Huiles et protéines végétales : la filière se restructure

Le 9 juin dernier, la filière française des huiles et protéines végétales a annoncé sa nouvelle structuration. Cap sur l’indépendance en protéines végétales et sur un renforcement du made in France.

Depuis plus de 50 ans, la filière oléo-protéagineuse s’est construite au fur et à mesure de l’actualité et des crises. Les cultures de colza, de tournesol ou encore de pois ont beaucoup évolué. La recherche agronomique n’a eu de cesse d’améliorer la qualité nutritionnelle des graines pour répondre au besoin des consommateurs. La filière a mis en place deux nouvelles orientations stratégiques « d’intérêt général » et deux nouvelles entités ont vu le jour.

Renforcer le made in France

De gauche à droite : André Pouzet, directeur des deux nouvelles entités, Bernard de Verneuil, président de Terres Inovia et Jacques Siret, président de Terres Univia.© Philippe Montigny

De gauche à droite : André Pouzet, directeur des deux nouvelles entités, Bernard de Verneuil, président de Terres Inovia et Jacques Siret, président de Terres Univia. © Philippe Montigny

La filière souhaite « continuer à produire des oléagineux et protéagineux pour l’huile et les tourteaux en local ». Il faut maintenir les surfaces en prenant en compte les particularités de chaque culture et des bassins de production propres : le tournesol dans le Sud et Sud Ouest, le colza au niveau national et le soja dans le Sud Ouest et dans les vallées continentales, etc.
Ce made in France amène également à promouvoir l’indépendance en protéines végétales. La hausse reconnue de la demande en protéine représente un enjeu stratégique pour une filière française aux multiples atouts. « L’indépendance française en protéines végétales est actuellement assurée à 50 % alors que l’Europe l’est à 67 %, annonce la filière. L’exemple de l’huile, qui était auparavant importée à près de 80 % et qui est désormais produite à 80 % en France, prouve qu’il y a un chantier à poursuivre pour la protéine. »
Ce défi sera relevé grâce notamment à l’agronomie qui est au cœur des dispositifs. La R&D dans ce secteur étudie de nouvelles plantes riches en huile et en protéine végétales tout en étant à l’écoute des agriculteurs et inventant l’agronomie de demain. « Il faut penser les productions dans un système agricole global, allonger les rotations, déployer les systèmes intelligents auprès des agriculteurs, etc. »

Nouveaux noms, nouvelles identités

MP_OleoProteo_Logo2L’Onidol (interprofession des oléagineux) et l’Unip (interprofession des protéagineux) ont réuni leur savoir-faire sous une même entité : Terres Univia. « Sa mission : mettre en œuvre une ambition française avec toujours plus de souveraineté alimentaire dans le secteur des huiles et des protéines destinées à l’alimentation humaine. Sans oublier de relever le défi de produire des protéines végétales destinées à l’alimentation animale, et de contribuer à l’essor des filières de l’oléochimie. » Elle est présidée par Jacques Siret.

ImpressionLe Cetiom (Centre technique des oléagineux et du chanvre) et le service technique de l’Unip se sont rapprochés également sous un même institut technique : Terres Inovia. L’innovation et l’agronomie constituent son ADN. Son président est Bernard de Verneuil.
« Nous avons décidé une nouvelle structuration de la filière articulée autour de nouvelles entités et de deux nouveaux noms. Au plus proche des préoccupations de nos consommateurs, il nous a semblé évident de pousser encore plus loin les synergies », annonce Jacques Siret.
« Faire collaborer de manière transversale chaque acteur de l’univers des oléagineux et protéagineux donnera encore plus de résonance à nos projets pour la France. Ensemble, il nous est apparu évident de simplifier la filière », poursuit Bernard de Verneuil.

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Caroline Morice

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 688 juillet-août 2015

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