Colloque AFZ : L’adaptation permanente des entreprises de la nutrition animale

L’AFZ (Association française de zootechnie) a consacré, le 12 janvier dernier, une journée de réflexion autour de la thématique : « La baisse de consommation de viande dans les pays industrialisés : tendances culturelles, raisons économiques, préoccupations de santé… ». Une problématique aux incidences directes sur l’organisation du secteur de la nutrition animale, contraint de fournir un effort d’adaptation permanent.

Michel Dochez, directeur adjoint de Coop de France Nutrition Animale " L’adaptation passe aussi par la recherche de synergies professionnelles."

Daniel Sauvant, président de l’AFZ et Professeur à AgroParisTech, et Pascal Mainsant, chercheur à l’Inra, ont animé, dans les locaux d’AgroParisTech, un débat articulé autour des interventions de spécialistes de domaines très variés (FranceAgriMer, ENVT, Institut de l’Elevage, Ifip, Itavi, CIV…). Le constat est sans appel : malgré l’augmentation de la population, la consommation de viande stagne autour de 5,66 millions de Tec (tonnes équivalent carcasse) depuis 1998 en France. Entre 1990 et 2009, la consommation individuelle de produits carnés a baissé de plus de 8 kg par habitant et par an. Cette baisse s’explique principalement par la diminution du budget des ménages consacré à l’alimentation et par les discours anti-viande de plus en plus entendus. Ces derniers sont de plusieurs ordres : bien-être animal, humanisation des animaux, santé humaine, protection de l’environnement…

L’une des conséquences de ces changements d’habitudes alimentaires est l’érosion de la production d’aliments composés depuis 2000. Cette courbe est très étroitement liée à celles des productions animales. Cependant, « on espère une certaine stabilisation en 2010, voire une progression globale de 0,7 % » , déclare Michel Dochez, directeur adjoint de Coop de France Nutrition Animale. Pour s’accommoder de ces évolutions, l’industrie de l’alimentation animale s’adapte en permanence. Michel Dochez en explique les différents leviers. En premier, si l’aliment volaille confirme sa prédominance (40,2 % de la production française en 2010), le secteur bovin, notamment laitier, représente un fort potentiel de développement. L’aliment composé ne représente pour l’instant qu’une petite partie de l’aliment consommé mais « la restructuration du cheptel laitier pourrait conduire à sa plus grande utilisation ».

Ensuite, la structure du coût de l’aliment composé évolue. « Nous sommes une industrie très marquée par le poste des matières premières qui représente 70 % du coût de production », rappelle Michel Dochez. La volatilité de leur prix devient une véritable problématique. Après un appauvrissement, le panier de matières premières s’élargit à nouveau depuis 2002, notamment grâce à l’apparition des drèches (via les programmes biocarburant) et au développement de la trituration, les tourteaux de colza remplaçant le soja importé. Le retour – pour l’instant théorique – des graisses animales et le plan de relance des protéagineux devraient contribuer à cet élargissement.

La présentation des aliments se diversifie aussi, illustré par le développement du mash. Celui-ci permet de conquérir des éleveurs n’utilisant jusque là que peu d’aliments granulés. Ce marché, d’une valeur ajoutée certes moindre, constitue un nouveau débouché (10 % du volume d’aliments composés en 2009) et est en voie de professionnalisation des opérateurs.

Progression de la filière non-OGM

Suite à la demande des consommateurs, les signes de qualité et l’alimentation non-OGM (< 0,9%) se sont développés, participant encore aux modifications du paysage de l’aliment composé. Ainsi, 16 usines, pour la plupart dédiées, se sont lancées dans la fabrication d’aliments bio. La filière non-OGM voit ses volumes mieux maîtrisés avec des primes en augmentation. Cependant, les difficultés liées aux contaminations croisées et aux autorisations asynchrones sont à surmonter…

… Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 643 – Janvier – février 2011

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