Euronutrition : nouveaux équipements dédiés à la digestibilité

Les premiers essais de digestibilité en porcelet viennent de commencer au sein du nouveau dispositif expérimental d’Euronutrition de Sourches. Le groupe CCPA, MiXscience et le groupe Techna, les firmes-services partenaires du centre de recherche en nutrition animale, ont revu totalement leur équipement dédié à la digestibilité. Nouveaux logements et nouvelle méthode de calcul permettent de doubler la puissance expérimentale de l’outil.

Le site de Sourches, à Saint-Symphorien (72), accueille les installations d’expérimentation en nutrition animale de deux entités : Euronutrition SAS (structure commune au groupe CCPA, MiXscience et au groupe Techna) et Agro-évolution SAS, l’outil propre à MiXscience (groupe Avril). Les bâtiments sont répartis en cinq sites de production, correspondants à d’anciennes fermes, couvrant au total une superficie de 25 000 m2. Outre les élevages, Sourches compte un laboratoire d’analyse et une usine de fabrication d’aliments.

Bertrand Renouf, directeur d’Euronutrition, et Guillaume Jarret, chef de la station porc, présentent le nouveau dispositif expérimental dédié à la digestibilité des porcs de Sourches.

Bertrand Renouf, directeur d’Euronutrition, et Guillaume Jarret, chef de la station porc, présentent le nouveau dispositif expérimental dédié à la digestibilité des porcs de Sourches.

Euronutrition y réalise de l’expérimentation dans le domaine des volailles, lapins et porcs. C’est en porc qu’un récent investissement vient de voir le jour : un nouveau dispositif de digestibilité.

« Le porc est la première espèce, en nombre d’essais, que nous réalisons chaque année : 80 projets lui sont dédiés », présente Bertrand Renouf, directeur d’Euronutrition. Les partenaires peuvent choisir de mener des essais en commun, puis d’en exploiter chacun les résultats, ou à titre privé. « Toutes espèces confondues, 70 % des essais sont réalisés en commun. Les plannings et programmes sont définis lors de réunions communes, toutes les six semaines. Euronutrition tablait dans ses statuts sur un niveau minimum d’essais privés de 50 %. Nous sommes donc au-delà, c’est que le système fonctionne. Pour les 30 % d’essais privés, chacun réserve des créneaux sur les installations existantes, et nos équipes se chargent de les mener dans les règles de confidentialité. » Les 190 essais menés chaque année par Euronutrition sont conduits grâce à une équipe de 34 salariés.

Investir dans de nouveaux outils

« À elles trois, les firmes-services partenaires d’Euronutrition représentent 30 % du marché de la nutrition animale française, replace Bertrand Renouf. Dans ces conditions, il est plus facile de mobiliser des capitaux pour investir. » Ces dernières années, de nombreux investissements ont été réalisés. En 2008, la station s’est équipée de cages « bien-être » pour ses poules pondeuses, et en 2010, elle a équipé un bâtiment pour conduire les truies gestantes en groupe, afin d’anticiper la réglementation. En 2012, le bâtiment des porcs charcutiers a reçu un Dac : « Un dispositif complexe à mettre en œuvre et qui a nécessité beaucoup de réglages. » En 2013 et 2014, c’est l’atelier cunicole qui a été modernisé, avec l’augmentation de la capacité de la salle de digestibilité et l’installation de circuits d’eau différenciés dans la salle d’engraissement. En 2015, l’atelier pilote de fabrication d’aliments a été équipé d’un broyeur à disque. En 2016, les derniers investissements ont porté sur des équipements de zootechnie en volaille et sur la salle de digestibilité des porcs charcutiers.

« L’atelier de digestibilité des porcs était concerné par les nouvelles normes bien-être des animaux élevés à des fins expérimentales, explique Bertrand Renouf. Nous étions donc tenus de nous y plier et d’augmenter la place dévolue aux animaux, nous en avons profité pour réaménager une nouvelle salle, portant ainsi nos capacités de 21 à 41 places. Ce qui améliore considérablement notre puissance expérimentale. »

L’atelier a donc été installé dans un bâtiment libéré lors de l’aménagement des nouveaux logements des truies, ce qui a permis de limiter l’investissement à 70 000 euros. Il compte 21 modules de 3,5 m2 dans lequel sont élevés 2 porcs ou 4 porcelets jusqu’à 25 kg. Les animaux étant individualisés (ou mis en paire pour les porcelets) uniquement pendant les phases de collecte des fèces. « Nous réservons 20 modules à l’expérimentation, le dernier étant un module de secours nous permettant d’élever 2 animaux en réserve, décrit Bertrand Renouf. Ce nouvel aménagement nous permet, en outre, de mener des essais de digestibilité sur des porcelets en post-sevrage, ce que nous n’étions pas en capacité de faire avec notre installation antérieure. » Le matériel est adapté aux animaux de 6 kg jusqu’à 80 kg.

« Le régime attribué à chaque case est identifié par un marquage de couleur disposé au niveau des nourrisseurs : un simple coup d’œil permet d’identifier le régime à distribuer ; la même couleur identifie le seau d’aliment, présente Guillaume Jarret, chef de la station porc. Nous avons conçu des goulottes d’alimentation à hauteur pour que la distribution d’aliment dans les nourrisseurs soit simplifiée. »

Le rythme des essais alterne les phases d’adaptation alimentaire et les phases de collecte des fèces. Pendant les phases d’adaptation, les animaux sont par deux (ou 4 selon leur âge) et occupent toute la surface du module. En phase de collecte, une séparation se déplie pour isoler les animaux sur l’avant du module.

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F. Foucher

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 704 – Mars 2017

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