Arterris : les marchés évoluent fortement dans le grand sud

Née en 2009 d’un vaste regroupement dans le sud-ouest, la coopérative Arterris est devenue un opérateur majeur de l’alimentation animale dans le sud méditerranéen français. Il y a quatre ans, nous avions rencontré Éric Domergue (lire RAA 629), directeur de la division animale. Nous l’avons de nouveau croisé cet été 2012 pour faire le point.

Pas de grands bouleversements à annoncer. Non, comme nombre d’autres entreprises, Arterris a tenté de s’adapter au mieux aux évolutions du marché et aux fortunes diverses des filières à l’aval. Revenons en arrière entre 2008 et 2009. À l’origine d’Arterris, il y a le groupe coopératif occitan (GCO), Aude Coop et la Toulousaine de céréales pour la partie appro, et le rapprochement de trois usines de fabrication d’aliments pour le bétail, deux ressortant de l’emprise Aude coop et GCO et la troisième, filiale de la Toulousaine de céréales, les établissements Duran à Beaumont de Lomagne. « Pour gagner en rationalité, nous avons spécialisé un peu plus les outils dont nous disposons. Ainsi, l’usine de Beaumont de Lomagne (ex Duran) produit toujours principalement le mash, les flocons, le fibreux, tandis que l’usine de Bram (ex Aude Coop) a été dévolue aux productions non-OGM et les productions en sacs », explique Éric Domergue, directeur de la division nutrition animale. L’entreprise a fait ce choix pour répondre à la demande spécifique du marché du sac au détail. « (…)  En parallèle, nous avons aussi restructuré toutes les équipes pour gagner en efficacité et en compétences. Nous comptons une dizaine de personnes, des techniciens et un chef de marché par exemple pour le secteur ruminants-cheval.»

Arterris (ici le site principal de Castelnaudary) est né du regroupement de GCO (groupe coopératif occitan), Aude Coop et la Toulousaine de céréales, et du rapprochement de trois usines de fabrication d’aliments pour le bétail.

Progression en bovins viande

C’est d’ailleurs le secteur des ruminants qui est un des plus dynamiques aujourd’hui parmi les filières. L’usine de Beaumont de Lomagne produit 55 % d’aliments bovins viande, 20 % bovins lait et 25 % d’aliment cheval. Et ce sont les bovins viande qui tirent la production et compensent le recul de l’aliment vaches laitières. Parmi les productions en déprise dans la région, le porc et les vaches laitières sont les plus concernés. L’heure est à l’arrêt des exploitations, à la concentration des troupeaux dans le meilleur des cas. (…)

Pour les bovins viande, la demande est dynamisée par la mise à l’engrais des vaches de réformes et la production relocalisée de jeunes bovins plus ou moins lourds. (…)

Présent dans le gras

La situation a également évolué dans le segment monogastrique, et c’est le porc qui a fait les frais de la conjoncture, passant de 18 000 tonnes d’aliments à 11 000… « Là encore, la réduction des cheptels est réelle puisque si la production a beaucoup baissé chez nous, elle n’a pas profité aux fabricants d’aliments à la ferme », observe Éric Domergue. (…)

Éric Domergue, directeur de la division animale d’Arterris : « Pour gagner en rationalité, nous avons spécialisé un peu plus les outils dont nous disposons. »

La volaille et les palmipèdes gras ont quant à eux été poussés ces deux dernières décennies par le développement des productions sous label rouge. Depuis trois ans, la principale progression a été enregistrée sur l’aliment canard, à la faveur d’une restructuration de l’aval de la filière, pilotée par la coopérative. « Nous avions sur Castres plusieurs outils, un abattoir ancien et amorti ainsi qu’une conserverie à Albi pour la mise en verrine. Nous avons donc créé un nouvel outil pour regrouper toutes ces activités sur un seul site moderne sous l’enseigne Fermiers occitans » détaille Éric Domergue. (…)

Deux labels rouges

Au-delà du gras, Arterris compte aussi sur la volaille fermière, pour laquelle elle opère sous deux labels rouges : le label régional générique, Sud-Ouest et le label rouge Lauragais, du nom de la région située au sud de Toulouse et berceau du groupe coopératif occitan, à l’origine de la création de la coop voici quatre ans. (…) En parallèle, l’entreprise produit aussi des lapins, 25 000 par semaine, sur l’atelier de Castres. Pour l’avenir, il est encore question de grandir, et Arterris, qui opère sur une dizaine de départements du sud, vient de nouer un partenariat avec une autre coopérative, Sud céréales, basée à Arles, pour travailler notamment ensemble blés et blés durs.

Yann Kerveno

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 659 – Septembre 2012

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