Belgique : 1,5 million de tonnes d'aliments pour Aveve

Aveve, leader belge de la nutrition animale, affiche une double ambition : passer de 20 à 25 % du marché et se développer à l’international dans les régions frontalières. Reportage en direct de Merksem, près d’Anvers, où le groupe a établi son siège et l’une de ses principales usines d’aliment.

Patrick Boone, directeur de gestion de risques du groupe Aveve (à gauche) et Dirk Van Thielen, directeur d'Aveve Veevoeding, la branche aliments du groupe Aveve.

C’est Patrick Boone, directeur de gestion de risques pour le groupe Aveve, et Dirk Van Thielen, directeur d’Aveve Veevoeding, la division aliments du groupe, qui nous reçoivent conjointement. L’accueil est chaleureux et nos interlocuteurs vont tout d’abord nous présenter l’origine du groupe Aveve, une véritable institution en Belgique, née il y a 110 ans sous la forme d’une petite coopérative agricole.

Dès le départ, la coopérative est polyvalente et dispose d’un représentant par village, l’objectif étant pour les agriculteurs membres d’acheter et de vendre ensemble. Aujourd’hui, le groupe compte quarante entreprises, 1 600 employés et réalise un chiffre d’affaires de presque un milliard d’euros. Son capital appartient à 100 % au holding coopératif MRBB, au sein duquel on trouve le fameux syndicat agricole Boerenbond.

L’activité du groupe repose aujourd’hui sur trois piliers : l’alimentation animale (45 % du chiffre d’affaires total), l’agriculture et l’horticulture (ce secteur qui recouvre semences, engrais, protection des cultures, collecte de céréales et machinisme agricole, représente 35 % du chiffre d’affaires total), puis la distribution et la franchise (20 % du chiffre d’affaires total). Ce dernier secteur compte des garden centers ainsi qu’un réseau franchisé de 266 magasins de proximité, véritable canal de ventes préférentiel pour les produits issus des sociétés du groupe. Pour le secteur de l’alimentation animale, la franchise est un passage obligatoire pour les livraisons en sacs, le couple franchisé recevant un certain pourcentage du montant des commandes.

Neuf sites de production

Avec 1 450 000 tonnes d’aliments produites en 2010, le groupe Aveve est le premier producteur belge d’aliment du bétail, avec une part de marché de 20 %. Environ 60 % de ce tonnage provient des deux usines du groupe en Belgique : la principale usine est située à Merksem, dans la banlieue d’Anvers, et produit annuellement environ 425 000 t d’aliments. Le site de Merksem compte également une unité de fabrication de farine (le groupe Aveve est le premier collecteur belge de blé). La deuxième usine belge du groupe est située à Aalter, entre Gand et Bruges, et sa production d’aliments est d’environ 375 000 t/an.

Vue générale de l'usine d'Aveve à Merksem, près d'Anvers.

Les 650 000 t restantes proviennent d’acquisitions successives faites par Aveve. L’une des principales acquisitions a eu lieu il y a quatre ans avec la prise de participation majoritaire d’Aveve dans le groupe Dumoulin, qui représente environ 450 000 t d’aliments par an répartis sur plusieurs sites en Belgique : Courtrai, Seilles, Hombourg, Moorslede (usine dédiée à la fabrication de l’aliment lapins). D’autres reprises ont eu lieu depuis vingt ans, à commencer par la Sabé (75 000 t d’aliments/an), située à Arques (Pas-de-Calais) et reprise par Aveve en 1993. Puis c’est le tour de Spoormans Vleeskippen en 2000, un intégrateur flamand de poulets de chair produisant environ 90 000 t d’aliments/an, et de Lannoo en 2004, un spécialiste de l’aliment cheval de sport (environ 20 000 t/an). La dernière acquisition a eu lieu en août 2011 avec la reprise de l’usine de l’allemand Muskator, située près de Manheim (120 000 t d’aliments/an).

« Nous n’avons pas de spécialisation par usine et chaque entreprise dont nous faisons l’acquisition garde son identité ; ceci est notre crédo », insiste Dirk Van Thielen. Leurs marques restent, permettant une continuité dans le marketing et la relation avec les clients. La répartition des tonnages fabriqués par le groupe Aveve ne diffère pas beaucoup de la répartition au niveau national, avec en tête l’aliment porc (52 % du total), suivi de l’aliment bovins (23 % du total), puis de l’aliment poulet de chair (11 %) et pondeuses (7 %). « Chacun des segments est important », lance Patrick Boone, même si Aveve garde une forte image de marque en porc, production la plus ancienne. « Presque tous les fabricants d’aliments belges fabriquent de l’aliment porc, alors que seuls quelques uns produisent de l’aliment pour bovins », ajoute M. Boone.

Le porc reste une production très intégrée en Belgique (avec un taux d’intégration de plus ou moins 30 %) – ce qui n’est pas la philosophie d’Aveve, qui préfère le marché libre – et on estime que plus de la moitié des porcheries dépassent 2 000 porcs. Pour l’heure, l’aliment poulet de chair est le secteur connaissant la plus forte croissance au sein du groupe Aveve, dont les membres éleveurs auront à faire face à deux challenges à l’avenir : la suppression des cages de poules pondeuses au 1er janvier 2012, puis la mise en liberté des truies un an plus tard du fait de la législation européenne en la matière.

Innovations et recherches

Que ce soit en porcs, en ruminants ou en volailles, Aveve Veevoeding développe en permanence des nouveautés pour répondre aux besoins de ses clients. En porcs tout d’abord, le groupe a lancé en 2010 la nouvelle gamme d’aliments truies FREIA, dont l’objectif est de faciliter la mise bas, stimuler la vitalité des porcelets, la production du lait ainsi que la fertilité des truies…

Philippe Caldier

… Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 653 – Janvier-Février 2012

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