Vegepolys Valley – Répondre aux défis sociétaux

Pôle de compétitivité dédié au végétal, Vegepolys Valley a tenu son assemblée générale le 29 avril dernier. Deux tables rondes figuraient au programme. L’autonomie protéique constitue un axe de recherche de la structure.

Vegepolys Valley a tenu son assemblée générale le 29 avril dernier. La réunion s’est déroulée en visioconférence. À cette occasion, Séverine Darsonville, la présidente du pôle de compétitivité, nous a accordé un entretien téléphonique. Elle évoque l’origine, la stratégie et les projets de l’entité.

La Revue de l’alimentation animale : Pouvez-vous nous raconter l’histoire de Vegepolys Valley ?
Séverine Darsonville : Vegepolys Valley est né le 27  juin 2019 de la fusion de Céréales Vallée-Nutravita et de Vegepolys. L’État souhaitait des pôles de compétitivité à dimension européenne. Or les deux structures avaient besoin d’une vision transversale du végétal. Par exemple, les solutions de biocontrôle en potagères intéressent les grandes cultures et réciproquement.

R.A.A. : Sur quelle zone géographique êtes-vous présents ?

Séverine Darsonville, présidente de Vegepolys Valley : « Le végétal répond à de nombreuses problématiques ».

S.D. : Nous sommes présents en Bretagne, Pays de la Loire, Centre-Val de Loire et Auvergne-Rhône-Alpes. Notre territorialité est étendue et notre pôle est devenu national car 25 % de nos adhérents se trouvent en dehors de ces quatre régions.

R.A.A. : Comment la fusion des deux pôles s’est-elle déroulée ?
S.D. : Sur l a base de ce qui avait été réfléchi, la fusion a été facile à mettre en oeuvre. Cependant, le soutien de l’État aux pôles a changé puisqu’il a décidé de régionaliser leurs politiques. (…) La mise en relation entre adhérents est une activité essentielle. En raison de la crise sanitaire, nous avons dû nous organiser. Après notre assemblée générale, nous avons organisé des face-à-face. Les adhérents sont friands d’échanges avec des acteurs d’autres filières qui peuvent leur apporter des solutions.

R.A.A. : Combien le pôle compte-t-il d’adhérents ?
S.D. : Nous sommes environ cinq cents. Il s’agit de start-up, de TPE, de PME, d’entreprises de taille intermédiaire, de grands groupes, d’organismes de recherche, d’instituts techniques, de chambres consulaires, d’organismes de formation et de collectivités locales.

R.A.A. : Vous êtes agricultrice dans le Puy-de-Dôme et administratrice de Limagrain. Pour quelles raisons avez-vous souhaité présider Vegepolys Valley ?
S.D. : La recherche et l’innovation me passionnent. Par ailleurs, rencontrer des adhérents de différentes filières est enrichissant.

R.A.A. : Quelles sont vos orientations stratégiques ?
S.D. : Pour 2021, le conseil d’administration a défini neuf thèmes : l’agroécologie, les protéines végétales, la naturalité (santé des hommes, des animaux et des végétaux, chimie verte, etc.), la digitalisation, les nouvelles filières (diversification et relocalisation), la gestion de l’eau, la valorisation des coproduits et la stratégie d’entreprise durable (responsabilité sociétale des entreprises, économie circulaire et coopération internationale). Deux d’entre eux seront mis en avant : le climat et la création de valeur.

R.A.A. : Quel a été l’impact de la Covid-19 sur votre activité en 2020 ?
S.D. : Au départ, le fonctionnement de nos équipes a été perturbé. Maiselles avaient l’habitude de travailler en visioconférence. Le basculement opérationnel a eu peu d’impact. Nos webinaires ont rencontré un grand succès et nous avons mis en place le parcours du déconfiné, boîte à outils destinée à répondre aux questions sur les aides de l’État, etc. Si nous n’avons pas pu compenser notre absence aux salons qui ont été annulés, nous avons maintenu les liens avec les adhérents et monté des projets.

R.A.A. : Quelles seront vos priorités pour 2021 et les années futures ?
S.D. : À l’initiative des Régions Bretagne et Pays de la Loire, nous avons lancé le projet Climatveg. Celui-ci r assemble plus de soixante partenaires. Quel sera le climat en 2050 ? Quelles sont les espèces qui apporteront des solutions  ? Nous devons également travailler le sol différemment. Lorsque celui-ci est bien pourvu en matière organique, il est plus résilient. Le projet comporte  un volet stockage du carbone et un volet gestion de l’eau à l’échelle de la parcelle, de l’exploitation et du territoire. La ressource devra être gérée au niveau du bassin-versant. Ce projet durera trois  ans.

R.A.A. : En conclusion, Vegepolys Valley est en ordre de marche pour répondre aux défis sociétaux de demain !
S.D. : Exactement ! Le végétal répond à de nombreuses problématiques. Il faut que nous nous en saisissions afin d’être à la hauteur des attentes de notre temps.

 

Propos recueillis par Gilles Hardy

 

Retrouvez l’article dans la RAA n°748

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