Coop de France /Snia : lever les freins à la compétitivité

Lors de la conférence de presse qui réunissait Alain Guillaume, président du Snia, et Jean-Luc Cade, président de Coop de France NA, le 4 septembre dernier à Paris, deux mesures « à mettre en place sans délai » pour retrouver de la compétitivité dans le secteur de l’alimentation animale ont été préconisées. L’enjeu vise d’une part à réduire la dépendance protéique de la France vis-à-vis des importations, et d’autre part ne pas faire supporter de nouvelles charges au secteur.

Les deux présidents ont réaffirmé leur adhésion aux plans de relance de l’élevage en France proposés par le gouvernement, assurant dans la foulée que les fabricants d’aliments accompagneront les filières animales dans la reconquête de leurs marchés. Pour autant, actualité oblige, l’un et l’autre jugent incohérent de « prendre des mesures pour la relance de l’élevage et dans le même temps mettre en place des taxes qui vont plomber le secteur ». En effet, si l’alimentation est considérée comme un facteur-clé de la compétitivité en élevage, les matières premières et le transport sont les deux premiers postes de coût de production d’aliments pour animaux.

Réduire la dépendance protéique à 23 %

En matière de protéines végétales, le secteur insiste sur l’urgence d’orienter la production nationale de protéines végétales vers la nutrition animale. Les surfaces devaient se développer en lien avec la réaffectation de 2 % des aides du premier pilier de la Pac pour soutenir les cultures de plantes riches en protéines jusqu’à leur incorporation effective dans l’alimentation des animaux.

Le Snia et Coop de France NA ont calculé que potentiellement 3 millions de tonnes de graines de légumineuses pourraient être disponibles pour l’alimentation animale, soit l’équivalent de 1,2 million de tonnes de tourteaux de soja, ce qui, selon Jean-Luc Cade « ramènerait la dépendance protéique de 39 % à 23 % ». Reste à en définir le ou les moyens pratiques. (…)

Le boulet de l’Ecotaxe

Plus de 25 millions d’euros vont être ponctionnés par l’Ecotaxe pour … les caisses de l’État : Coop de France NA et le Snia estiment que celle-ci coûtera 10 millions d’euros des silos à l’usine, et 15 millions d’euros de celle-ci à l’éleveur. « 25 millions d’euros, cela représente 0,4 % du chiffre d’affaires de la nutrition animale, soit la quasi-totalité du résultat net des entreprises », a précisé Stéphane Radet, directeur du Snia. Pour mémoire, rappelons que les fabricants estiment à 21 millions de tonnes le volume d’aliments livrés concerné. Coop de France et le Snia jugent incompréhensible que l’État ponctionne ainsi des filières en difficultés alors même que les plans de relance, dont chacun attend beaucoup, n’ont pas à ce jour totalement prouvé leur efficacité. Ces mesures ne font qu’augmenter la perte de compétitivité au profit des importations.

Les deux syndicats ont régulièrement interpellé les pouvoirs publics depuis de nombreux mois pour demander un report de la mise en œuvre du dispositif de l’Ecotaxe et la suppression de la hausse déjà prévue pour 2014 (1). Le ministre des transports avait annoncé, le 5 septembre dernier, le report de cette taxe au 1er janvier 2014 − invoquant des « dysfonctionnements persistants » et « le manque de préparation du dispositif » (sic). Cependant, pour le président de Coop de France cela reste insuffisant. Il est nécessaire d’obtenir la suppression de la hausse de 10 % de la taxe prévue dès le 1er janvier 2014. Par ailleurs, les exemptions au bénéfice de nouveaux secteurs semblent se poursuivre puisque le ministre a annoncé l’exclusion des transports d’animaux de fêtes foraines et cirques. Coop de France demande vivement qu’une cohérence et une équité d’approche soient garanties aux secteurs agricoles et agroalimentaires en difficulté, tels les filières animales…

Marion Le Béchec

Retrouvez l’intégralité de cet article dans la RAA 670 – Octobre 2013

(1) Coop de France et le Snia font circuler depuis le 12 septembre une pétition réclamant d’exempter l’élevage de cette nouvelle taxe, point de départ d’une vaste opération de mobilisation des filières animales. Ce document est accessible sur le site www.ecotaxe-elevage.org

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