Nutrition animale et certification : succès du séminaire GMP+ International+

L’un des leaders mondiaux dans le domaine de la certification pour l’industrie de l’alimentation animale, la société GMP+ International a organisé un séminaire le 20 novembre 2019 à Paris pour faire le point sur ses activités et ses projets.

Le séminaire GMP+ avait lieu dans les prestigieux salons de l’Ambassade des Pays-Bas à Paris.

Le séminaire GMP+ ayant lieu dans le prestigieux cadre de l’Ambassade des Pays-Bas à Paris, les premiers propos d’accueil à cette réunion ont été prononcés par M. Dirk-Jan Nieuwenhuis, ambassadeur-adjoint. « Les relations commerciales entre la France et les Pays-Bas se sont récemment renforcées, probablement du fait du Brexit, affirme M. Dirk-Jan Nieuwenhuis. C’est le bon moment pour être en France pour des sociétés innovantes telles que GMP+ International et nous avons aussi beaucoup appris de ce pays en matière de géostratégie. »

Deux schémas de certification
Dans sa première intervention intitulée Engagement de GMP+ International dans l’industrie française de l’alimentation animale : durabilité, sécurité et sûreté, Johan den Hartog, directeur GMP+ International, rappelle tout d’abord les challenges de l’industrie agroalimentaire d’ici 2050 : nourrir dix milliards d’êtres humains sans augmentation des surfaces agricoles et en diminuant de près de -70 % les émissions de CO2. « Il existe un large panel de solutions pour diminuer les émissions agricoles de CO2 de 70 % », précise le conférencier qui rappelle que la France arrive en 2018 en tête du classement international pour l’index de durabilité alimentaire (76,1 %), suivie des Pays-Bas (75,6 %), du Canada (75,3 %), puis de la Finlande (74,1 %) et du Japon (73,8 %). « Notre mission, que ce soit pour le marché français ou à l’international, est de développer des schémas de certification qui aident les entreprises à produire de l’aliment sain », affirme Johan den Hartog.
Pour ce faire, deux types de certification ont été développés par GMP+ International : GMP+ Feed Safety Assurance (FSA) pour couvrir toute la feed supply chain ou la sécurité alimentaire des aliments pour animaux, et GMP+ Feed Responsibility Assurance (FRA), cette dernière venant attester deux points depuis 2016 : l’utilisation de soja responsable dans les aliments bovins lait, volailles et porcs, et le contrôle de la présence d’OGM dans les aliments.
« Cette certification couvrira d’autres points dans un proche avenir, tels que l’approvisionnement local en matières premières, l’approvisionnement en matières premières pour l’aliment bio ou l’empreinte carbone des aliments », complète Johan den Hartog qui précise ensuite la place de leader de GMP+ International dans le monde en matière de certification des aliments pour le bétail, chiffres à l’appui.

600 000 t de soja européen certifié en 2018
Puis Vladimir Pugachov, responsable qualité de l’association Donau Soja, fait une présentation sur l’approvisionnement en soja durable selon les standards Europe Soya et Donau Soja développés par l’association Donau Soja. Cette dernière, créée en 2012 et basée à Vienne en Autriche, compte plus de 280 membres de 25 pays et vise à promouvoir la production de soja durable en Europe. « Les importations de soja en Europe sont couvertes par 12 millions d’hectares répartis en Amérique du Nord et du Sud », précise le conférencier au début de son intervention. Mais ces surfaces proviennent le plus souvent de déforestation illégale, avec une production de soja non durable faisant notamment appel à des pesticides interdits. La part des surfaces dédiées au soja est très variable d’un pays à l’autre : 2 % des surfaces agricoles totales en Europe, 18 % en Amérique du Nord, 41 % en Amérique du Sud, et même 71 % pour le Paraguay. Si l’Europe reste très dépendante de ses importations pour satisfaire ses besoins en soja, c’est la région du monde qui a connu la plus forte croissance des surfaces emblavées depuis la dernière décennie. Les surfaces européennes dédiées au soja ont en effet doublé en sept ans, passant de 2,2 à 4,3 millions d’hectares de 2011 à 2018, avec des prévisions à 6 millions d’hectares d’ici 2025, soit une hausse de +40 %. L’Ukraine et la partie européenne de la Russie dominent largement le palmarès européen des surfaces en soja, avec respectivement 1,7 et 1,3 million d’hectares en 2018.
« De plus en plus de sociétés (traders, fabricants d’aliment, groupes agroalimentaires) recherchent des alternatives au soja importé du Brésil », affirme Vladimir Pugachov qui précise ensuite quels sont les deux standards de qualité développés par Donau Soja : Donau Soja pour le soja provenant de la région du Danube et Europe Soya pour le soja en provenance d’Europe. Dans les deux cas, le soja est garanti durable, non OGM et provenant de surfaces n’ayant pas fait l’objet de déforestation ou de conversion. Puis le conférencier décrit les trois étapes du système de contrôle de ces deux standards : auto-contrôle avec un système d’assurance qualité, contrôle externe par des organismes de certification indépendants et inspections de supervision réalisées par Donau Soja. Le contrôle de l’origine du soja est réalisé via une banque de données mondiales dénommée Soya Isotope Database. Cette dernière regroupe les caractéristiques de plus de 800 échantillons de soja à travers le monde, avec un focus particulier sur les sojas européens. « 600 000 t de soja certifié durable et non OGM ont été produites en Europe en 2018 par 8 500 producteurs certifiés », conclut le conférencier qui ajoute que des discussions sont en cours pour établir un partenariat entre GMP+ International et l’association Donau Soja.

