Minéraux

Les nouveautés de l’automne Le Space 2009 a permis de découvrir les nouveautés de l’année en matière de minéraux élevage. L’innovation se poursuit, dans un contexte économique délicat, en raison notamment des difficultés de la filière laitière.

Aliphos prêt à des alliances

Frank Ruyseveldt (Marketing & planing Manager), Paolo Cerato (Sales Director), Alain Leroy (Sales Manager France, Africa & Middle East).

Depuis janvier 2009, la fabrication et la commercialisation des phosphates du groupe Tessenderlo ont été logées dans une unité autonome dédiée, Aliphos. Dirigée par Patrick Losson, elle couvre toute l’Europe occidentale. La division Aliphos possède deux usines (à Vlaardingen aux Pays-Bas et à Cologna- Veneta en Italie), l’usine de Ham (Belgique) travaillant pour elle en sous-traitance. « Il ne s’agit pas d’une réorganisation cosmétique, mais substantielle. Fini le dogme de la grandeur. Nous sommes ouverts aux coopérations. Nous pouvons acheter ou être vendus », explique Frank Ruyseveldt, Marketing & Planning Manager d’Aliphos. Aliphos entend bien profiter de sa « liberté d’association avec des partenaires » – quitte à quitter le giron de Tessenderlo –, sur un « marché qui ne croît plus et où existent des surcapacités importantes ». À tel point qu’il « est probable que des usines vont disparaître ». Côté prix, les phosphates ont parcouru à la baisse, en 2009, le chemin qu’ils avaient parcouru à la hausse en 2008. L’acide phosphorique est retombé à 550 dollars la tonne après avoir atteint 2 500 $/t un an auparavant. Dans l’intervalle, les ventes de phosphates en nutrition animale auront néanmoins diminué d’environ 30 % : la baisse des cheptels, une moindre teneur en phosphate dans les formules (parfois allégées de moitié) et la généralisation des phytases expliqueraient, à part à peu près égales, ce repli. Le marché offre toujours aussi peu de visibilité à trois mois, constate encore Alain Leroy, Sales Manager France, Africa & Middle East, en rappelant que ce sont les engrais qui donnent le la en matière de phosphates. Très loin devant la nutrition animale, qui représente environ 7 % de la consommation mondiale. Outre les différents phosphates (bicalciques, monocalciques, monobicalciques…), Aliphos propose des bis-glycinates de cuivre, manganèse et de zinc à la marque AliGlys®. Les gammes n’évoluent pas en 2009.

Calcialiment : un Innov’Space 3 étoiles pour le Calci-Scan

Alain Coupel, directeur R & D de Calcialiment, présente le CaliScan, un outil d'aide à la décision en matière d'utilisation de coproduits liquides en ferme.

Calcialiment (Pleudihen – 22) a décroché un Innov’Space 3 étoiles pour le Calci-Scan, présenté comme un « arbre de décision pour l’utilisation des coproduits humides pour la fabrication des aliments à la ferme ». Tous les fafeurs ne sont pas également sensibilisés à la démarche HACCP associée au règlement hygiène, explique Alain Coupel, directeur R & D. Pour les accompagner, Calcialiment a donc conçu (après 18 mois de travail) le Calci-Scan comme un itinéraire de raisonnement permettant de qualifier des coproduits au regard de la sécurité alimentaire (les coproduits humides sont particulièrement exposés au risque de développement microbien). Bâti autour d’un tableur Excel, Calci-Scan envisage successivement la présentation du coproduit et du fournisseur, puis l’évaluation et la gestion du risque amont (risque fournisseur), et enfin l’évaluation du risque au stockage et à l’usage en ferme (risque élevage). Une heure de dialogue entre l’éleveur et son technicien est en moyenne nécessaire pour renseigner le tableur et qualifier le coproduit. S’il est retenu, Calcialiment pourra lui associer une préconisation en termes de minéraux.

Carmeuse : certification Iso 22000

Emmanuel CHAUCHARD " le Marché est assez compliqué en raison d'une baisse d'activité et de l'arrivée de nouveaux intervenantssur l'Ouest. Il en résulte une baisse des prix assez forte"

Carmeuse France a obtenu, courant 2008, sa certification Iso 22000 (sécurité sanitaire) au titre du « développement, de la production et de la livraison de carbonate de calcium à destination de l’alimentation animale ». Elle vient s’ajouter aux certifi cations Iso 9001:2000 et GMP + déjà obtenues par l’entreprise, rappelle Emmanuel Chauchard, chef des marchés industriels région Ouest. Carmeuse France a commercialisé 1,6 million de tonnes de produits (carbonates de calcium et chaux) et réalisé un chiffre d’affaires de 70 millions d’euros en 2008. L’entreprise emploie 170 personnes et compte 13 sites de production à travers la France.

