Carte des fermes d’insecte en France
Celles à destination, entre autres, de la nutrition animale : Innovafeed, Cyclefarms, Entomojo, Nextprotein, Entoprotein, Sermix, APPI, Ynsect, Nextalim, Entomofarm, Protifly, Mutatec.
Source : Insectinov

Insectes : la filière veut faire mouche

Les animaux comme les hommes ont toujours mangé des insectes : il y a aujourd’hui 2 000 espèces consommées dans le monde. Mais constituent-ils vraiment une alternative d’avenir pour l’alimentation des animaux d’élevage ? Enjeux, problématiques et perspectives d’une filière en plein développement.

Carte des fermes d’insecte en France Celles à destination, entre autres, de la nutrition animale : Innovafeed, Cyclefarms, Entomojo, Nextprotein, Entoprotein, Sermix, APPI, Ynsect, Nextalim, Entomofarm, Protifly, Mutatec. Source : Insectinov

Carte des fermes d’insecte en France
Celles à destination, entre autres, de la nutrition animale : Innovafeed, Cyclefarms, Entomojo, Nextprotein, Entoprotein, Sermix, APPI, Ynsect, Nextalim, Entomofarm, Protifly, Mutatec.
Source : Insectinov

« La diversité des insectes et leur abondance ont de tout temps impressionné les hommes, assure Philippe Le Gall, de l’Institut de recherche pour l’environnement, invité à participer à la seconde édition du colloque Insectinov, organisé début octobre 2017 à Romainville. Par leur aspect, leur impact sur l’agriculture (ravageurs de culture ou au contraire indispensables à la survie des écosystèmes et des productions) et sur la santé humaine ou animale (des centaines de milliers de décès), ils font peur. Mais ils sont aussi des compagnons de toujours (jeux des enfants, nouveaux animaux de compagnie) et, bien souvent, ils composent une partie de l’alimentation de nombreuses populations. » Riches en protéines de haute qualité, acides gras et acides aminés essentiels, près de 2,5 milliards de personnes dans le monde ont l’habitude d’en consommer.

Ainsi, alors que le nombre d’habitants sur la planète et la demande en protéines n’ont de cesse de croître, les insectes sont aujourd’hui considérés, notamment par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), comme une alternative d’avenir et une source durable de protéines pour l’alimentation humaine comme pour celle des animaux d’élevage. Ils apparaissent comme « une solution idéale » tant pour remplacer une partie de la viande consommée par les hommes que pour substituer les farines de poissons et de soja en aquaculture, ou les céréales du menu des porcs et volailles.

« Jusqu’à 30 millions d’espèces d’insectes pourraient exister dans le monde. Un million d’entre elles ont été décrites et 2 000 sont consommées : Grillon domestique, Criquet migrateur africain, Ver de farine géant, Ver Buffalo, Chenille de la fausse teigne, Criquet pèlerin d’Amérique, Grillon à ailes courtes, etc. » liste Philippe Le Gall. La majorité de ces espèces sont encore récoltées dans la nature. « Mais l’élevage est un réel enjeu de développement : il y a urgence à mener des projets. »

Sur le territoire national, leur nombre ne cesse d’augmenter depuis quelques années (voir carte). 2017 a d’ailleurs été marquée par le développement de partenariats et des investissements conséquents « qui montrent que le passage à l’ère industrielle est en cours », indique Anne Deguerry, directrice éthique et relations publiques chez Entofood et présidente de l’Affia (Asian food and feed insect association). Grâce, notamment, à l’autorisation, le 1er juillet, de l’utilisation des farines d’insectes dans l’alimentation des poissons d’élevage (sous conditions d’espèces et de pratiques d’élevage). Mais ces projets se heurtent aux verrous actuels de la filière, notamment réglementaires, économiques ou encore techniques, technologiques et sociétaux.

Ermeline Mouraud

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