Alan Baccon, responsable GMP+ Certis, pendant sa présentation sur les étapes de la certification GMP+.

Définir le périmètre de certification
Dans la présentation suivante, Alan Baccon, responsable GMP+ Certis, décrit la démarche pour obtenir la certification GMP+ ainsi que les clés d’une certification réussie. Créé en 1993, Certis est l’un des organismes certificateurs en France reconnu par GMP+ International pour la certification GMP+ FSA. « Deux schémas de certification existent, le GMP+ FSA et le GMP+ FRA, et un projet de refonte/réorganisation des schémas est en cours, le Project GMP+2020 », rappelle tout d’abord Alan Baccon qui ajoute que la démarche GMP+ FSA est « une certification volontaire sur la sécurité des aliments pour animaux à toutes les étapes de la chaîne de production ». Elle repose notamment sur les thématiques suivantes : qualité des produits, maîtrise des fournisseurs, système d’alerte précoce (EWS), traçabilité des pratiques, HACCP, management qualité (FSMS). Concrètement, l’entreprise est certifiable pour une ou plusieurs activités concernées : transport, stockage, analyses ou pour la production de matières premières, d’aliments composés, d’additifs ou de prémélanges. « La certification s’appuie sur différents référentiels en fonction de la portée de celle-ci », précise ensuite le conférencier qui ajoute : « GMP+ FSA est une certification de filière mais n’est pas linéaire. L’ensemble des fournisseurs de produits et services concernés (transport, stockage, analyses) doit être certifié GMP+ (ou équivalent). Par ricochet, cette règle s’applique aux fournisseurs du fournisseur. » Par ailleurs, GMP+ International reconnaît d’autres schémas de certification, notamment pour la maîtrise des fournisseurs, une liste de certifications agréées étant établie dans le document GMP+ BA10. Ainsi, un producteur d’aliment certifié GMP+ aura plusieurs situations possibles : il pourra acheter du blé à un fournisseur certifié CSA/GTP (mais pas des tourteaux), il pourra affréter un transporteur routier certifié Qualimat-Transport, et acheter des aliments composés (noyaux par exemple) à une entreprise certifiée RCNA.
Un accord temporaire de reconnaissance mutuelle entre GMP+ International, Qualimat et Oqualim avait été signé pour la période 2017-2019 pour la production de prémix et d’aliment du bétail, et il a fait l’objet d’une prolongation jusqu’à fin 2020.
Alan Baccon termine sa présentation en rappelant les étapes d’une certification réussie. « Avant de s’engager, il est important de déterminer son périmètre de certification en fonction de son activité et des exigences des clients », affirme le conférencier qui insiste sur l’importance de la préparation de l’audit par l’entreprise désireuse de s’engager dans une démarche de certification. Pour résumer, cette dernière compte quatre étapes avant l’audit, suivie d’une validation technique aboutissant à la certification. « La certification est une démarche stratégique et nous aidons nos clients à innover et à trouver de nouveaux ingrédients ou gisements de matières premières », conclut Alan Baccon.

