Ipiff : quand les producteurs d'insectes parlent d'une seule voix

Le 13 avril dernier à Bruxelles, des producteurs d’insectes de plusieurs pays ont exprimé leur souhait de se rassembler et de parler d’une seule voix devant les institutions européennes. Une plateforme a été créée et avec elle plusieurs objectifs et projets. Présentation.

Depuis quelques années et dernièrement lors des derniers débats Vigie Matières Premières (Céréopa) présentés au mois de décembre 2014 à Paris, les alternatives aux sources de protéines conventionnelles misent sur les insectes (voir RAA 683). Outre leurs qualités nutritionnelles reconnues, des questions en matière d’élevage et de réglementation restent à être éclaircies. Des producteurs d’insectes ont donc souhaité s’unir autour d’une plateforme commune afin de renforcer leur voix et permettre d’accélérer l’évolution de cette filière.

Un socle commun : l’Ipiff

« La législation européenne devrait être adaptée pour permettre l’utilisation de produits d’insectes comme source de protéines animales pour la consommation humaine et l’alimentation animale », demande formulée par les producteurs d’insectes lors d’une réunion, le 13 avril dernier à Bruxelles, à l’occasion de laquelle ils ont formellement lancé l’Ipiff* : Plateforme internationale d’insectes pour la nutrition et l’alimentation animale. À ce jour, l’association, à but non lucratif, se compose d’entreprises productrices d’insectes basées aux Pays-Bas, en France, en Allemagne, au Brésil et en Afrique du Sud. Elle reste ouverte à toute entreprise de la chaîne alimentaire concernée par la production d’insectes.

De gauche à droite : Wolfgang Trunk, responsable de l’alimentation animale au sein de la DG Santé, Pekka Pesonen, secrétaire général de Copa-Cogeca, Antoine Hubert, président de l’Ipiff et directeur de Ynsect et Tarique Arsiwalla, vice-président de l’Ipiff et co-fondateur de Protix. Copyright : Ipiff

De gauche à droite : Wolfgang Trunk, responsable de l’alimentation animale au sein de la DG Santé, Pekka Pesonen, secrétaire général de Copa-Cogeca, Antoine Hubert, président de l’Ipiff et directeur de Ynsect et Tarique Arsiwalla, vice-président de l’Ipiff et co-fondateur de Protix. Copyright : Ipiff

La session inaugurale de la plateforme s’est tenue en présence de hauts représentants des institutions européennes et des parties prenantes du secteur. Wolfgang Trunk, responsable pour les questions de nutrition animale au sein de la Commission européenne pour la santé et la sécurité alimentaire (DG Santé), apprécie « le fait que les producteurs d’insectes ont maintenant uni leurs forces. Nous sommes heureux d’avoir maintenant un partenaire unique dans nos contacts journaliers. »

La création de l’Ipiff fut aussi saluée par Pekka Pesonen, responsable de l’organisation des agriculteurs et des agro-coopératives européennes Copa-Cogeca qui a souligné « l’importance de communiquer ouvertement avec les partenaires et les consommateurs sur les bénéfices des protéines à base d’insectes », et par Alexander Döring, secrétaire-général de la Fédération européenne des producteurs d’alimentation animale, la Fefac.

Une législation à créer

ACTU_AssoInsecte_Logo« Grâce à la création de la plateforme Ipiff, nous voulons tout mettre en œuvre pour que les protéines d’insectes soient à la disposition des agriculteurs, des entreprises et des consommateurs au sein de l’Union européenne, souhaite le président de l’Ipiff Antoine Hubert, également directeur de la société française Ynsect. La législation européenne actuelle n’est pas prévue pour couvrir les spécificités des protéines d’insectes. Ce manque de clarté juridique met en danger les investissements et les plans de productions des entreprises et, de ce fait, réduit la possibilité d’offrir cette source de protéines. »

Aujourd’hui, les entreprises européennes productrices d’insectes produisent essentiellement pour l’alimentation d’animaux domestiques. « Pourtant, le potentiel de la farine d’insectes est immense, surtout pour le secteur de l’aquaculture. Nous appelons à la révision de la législation en matière d’alimentation animale afin de permettre aux produits d’insectes élevés sur substrats d’origine végétale à 100 %, d’être utilisés comme source de protéines pour l’aquaculture, la volaille et la filière porcine. »

« Les techniques de production ont été développées ces dernières années et peuvent désormais être déployées à grande échelle, tout en adhérant à des procédures strictes en matière de gestion des risques, explique le vice-président de l’Ipiff et co-fondateur de Protix, Tarique Arsiwalla. De ce fait, les produits dérivés d’insectes pourront être utilisés pour la consommation humaine et l’alimentation animale à des prix compétitifs en respectant les normes européennes en matière de sécurité alimentaire et d’alimentation animale. »

(…)

Caroline Morice

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 686 mai 2015

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