L’ Ufab triture à domicile

En Mayenne, l’Union Française d’Agriculture Biologique (Ufab) produit des tourteaux pour alimenter ses gammes d’aliments destinés principalement aux éleveurs de l’ouest. Ses objectifs : jouer la carte de la proximité en assurant une traçabilité irréprochable.

Une cathédrale de fer se dresse au cœur du bocage mayennais, sur la commune de Craon. Nous sommes à deux pas du Maine et Loire et de la Bretagne. Cette unité de fabrication de tourteaux (ex-usine Dialzo) est entrée, il y a deux ans, dans le giron de l’Ufab, acteur historique de la filière bio depuis 40 ans et filiale du groupe breton Le Gouessant depuis 1998. Depuis sa mise en service en 2011, le tourteau de soja utilisé par le fabricant d’aliment y a été totalement produit. Les objectifs sont multiples : maîtriser la traçabilité et la qualité, être au plus près des clients éleveurs et implanter un stockage de matières premières bio en Mayenne qui manquait à l’entreprise dans ce secteur. « Notre volonté est d’être présents dans l’ouest avec un maximum d’approvisionnement local », précise Nicolas Kerdranvat, responsable commercial (Ouest et Ile de France). Les tourteaux obtenus sont destinés à son usine d’aliments complets pour animaux d’élevage, basée à Noyal-sur-Vilaine (35), à près d’une heure seulement de Craon.

Deux pôles actifs

Carine Maret, responsable nutrition animale et huilerie, fait le tour du propriétaire. « Nous avons ici plusieurs activités, la collecte de céréales et protéagineux et la trituration des graines », indique-t-elle à l’entrée de la plateforme de stockage. (…) Au total, 3 000 t de graines peuvent être stockées, oléagineuses comprises. Mais celles-ci doivent être aux normes, car le site ne possède pas de séchoir. (…) La partie centrale de l’usine est équipée pour l’extrusion, un secteur « en stand by », encore en maturation de projets. En revanche, la trituration de graines, autre procédé de transformation, est bien active. Elle permet d’obtenir le tourteau, « plus intéressant en terme de formulation car plus riche en protéines et moins gras ». (…)

Trois types de graines transformées

L’usine est dotée d’une capacité de transformation de près de 10 000 t de graines de soja, tournesol et colza pour lesquelles les process varient. (…) Deux modes de pression sont pratiqués, à chaud et à froid. Pour le premier, les graines sont cuites entre 120 et 125 °C. « C’est toujours le cas du soja pour éliminer des facteurs antinutritionnels », souligne la responsable. En sont extraits les tourteaux et les huiles. Pour ces dernières, une partie seulement est valorisée en interne. De ce fait, si la fabrication de tourteaux est l’objectif premier de l’usine, ceux-ci sont parfois produits à l’issue d’une demande initiale en huile. « Tout vient selon les débouchés », confie la responsable. (…)

Valorisation des tourteaux en interne

Carine Maret, responsable nutrition animale et huilerie.

Les tourteaux sont expédiés à l’usine d’aliments de Noyal-sur-Vilaine. Là, ils sont entièrement mélangés et dosés avec d’autres matières premières. (…) Puis les mélanges sont broyés, transformés en farines et granulés, voire émiettés. De nombreuses recettes sont produites pour un large panel d’animaux : bovin, ovin, caprin, porc, lapin, escargot, volaille ; les poulettes et poules pondeuses étant de loin le principal marché de l’entreprise (plus de 50 % des aliments). « Les éleveurs de pondeuses en Bretagne et Pays de la Loire sont nos premiers clients », précise Carine Maret. (…)

Bilan et perspective

« Nos perspectives de développement sont proportionnelles au nombre de conversions, réfléchies et rationnelles », souligne Nicolas Kerdranvat, prudent. Aujourd’hui les besoins en tourteaux sont concentrés sur le soja, exclusivement fabriqués à Craon. (…)

Quant au tourteau de tournesol, il est également intéressant pour l’aliment pondeuse, mais encore essentiellement acheté auprès d’huiliers français bio, et ce depuis de nombreuses années. Le colza est le grand absent. « Nous n’avons pu en triturer que 30 t jusqu’à maintenant, pourtant nous avons des demandes en huile, mais pas de graines », regrette Carine Maret. À l’avenir, l’usine pourrait envisager d’installer une presse supplémentaire mais prend d’abord ses marques et satisfait ses propres besoins. « Petit à petit, nous apprenons à maîtriser l’outil, nous connaissons maintenant nos débits et capacités, il nous reste encore des travaux à terminer, aujourd’hui nous nous autosuffisons et cela nous va bien », conclut-elle.

Frédéric Ripoche

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 660 – Octobre 2012

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