Équipe pluridisciplinaire
Puis deux présentations complémentaires à celle d’Alan Baccon vont se succéder. Audrey Gueneveux, Feed Consultant de All4Feed pose la question : « Ingrédients, certification et innovation sont-ils compatibles ? » Audrey Gueneveux invite tout d’abord les candidats à la certification à créer une équipe pluridisciplinaire pour la définition stratégique du projet, tant sont nombreuses les problématiques auxquelles elle doit faire face pour passer de l’idée au produit fini : Est-ce une forme galénique spécifique ? Est-ce une mise en avant d’une substance contenue dans un ingrédient ? Est-ce une espèce non encore concernée par l’idée ? Est-ce une nouvelle substance ? Puis, selon la conférencière, plusieurs étapes successives doivent avoir lieu avant d’intégrer une certification : choisir l’allégation et son niveau d’engagement, positionner son produit et choisir son périmètre marché. « Des allégations fortes sont possibles sous réserve des preuves et il existe trois niveaux d’allégation », explique Audrey Gueneveux. Allégations sur la composition ou sur des spécificités nutritionnelles, allégations fonctionnelles et physiologiques, et allégations en lien avec la conduite d’élevage. « Les dossiers de preuves sont demandés pour les pays européens et apportent de la crédibilité dans les autres pays », complète Audrey Gueneveux qui ajoute que chaque entreprise est responsable de ses allégations. « Le choix d’une norme est stratégique selon le produit et le périmètre marché, conclut Audrey Gueneveux. J’estime qu’il existe une manière infinie d’innover quand on accompagne et qu’on réfléchit en amont à l’objectif final du produit et à chaque étape de son développement. »
« On nous a aidés à structurer notre travail et notre pensée et à formaliser les choses », témoigne ensuite Fanny Giudicelli, fondatrice et directrice de Marine Akwa, une société française créée il y a trois ans et certifiée GMP+ depuis un an, pour donner suite à la demande de clients à l’export. Spécialisée dans les solutions d’origine marine pour les élevages de crevettes et de poissons avec une forte activité à l’export, notamment en Asie et en Amérique latine, Marine Akwa s’est entourée du cabinet All4Feed et de Certis pour obtenir la certification GMP+. « La démarche de certification n’est pas simple pour une petite structure comme la nôtre (nous avons commencé avec quatre salariés) et elle nous a apporté une vraie valeur par rapport à nos clients », témoigne Fanny Giudicelli.

Complémentarité
Dans une dernière présentation, Dominique Bricard, président de Qualimat, a fait le point sur l’association professionnelle créée en 1978 avec deux objectifs initiaux : assurer une surveillance nutritionnelle et sanitaire des matières importées, et créer une plateforme d’échange et d’expertise sur les problématiques communes de qualité nutritionnelle et de sécurité sanitaire. Forte de 53 adhérents (33 fabricants du Grand Ouest, 7 firmes-services nationales, 11 fournisseurs, 2 organisations professionnelles), Qualimat s’est progressivement développée dans quatre domaines d’activités : le contrôle des matières premières (Qualimat Contrôle créé en 1978), la surveillance des substances indésirables (Qualimat Surveillance créé en 1989), le transport (Qualimat Transport créé en 2001) et l’amont (Qualimat Amont créé en 2011). « Il existe une complémentarité des dispositifs professionnels et des schémas de certification », commente Dominique Bricard. Concrètement, il existe une équivalence entre Qualimat Transport et GMP+ International, et une complémentarité dans trois domaines : plan de surveillance additionnel, gestion des signaux et diagnostics techniques chez les fournisseurs. « Il est important de continuer à collaborer en étant simple et pragmatique, la sécurité sanitaire n’ayant pas de frontières », conclut M. Bricard.
« La collaboration avec des sociétés partenaires, telles que producteurs d’aliment du bétail ou groupes agroalimentaires, est la clé de notre succès », conclut pour sa part Johan den Hartog qui ajoute que GMP+ International travaille avec 35 organismes certificateurs de par le monde, sans oublier un réseau d’instituts de formation tels que Agri Food Academy, Asfona (la formation continue agricole en France) ou Schothorst Feed Research (Pays-Bas).

P. Caldier

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