Allemagne : la fibre dans tous ses états

Rettenmaier & Söhne (JRS) façonne des fibres d’origine naturelle issues du bois, de fruits ou de céréales pour de multiples applications. En nutrition animale, l’apport de fibre en quantité adéquate optimise la digestion et favorise le bien-être des animaux d’élevage et de compagnie. Des propriétés nutritionnelles et techniques que JRS développe au travers d’une gamme de fibre d’épicéa dédiée aux fabricants d’aliments. Reportage à l’usine de Rosenberg, berceau historique de JRS.

Pour prendre toute la mesure de l'usine de Rosenberg, il faut prendre un peu de hauteur.

Pour prendre toute la mesure de l’usine de Rosenberg, il faut prendre un peu de hauteur. (Copyright JRS)

Niché au cœur de la forêt, le site industriel de Rosenberg a des allures de grande scierie, sans vraiment en être une. Mais une chose est certaine : on y travaille le bois. « À l’origine, il n’y avait qu’un modeste moulin pour produire de l’huile et de la farine à partir de céréales. C’est aujourd’hui le siège du groupe, mais aussi le principal site de production pour les produits techniques JRS à base de fibres naturelles », présente Hans Wollmann, directeur de la division science du vivant.

Entreprise familiale, envergure internationale

Pour ces produits destinés au marché de la nutrition animale (Petfood compris), JRS réalise plus de 85 % de son chiffre d’affaires à l’export. En Europe, par tradition, mais aussi en Asie et plus particulièrement en Chine où l’entreprise s’implante progressivement. « Nous avons su faire preuve de patience pour conquérir ces nouveaux marchés asiatiques où tout reste à faire. Mais même en Europe, le potentiel de développement de nos activités reste important », explique Manfred Pietsch, à la tête du département nutrition animale. Pour preuve, l’activité qu’il dirige est celle qui affiche le plus fort taux de croissance du groupe. « Un dynamisme qui ne doit rien au hasard. Nous mettons l’accent sur l’innovation, avec une équipe de scientifiques qui étudient la fibre sous toutes ces coutures dans nos laboratoires équipés des dernières technologies. Les nouveaux produits sont ensuite testés au sein d’universités ou de centres d’étude publics reconnus, pour valider leur efficacité de manière indépendante. »

Chez JRS, la règle veut que chaque département propose deux évolutions de leurs gammes de produits chaque année. « De quoi stimuler l’innovation », assure Hans Wollmann.

Gérer durablement la matière première

La visite de l’usine de Rosenberg donne un aperçu du process de fabrication de la fibre destinée à l’alimentation animale. Tout commence avec la sélection du bois. « Nous utilisons exclusivement de l’épicéa, un bois exploité localement dans un rayon maximum de 100 km et dont les caractéristiques techniques correspondent à nos exigences ». Le bois utilisé par Rettenmaier est labellisé PEFC. Cette certification garantit le respect de standards écologiques, économiques, sociaux et éthiques dans la mise en œuvre de pratiques forestières. « Nous avons choisi de nous adosser à PEFC en réponse aux préoccupations de nos clients et aux exigences croissantes des autorités allemandes. Pour JRS, la ressource est essentielle. Il est donc normal que nous mettions tout en œuvre pour en assurer le bon renouvellement », fait valoir Hans Wollmann.

Une fois les troncs ébranchés et écorcés, seules les grumes sont suffisamment « nobles » pour les applications en nutrition animale, viennent les étapes du broyage, du séchage, du compactage et du tamisage.

Savoir-faire ancestral

Sans nous révéler tous les secrets du process de transformation, Nicole Unser, responsable qualité chez JRS, distille quelques informations. « À chaque étape, le plus grand soin est apporté à la matière première. Le bois est broyé en deux fois, d’abord grossièrement puis finement par un broyeur spécial qui respecte l’intégrité des fibres. La fine poudre ainsi obtenue passe au travers d’un compacteur, qui allie vapeur d’eau et pression pour former des plaques de fibres compactées. Dernière étape du process, la découpe et le tamisage des plaques pour obtenir des miettes de produit fini, à la granulométrie souhaitée. » L’essentiel, nous explique-t-on, c’est de ne pas endommager la texture fibreuse pour conserver les propriétés naturelles de la fibre de bois d’épicéa. « Un savoir-faire unique en matière de broyage, de fractionnement et d’affinage des fibres naturelles que nous entretenons depuis plus d’un siècle. Certaines meules de pierre, datant des années 1870, côtoient ainsi des outils dernier cri », glisse-t-elle.

Une équipe de quinze ingénieurs conçoit et entretient les lignes de fabrication des 23 usines du groupe. Les outils tels que les broyeurs, les compacteurs, les tamiseurs sont dessinés et fabriqués sur-mesure par cette équipe. « Aucune des principales machines utilisées chez JRS n’est standard », fait remarquer Nicole Unser.

De la fibre dans les rations

La fibre obtenue selon ce process de fabrication a de solides atouts du point de vue nutritionnel. Par nature, le bois fraîchement coupé ne contient aucun contaminant susceptible d’altérer sa qualité sanitaire. Un avantage de taille en comparaison des fibres issues des céréales dans lesquelles les mycotoxines se développent facilement, avec des conséquences sur les performances d’élevage.

Les concentrés de fibres produits par JRS pour la nutrition animale présentent par ailleurs un taux de fibre brute plus élevé que les autres sources de fibres généralement utilisées (au moins 65 %) et une très haute capacité de rétention d’eau (1 gramme de fibre JRS retient 8 grammes d’eau). « Les animaux d’élevage ont besoin d’énergie, de protéines, de minéraux, mais aussi de fibres. Les nutriments présents dans les rations sont correctement métabolisés à condition que le système digestif de l’animal fonctionne bien. Avec un faible taux d’incorporation dans les formules, nos gammes de fibre couvrent les besoins spécifiques de chaque espèce. Les fibres insolubles s’adressent aux monogastriques, aux ruminants, mais aussi aux poissons d’élevage et aux animaux domestiques », explique Manfred Pietsch, directeur du département nutrition animale.

O. W.

… Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 679 septembre 2014

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