Nutrilac : nouvelle gamme Blockemel

Nutrilac lance, début 2010, une nouvelle gamme Blockemel, largement refondue, axée sur le léchage et, partant, la salivation des ruminants. Virginie Delattre, chef produit, revient sur la genèse de cette nouvelle ligne de produits : l’animal ne consomme pas le seau à lécher simplement pour assouvir ses besoins en minéraux, oligoéléments ou vitamines, mais également par nécessité de saliver et de tamponner son rumen, a fortiori en présence de rations acidogènes. Ce constat a poussé Nutrilac à incorporer des actifs de plantes (concept S-max, dont la formulation précise n’est pas dévoilée) dans tous les produits de la gamme Blockemel.

Gérard Bach, directeur du site Nutrilac de Verton (62) et Virgine Delattre, chef de produit

Non sans en vérifier l’efficacité, tant en termes d’impact sur le léchage que de pH du rumen, au CRZA – le Centre de recherches zootechniques appliquées de Château-Thierry (Aisne) appartient à Inzo°, l’actionnaire majoritaire de Nutrilac. Au sein de la gamme Blockemel (vendue via les laiteries), on note le remplacement du Blockemel Oligovit par le Blockemel Rumen. La nouvelle formulation met l’accent sur la rumination (sécurité pH via des levures vivantes Levucell, des acides carboxyliques, des substances tampons) et la nutrition des micro-organismes (phosphates monosodiques et monoamoniques, cobalt, oligoéléments, levure de bière, sucres…). Le Blockemel Équilibre (tarissement et gestation) incorpore des chélates de glycine (comme d’ailleurs le reste de la gamme) ainsi qu’une source de sélénium organique. Le Blockemel Junior (sevrage et croissance) fait appel à des levures vivantes (pour développer le rumen) et à des pectines (pour réguler le transit intestinal). Le Blockemel Herbe incorpore des chélates de magnésium ainsi que deux argiles (sépiolite et zéolite) dans le but d’améliorer le transit et le captage de l’ammoniac. Le Blockemel Phosphocal (croissance, production) devient le Blockemel Premium. Sur le Space, Nutrilac présentait par ailleurs le Diamine RTM, un produit diététique liquide, ainsi qu’une pompe Duo-Jet (fabrication ACS) qui permet le dosage et la distribution de liquides (deux produits différents éventuellement) au Dac (voir la RAA n° 631 page 33). Basé à Verton, dans le Pas-de-Calais, Nutrilac emploie 33 collaborateurs. Le chiffre d’affaires s’est établi à 15 millions d’euros en 2008 pour une production de 22 000 tonnes de seaux à lécher, dont 40 % exportés. L’entreprise est agréée GMP et QS.

Oxfort/KNZ® : la gamme Tradition s’enrichit

Lionel Thourin (KNZ) et Anne-Lise Frésard (Oxfort) dévoilaient au Space une gamme de blocs Tradition inédite.

La société Oxfort, basée à Longvic en Côted’Or, est le distributeur exclusif des blocs de sel et de minéraux KNZ® (groupe AkzoNobel) sur la France depuis juillet 2008, dans le cadre d’une « stratégie commerciale comAXIODIS AXIOTRANS Module d’exécution et suivi des tournées www.optilogistic.fr mune », témoignent Anne-Lise Fresard, responsable Achats et Division Sel d’Oxfort, et Lionel Thourin, Sales Manager Salt Specialties KNZ France. À l’occasion du Space 2009, les deux partenaires ont lancé trois nouvelles spécialités dans la gamme des blocs minéraux Tradition destinés aux bovins. Au bloc traditionnel (KNZ® Tradition Universal) viennent s’ajouter le bloc Production (enrichi en niacine et en oligoéléments à destination de la vache laitière), le bloc Fécondité (enrichi en iode, en sélénium et en vitamine E) et le bloc Croissance (des teneurs élevées en magnésium et en calcium visent à « stimuler la croissance du jeune bétail »). Oxfort commercialise par ailleurs une gamme de suppléments nutritionnels « très concentrés à distribuer sous forme de cures », fabriqués à façon et à la carte au nom du client, en petite série si nécessaire. Ce service témoigne de la « réactivité » d’Oxfort, insiste Anne-Lise Fresard. Ces suppléments nutritionnels, issus d’un procédé de « granulation douce » (à froid), associent vitamines, oligoéléments, acides aminés ou autres additifs et matières premières dans un but nutritionnel précis. Ils sont élaborés dans le respect du code de bonnes pratiques de fabrication des suppléments nutritionnels. Oxfort emploie une vingtaine de personnes et commercialise annuellement environ 5 000 tonnes de minéraux et 16 000 tonnes de sel.

Rémond : la gamme « Génial »

Chez Rémond (Groupe Pilardière), la grande nouveauté de l’année 2009 tient dans le lancement – en partenariat avec Alltech et Codelia – de Génial, « la 1ere gamme minérale alliant génétique et alimentation » (voir la RAA n° 630 page 32). Rémond, qui emploie une cinquantaine de personnes à St-Mars-la- Réorthe (Vendée), a produit 52 000 tonnes de minéraux lors de la dernière campagne (granulés, semoules, farines, seaux, pierres…). Une évolution conforme à celle du marché, analyse Hervé Patriat, directeur du développement de Groupe Pilardière.

Benoît Contour

la Revue de l’alimentation animale – décembre 2009 – RAA 632

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