Insectes : l’Ipiff publie un premier guide de bonnes pratiques

La plateforme a récemment édité le premier guide relatif aux bonnes pratiques d’hygiène en matière d’élevage d’insectes pour l’alimentation humaine et animale. Un outil destiné aussi bien aux professionnels du secteur qu’aux autorités européennes, dans le but d’adapter la législation, d’uniformiser les pratiques et de favoriser une communication transparente.

L’Ipiff (International platform of insects for food and feed), plateforme qui chapeaute la production d’insectes pour l’alimentation humaine et animale au sein de l’Union européenne, vient de publier le premier document d’orientation sur les bonnes pratiques d’hygiène en matière d’élevage. Des recommandations destinées aux opérateurs de la chaine de production, afin d’« atteindre un niveau élevé de protection des consommateurs et de la santé animale », indique Lars-Henrik Lau Heckmann, membre du conseil d’administration de l’Ipiff et chef de section technologie des insectes et des protéines au Danish Technological Institute.

L’Ipiff vient de publier le premier document d’orientation sur les bonnes pratiques d’hygiène en matière d’élevage d’insectes.

Ce guide englobe toutes les étapes de la production, depuis l’alimentation des insectes, leur reproduction, leur mise à mort, leur transformation, les activités de stockage ou de transport, jusqu’à la livraison finale du produit aux consommateurs ou aux fabricants d’aliments pour animaux. « Il peut constituer un outil utile pour toutes les entreprises productrices d’insectes ou celles qui entendent se lancer dans la production d’insectes, indique Antoine Hubert, le président de l’Ipiff, également directeur de la société Ynsect. Il pourrait aussi constituer une source d’information précieuse pour les autorités publiques, en particulier à un moment où les décideurs politiques européens envisagent d’autoriser les protéines d’insectes dans l’alimentation des volailles. » Pour rappel, ces dernières sont autorisées (sous certaines conditions) en aquaculture au sein de l’Union européenne depuis le 1er juillet 2017.

« Point de référence »

Développé dans le cadre de la législation européenne sur la sécurité des denrées alimentaires et des aliments pour animaux et en marge de la révision de la législation en matière d’hygiène alimentaire, qui prévoit d’inclure des normes spécifiques pour les insectes en alimentation humaine, ce guide est « de nature volontaire. Nous espérons cependant qu’à l’avenir, il pourra être utilisé dans le cadre de contrôles officiels. Il peut également servir de point de référence pour les activités de production d’insectes hors Europe ou pour les systèmes de certification », explique Lars-Henrik Lau Heckmann.

« Afin d’exploiter pleinement le potentiel des protéines d’insectes, qui peuvent jouer un rôle décisif dans la réduction des carences en nutriments chez les animaux, le secteur de la production d’insectes doit s’appuyer sur des règles et des directives solides », ajoute le vice-président de l’Ipiff, Tarique Arsiwalla. « L’établissement de telles exigences européennes en matière d’hygiène est crucial pour notre secteur. Nous devons faciliter l’application uniforme de la législation, tout en garantissant que les producteurs d’insectes non européens désireux de placer des marchandises sur le marché européen soient soumis à des règles équivalentes à celles appliquées par les producteurs d’insectes européens », ajoute le président de l’Ipiff.

Outre des conseils en matière d’hygiène, le document comprend quelques recommandations générales visant à « garantir le respect de normes élevées », en matière de bien-être animal dans la production d’insectes. « Nous sommes convaincus que cela contribue à la construction d’une industrie responsable et à la mise en place de chaînes de valeur plus compétitives et durables », souligne Adriana Casillas, vice-présidente de l’Ipiff.

Recherches et substrats

Afin de présenter ce nouveau guide, l’Ipiff avait organisé, fin mai à Copenhague, en coopération avec le réseau danois des insectes (DIN), un atelier destiné à toutes les entreprises actives ou envisageant de se lancer dans la production d’insectes. Des participants venus de toute l’Union européenne, mais également des États-Unis, d’Israël et de Suisse ont exploré les pistes possibles pour favoriser la coopération entre opérateurs, tout au long de la chaîne alimentaire. « Un tel guide est essentiel pour favoriser une communication transparente entre les partenaires de la chaîne. Ce document est une étape clé dans la consolidation des relations avec le secteur des insectes », a déclaré Finn Vestergaard Povlsen, responsable de la qualité chez DLG et membre du comité de gestion de la sécurité des aliments pour animaux de la Fefac.

Lors de cette journée, les débats ont également porté sur « les principales lacunes en matière de recherche ». Antoine Hubert souligne que « les recherches sur l’utilisation de nouveaux substrats comme aliments pour les insectes restent une priorité essentielle pour nos membres ».Notamment sur les anciennes denrées alimentaires contenant de la viande ou du poisson ou les déchets issus de la restauration.« Le secteur des insectes a un potentiel élevé de circularité. Dès que les preuves scientifiques seront suffisantes, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) pourra présenter ses conclusions et ainsi ouvrir la voie à des modifications de la réglementation européenne dans ce domaine. »

Ermeline Mouraud

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