Snia/ Coop de France NA : « Notre métier, c’est aussi de communiquer »  

Deux récentes conférences de presse, l’une quelques jours avant et l’autre pendant le Space, ont donné l’occasion aux syndicats de la nutrition animale de s’exprimer devant la presse. Au sommaire : chiffres de production, prix des matières premières, approvisionnements durables et quelques questions d’actualité. Le Snia et Coop de France nutrition animale ont aussi profité de l’occasion pour présenter leur nouveau kit de communication.

De gauche à droite : Alexander Döring, secrétaire général de la Fefac, Ruud Tijssens, président de la Fefac, Alain Guillaume, président du Snia, Stéphane Radet, directeur du Snia.

De gauche à droite : Alexander Döring, secrétaire général de la Fefac, Ruud Tijssens, président de la Fefac, Alain Guillaume, président du Snia, Stéphane Radet, directeur du Snia.

Les syndicats de la nutrition animale se sont inquiétés de la conjoncture économique toujours fragile pour les filières animales. Et pour cause, les chiffres de la production nationale font état d’un exercice juin 2013/juin 2014 chahuté, conclu par une baisse de 0,5 % des fabrications totales d’aliments. Plus en détail, on ne peut que constater le ralentissement subit par le secteur porcin dans toutes les régions de production. « Les usines marquent le coup, avec une chute de 3,4 % des fabrications d’aliments pour cette espèce », s’inquiète Alain Guillaume, président du Snia. Son homologue de Coop de France Nutrition Animale fait le même constat pour la filière volaille. « La baisse est globalement moins marquée, mais elle cache d’importantes disparités régionales. Ainsi, l’Est et le Nord progressent, alors que la Bretagne et le Sud-Est connaissent des difficultés. » Tout n’est pas si noir puisque l’aliment bovin est une nouvelle fois orienté à la hausse (+2,8 % entre juin 2013 et juin 2014), dans tous les bassins de production excepté le Sud-Ouest. À l’heure des prévisions pour l’exercice 2014, les syndicats évoquent « une nouvelle baisse des fabrications », à hauteur de 150 000 tonnes, soit -0,7 %. « Un pronostic qui devra être affiné d’ici quelques mois », glisse Jean-Luc Cade, président de Coop de France NA.

Conjoncture matières premières

Du côté des matières premières, la nutrition animale semble avoir quelques opportunités. « Les volumes de blé français sont au rendez-vous mais la qualité est assez disparate. Les organismes stockeurs devront caractériser avec beaucoup d’attention les blés, suivant les débouchés. » Cette année, une part significative des blés destinés aux meuneries pourrait être écartée du débouché « meunerie » car ne satisfaisant pas aux critères exigés par la boulangerie (indice de chute de Hagberg, taux de protéines…). La qualité sanitaire elle, est « satisfaisante », estiment les syndicats qui soulignent la faible contamination en mycotoxines des blés récemment récoltés. « La seule incertitude concerne le taux de protéines très variable selon les régions de culture. Mais c’est justement notre métier de formuler les rations en fonction des taux de protéines de chaque matière première », fait remarquer Jean-Luc Cade. Bien sûr, on constate une baisse des prix des blés. Toutefois, « on reste à des niveaux plus élevés qu’en 2009, autour de 160 euros la tonne. Il faudra également être attentif aux équilibres qui se feront après la récolte de maïs. »

Bien qu’orientés à la baisse depuis quelques mois, les tourteaux ainsi que les autres produits cellulosiques restent à des niveaux de prix élevés. « Il y a un effet dollar. La parité monétaire renchérie nos importations d’environ 15 euros la tonne », souligne les syndicats.

Décollage et atterrissage en douceur

Pour autant, le Snia et Coop de France NA se réservent bien de prédire l’ampleur de la baisse des prix des aliments que les éleveurs peuvent espérer ses prochains mois. « Les éleveurs nous pressent de baisser le prix de l’aliment. C’est méconnaître l’effet de lissage inhérent à la fabrication industrielle. » Concrètement, si le prix de l’aliment baisse moins vite que celui des céréales, c’est aussi parce qu’il augmente moins vite lorsque le marché des matières premières s’enflamme. Les usines se couvrent par des politiques d’achat à moyen et long terme. « Un décollage et un atterrissage en douceur », illustre Jean-Luc Cade.

Dans un contexte de volatilité des prix, on pourrait s’attendre à un développement des contrats d’achats d’aliments à long terme. Les syndicats constatent cependant le peu de succès obtenu auprès d’éleveurs frileux dès lors qu’il s’agit de s’engager sur une longue durée. « Certains fabricants ont fait des propositions très construites à leurs clients, mais en dehors des filières intégrées comme la volaille, ça ne prend pas. » Le Snia et Coop de France avancent la forte concurrence entre fabricants d’aliments en porc comme explication, tout en évoquant la trop lente évolution des mentalités. « La gestion du risque sera l’une des composantes du métier d’éleveur ces prochaines années. On devrait donc voir les signatures de contrats de livraison sur des périodes plus longues se multiplier. »

O.W.

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 680 octobre 2014

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