle dispose en quantité.

La bataille de l’approvisionnement

Le directeur général d’Apeval s’est fait le porte-voix du Syndicat des professionnels de la valorisation des coproduits et écarts de productions agroalimentaires (Valoria). « Le syndicat a affiché sa volonté de se tourner en priorité vers l’alimentation animale industrielle plutôt que vers l’alimentation à la ferme. Il reste un important travail de sensibilisation à mener pour faire entrer plus largement les coproduits dans les formules d’aliments », explique Xavier Cros, qui insiste sur la maîtrise technique des industriels du coproduit. Pour assurer l’homogénéité de leurs produits, les usines de traitement font appel à des technologies de pointe, pour le désemballage automatique, la caractérisation nutritionnelle et le traitement thermique. « On passe par un produit intermédiaire, avant de faire un assemblage final qui respecte les spécifications commerciales », ajoute Xavier Cros. Côté prix, Benoît Rouillé pointe la hausse sensible des prix des coproduits. « La demande a augmenté plus vite que l’offre », fait-il remarquer. À cela s’ajoutent certains freins au développement des coproduits en alimentation animale. « Les cahiers des charges des GMS n’autorisent pas l’utilisation de coproduits pour toutes les espèces. Là encore, il faudra convaincre pour généraliser leur utilisation », note Benoît Rouillé. Pour sa part, Xavier Cros prévient : « À l’avenir, la bataille sera de capter la marchandise destinée à la transformation pour la nutrition animale. De ce côté, on n’en est qu’aux prémices. »

Coproduit d’amidonnerie

« L'intérêt des produits amylacés dépend principalement du ratio soja/blé fourrager », explique Thibault Lesieur (Roquette).

« L’intérêt des produits amylacés dépend principalement du ratio soja/blé fourrager », explique Thibault Lesieur (Roquette).

Toujours dans le domaine des coproduits, Thibault Lesieur, du groupe Roquette, a fait le point sur le marché du coproduit d’amidonnerie, avec une présentation au titre évocateur : L’alimentation animale reste-t-elle un débouché intéressant ? « L’amidon est en Europe principalement extrait du maïs et du blé, mais aussi de la pomme de terre féculière et du pois protéagineux. Les débouchés sont nombreux puisqu’ils couvrent des domaines aussi variés que l’alimentation humaine et animale, l’industrie papetière, la chimie du végétal, la cosmétique, l’industrie textile, l’industrie pharmaceutique, etc. », cadre-t-il. Pour la nutrition animale, on retient quelques produits phares à base de maïs, comme le corn gluten feed, le corn gluten meal ou les brisures, et à base de blé, comme les glutens de blé natifs et hydrolisés, les solubles de blé, le wheat gluten feed. « Leurs principales propriétés fonctionnelles sont l’apport protéique, énergétique et fibreux dans les aliments du bétail », ajoute-t-il. On apprend également que 24 % des capacités européennes de production d’amidon sont installées en France, majoritairement dans la partie nord et nord-est du pays (Roquette, Syral, Cargill, Chamtor). « Il y a une certaine concentration en fonction des types de produits. En 2013, nous estimons que la France a produit à elle seule 38 % des wheat gluten feed et des corn gluten feed européens », précise-t-il.

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O. W.

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 683 janvier-février 2015

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