5e Congrès mondial feed&food : l’alimentation animale cruciale pour une production durable

La 5e édition du Congrès mondial feed&food, organisée mi-avril par la Fédération internationale des industries de l’alimentation animale (Ifif), a réuni près de 900 professionnels du monde entier à Antalya, en Turquie, autour du thème de L’équité et la prospérité pour tous. Un événement dont l’objectif a été de réfléchir aux questions cruciales entourant la chaîne alimentaire, comme la durabilité.

L'ensemble des intervenants qui ont animé, durant trois jours, les nombreuses conférences et tables rondes. (Crédit photo : GFFC)

L’ensemble des intervenants qui ont animé, durant trois jours, les nombreuses conférences et tables rondes. (Crédit photo : GFFC)

Comment continuer à nourrir, de façon saine et sûre, une population mondiale grandissante avec une seule planète dont les ressources ne sont pas inépuisables ? Près de 900 scientifiques, industriels, membres de gouvernements, de la société civile et d’ONG du monde entier se sont retrouvés, mi-avril à Antalya, afin de construire des réponses adaptées aux enjeux de la chaîne alimentaire de demain, à l’occasion du 5e Congrès mondial feed&food (GFFC). Un événement organisé par la Fédération internationale des industries de l’alimentation animale (Ifif), en collaboration avec la Fédération européenne des fabricants d’aliments (Fefac), l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’association des fabricants d’aliments turcs (Türkiyem BIR).

« Le secteur agricole est, en Turquie comme dans le monde entier, une part essentielle de l’économie mais aussi de la société. Nous avons donc un rôle de premier plan », souligne le ministre de l’Agriculture turc, Mehmet Danis. « La Turquie est un pont entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique, en matière de commerce et de transport. Nous sommes donc bien placés pour soutenir les efforts visant à répondre à la future demande accrue en nourriture, ajoute Ulku Karakus, président de Türkiyem-BİR. Une réponse qui se doit d’être équitable et qui passe en priorité par nos élevages. »

« Il est en effet important que le secteur de l’élevage contribue à l’optimisation des bénéfices, pour toutes les parties prenantes : la société, la nature et les agriculteurs, poursuit Leo den Hartog, directeur R&D chez Nutreco. Les mots-clés pour la prochaine décennie sont pour cela l’innovation et la durabilité. Et la nutrition animale en est le maillon essentiel : la poursuite de l’optimisation de la production de protéines animales grâce à l’alimentation est possible, avec une nutrition de précision et une amélioration de l’utilisation de la plupart des aliments. » Le potentiel des animaux de ferme est aujourd’hui partiellement utilisé, entre 60 et 70 % en moyenne.

« La génomique et la métabolomique peuvent aujourd’hui être utilisées pour comprendre l’effet de la nutrition et de l’environnement sur les jeunes animaux, ce qui peut affecter profondément et durablement les performances futures. » Leo den Hartog souligne également le besoin de stratégies efficaces pour accroître l’état de santé des animaux et réduire, à l’échelle mondiale, l’utilisation d’antibiotiques. « Des solutions nutritionnelles innovantes sont nécessaires et disponibles pour contrôler la santé intestinale de façon durable par exemple. L’innovation dans l’alimentation des animaux est cruciale pour une production durable tout au long de la chaîne. Pour améliorer l’efficacité des ressources et des systèmes de production, mais aussi réduire leur impact environnemental. »

Additifs et environnement

L’Ifif, en collaboration avec l’Association européenne des producteurs d’ingrédients et leurs mélanges en nutrition animale (Fefana), s’est ainsi intéressée au rôle des additifs dans la réduction de l’impact environnemental des productions animales. Un projet baptisé SFIS, pour Specialty feed ingredients sustainability, lancé il y a 4 ans et dont les résultats ont été validés et publiés il y a peu. Il rassemble l’association américaine des industriels de l’alimentation animale, l’association des fabricants d’aliments japonais (JFMA) et brésiliens (Sindirações), ainsi que des entreprises majeures dans la production d’ingrédients de spécialité.

« Nous avons examiné l’utilisation de phytases et d’acides aminés (méthionine, lysine, la thréonine, le tryptophane) dans des régimes alimentaires faibles en protéines (azote), chez les porcs et les poulets de chair, explique Joerg Seifert, secrétaire général de la Fefana. Les résultats globaux de l’étude, réalisée en Europe, Amérique du Nord et Amérique du Sud, démontrent que leur utilisation réduit la consommation d’ingrédients de base. En outre, l’étude montre que le potentiel de réchauffement global (GWP) diminue clairement, de même que l’eutrophisation et le potentiel d’acidification. Ces additifs permettent aussi de réduire l’excrétion de certaines substances comme l’azote et le phosphore, améliorant ainsi les performances des animaux. Ils offrent donc des avantages concrets pour réduire l’impact environnemental des productions animales. »

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E. Mouraud

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 698 – juillet-août 2016

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