IRTA : un centre de recherche pour l’alimentation des monogastriques

Située au cœur du bassin de production porcine espagnole, la station expérimentale Mas Bover de l’IRTA consacre ses études et analyses à la santé intestinale et la sécurité alimentaire des monogastriques, essentiellement pour le compte de sociétés privées. Le centre de recherche est néanmoins propriété de la Generalitat de Catalogne, qui lui a permis cette année de s’équiper d’une nouvelle usine de fabrication d’aliments.

Créé il y a 25 ans, l’IRTA, Institut de recherche et de technologie agro-alimentaire, fonctionne aujourd’hui comme entité de recherche autonome et se donne pour objectif de « contribuer à la modernisation, la compétitivité et au développement durable de l’agriculture, des secteurs de l’alimentation et de l’aquaculture ». L’IRTA se finance à plus de 60 % par des fonds propres, c’est-à-dire grâce aux contrats passés avec des entreprises privées ou les institutions pour qui le centre réalise des essais. Pour le reste, l’IRTA reçoit le soutien financier du gouvernement de Catalogne. 620 personnes travaillent dans les différentes activités réparties dans les 10 centres, dont plus d’un tiers sont des chercheurs.

Problématiques européennes

Le centre de recherche de l’IRTA est équipé depuis cette année d’une nouvelle usine de fabrication d’aliments expérimentaux, en appui à la recherche sur l’alimentation des animaux.

Les domaines d’activité et de recherche de l’IRTA sont assez larges : l’industrie alimentaire, le changement climatique et les questions environnementales, l’économie agroalimentaire, les productions végétales et animales. En production animale, l’IRTA compte quatre programmes scientifiques : nutrition et bien-être animal, l’amélioration génétique (pour les espèces volaille, porc et lapin), aquaculture et santé animale. Le centre de Mas Bover, situé à Constantí (Tarragona) tout près de Reus, se concentre ainsi sur la nutrition de monogastriques, à l’intérieur du programme « Nutrition, santé et bien-être animal », et réalise des essais qui concernent à 80 % des entreprises privées souhaitant valider des additifs. « Nous travaillons pour les plus grands fabricants d’additifs européens, mais nous participons également à des programmes publics, concernant notamment la santé intestinale des porcs et des volailles, précise Joaquim Brufau, directeur du centre Mas Bover et du programme Nutrition et bien-être animal. Nous travaillons par exemple en ce moment sur l’usage de substances naturelles ayant un effet bloquant pour les bactéries dans le cadre de la prévention contre les bactéries salmonelles et E. Coli en aviculture et élevage porcin. Les activités de l’IRTA, qui travaille beaucoup en réseau avec d’autres centres de recherches ou universités, entrent pleinement dans les problématiques actuelles de l’Union européenne, concernant la recherche d’alternatives aux antibiotiques facteurs de croissance ou la sécurité alimentaire en lien avec les exigences des consommateurs. »

Usine neuve

L’IRTA regroupe au total 10 centres de recherche répartis dans toute la Catalogne. Le centre de Mas Bover articule ses recherches autour des productions végétales et de la nutrition des monogastriques, et compte pour cela une équipe de 30 personnes dont 7 chercheurs, avec Dr Joaquim Brufau (à droite sur la photo) à leur tête.

Le centre Irta de Mas Bover s’est doté d’une usine neuve de fabrication d’aliments expérimentaux, sortie de terre fine 2009 pour entrer en activité en mai 2010. Un investissement s’élevant à 3,5 millions d’euros, en partie financée par le gouvernement de la Catalogne. La nouvelle usine, installée par la société Rosal S.A., est équipée de deux lignes de fabrication, dont l’une exclusivement dédiée aux aliments contenant des produits d’origine animale autorisés à destination de l’aquaculture. Les deux lignes sont toutes les deux reliées au logiciel de suivi de production développé par la société Autronik. L’usine comporte 15 silos, 6 grands d’une contenance de 30 tonnes et 9 moyens de 15 tonnes, auquel s’ajoutent 4 containers pour les matières grasses. Si l’ensemble du process est automatisé, l’ajout de minéraux, de vitamines et de produits expérimentaux s’effectue manuellement. Tous ces produits sont identifiés à l’aide d’un système de code-barres qui assure la traçabilité. Les lignes de granulation sont quant à elles équipées de balances à flux continu (permettant d’ajuster les ajouts de graisses et de minéraux) ainsi que d’une grille séparant les fines de l’aliment.

Chaque ligne comporte néanmoins un équipement développé par la société Mangra SA permettant de pulvériser des produits sous forme liquide (graisses et enzymes principalement). En plus des deux machines à granuler, l’usine comporte un extrudeur, pour un aliment principalement à destination de l’aquaculture. D’une capacité de 300 kg/h, cet extrudeur comporte aussi un sécheur refroidisseur et laisse la possibilité d’ajouter des graisses et liquides. Le conditionnement se fait principalement en sacs de 30 kg (mais peut aller jusqu’à 1 000 kg), avec un code couleur correspondant aux traitements expérimentaux et des étiquettes identificatoires pour la poursuite des essais.

Sarah Le Blé

… Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 652 – décembre 2011

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