Congrès : les coopératives doivent inter-coopérer

Avec pour thème Les coopératives agricoles : un atout pour l’agriculture française, le Congrès de Coop de France a réuni au Palais des Congrès de Paris des participants venus de toute la France et s’est organisé en plusieurs tables rondes successives.

Deux mots de bienvenue ont précédé la première intervention de ce congrès, tout d’abord en provenance de Monique Leroux, la présidente de l’Alliance Coopérative Internationale qui a rappelé l’importance pour les coopératives « de développer leur capacité à inter-coopérer entre multi-secteurs et même entre concurrents ». « Les coopératives sont partout sur la planète et la compétitivité économique est au cœur de leur stratégie », a ensuite ajouté Michel Prugue, le président de Coop de France, avant de passer la parole à Philippe Darmayan, président d’Arcelor Mittal France et président du Groupe des fédérations industrielles (GFI). Son intervention sur le thème Une industrie compétitive en France : c’est possible ! a eu pour but de montrer comment un secteur économique en crise peut être acteur de son changement et arrive à rebondir et à se projeter dans le futur. « Il ne faut pas faire de l’innovation pour masquer une faiblesse mais améliorer d’abord sa compétitivité en exploitant les meilleurs outils », commente M. Darmayan qui a rappelé l’importance de maintenir un premium de prix pour pouvoir investir et avoir un accès direct au marché. Pour Philippe Darmayan, l’industrie du futur repose sur le numérique, une connexion entre usines et machines, et le concept de l’usine virtuelle « permet d’aller plus loin et de faire mieux avec moins de moyens ».

Durant la première table ronde avec, de gauche à droite : Xavier Beulin (Fnsea), Philippe Dessertine (économiste), Marjorie Paillon (animatrice), Jean-Yves Foucault (Limagrain) et Jean-Marie Séronie (agro-économiste).

Durant la première table ronde avec, de gauche à droite : Xavier Beulin (Fnsea), Philippe Dessertine (économiste), Marjorie Paillon (animatrice), Jean-Yves Foucault (Limagrain) et Jean-Marie Séronie (agro-économiste).

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Une première table ronde sur L’agriculture et l’agroalimentaire français peuvent-ils encore avoir une ambition économique ? a réuni Philippe Dessertine, économiste, Jean-Marie Séronie, agro-économiste, et Xavier Beulin, président de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles). « L’agriculture française est en bouleversement total et des solutions nouvelles sont à trouver en matière de financement », a affirmé Philippe Dessertine qui a insisté sur l’importance de présenter des projets susceptibles de séduire des financements européens. Pour Jean-Marie Séronie, plusieurs pistes permettraient d’améliorer la compétitivité des exploitations agricoles dont les performances économiques vont du simple au double : mettre en place des solutions collaboratives pour saturer les investissements, associer des compétences pour répondre à des exigences plus larges en la matière, partager des projets pour répartir les risques, et introduire la numérisation comme booster de changement. « Notre ambition est de prendre de l’avance sur un modèle où personne n’est », ajoute Philippe Dessertine. « L’agriculture garde un certain nombre de spécificités et des atouts extraordinaires », commente pour sa part Xavier Beulin qui rappelle cependant au passage le retard pris en France par les investissements agricoles qui se chiffre à 6 milliards d’euros. Dans une seconde table ronde, Christophe Lafougère, directeur du Gira (agence de conseil en stratégie) invite les coopératives « à mettre davantage en avant leurs marques génériques en rajoutant de la valeur ».

Le congrès du 14 décembre a également été l’occasion de la signature d’un partenariat noué entre Coop de France et Jeunes Agriculteurs (JA). « Nous partageons une vision des filières qui doivent être rénovées et nous devons partir de la demande et nous organiser pour y répondre », a affirmé Jérémy Decerle, le président des JA dans son discours. « Si nous voulons que les jeunes adhèrent aux coopératives, il faut d’abord, soyez-en convaincus, qu’ils adhèrent à vos projets économiques et qu’ils s’en sentent partie prenante », a insisté le président de JA.

« Soyons fiers de la diversité de notre tissu coopératif : 90 % de TPE-PME, 146 entreprises de taille intermédiaire et 15 grandes entreprises », a déclaré Michel Prugue dans son discours de clôture. Suite à la campagne de communication réussie de 2014-2016 (2 300 diffusions de spots télévisuels et 1 000 spots radio), la nouvelle campagne 2017-2019 de Coop de France mettra en avant la diversité et la richesse des coopératives, ainsi que leurs pratiques novatrices à l’écoute des attentes des citoyens consommateurs. Une campagne qui demain sera peut-être européenne, comme l’a évoqué Pascal Viné, directeur général de Coop de France.

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P. Caldier

 Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 703 – Janvier-février 2017

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