Assemblée générale Nutrinoë : communiquer au plus près de la réalité

Nutrinoë a tenu son assemblée générale à Rennes, le 5 juillet dernier, dressant le bilan et les perspectives de la production d’aliments composés du Grand Ouest, qui concentre plus de la moitié des volumes produits en France. Après avoir dressé un état des lieux par filière animale, l’association des fabricants d’aliments a présenté une étude cassant beaucoup d’idées reçues et invitant les industriels (et la filière agricole dans son ensemble) à communiquer sur des images plus proches de la réalité. Une démarche déjà entamée par Nutrinoë, dont l’organisation de portes ouvertes remporte un franc succès.

Hugues Monge, directeur Sanders Bretagne, considère que 100 % des élevages doivent être auditables et visitables.

Hugues Monge, directeur Sanders Bretagne, considère que 100 % des élevages doivent être auditables et visitables.

Les régions du Grand Ouest, produisant 12,38 millions de tonnes sur les 20 millions de tonnes nationales, continuent de concentrer la production d’aliments et les productions animales. Dans un contexte de décroissance généralisée, entamée depuis 2002, seule la filière volaille tire son épingle du jeu, entraînée par la production de poulet. Même si « nous sommes aujourd’hui largement distancés par la Pologne », l’année 2015 a été marquée par un ratio euro/dollar intéressant, ainsi que « par un contexte international et national favorable, avec notamment la restructuration de Doux », note Hugues Monge, directeur de Sanders Bretagne, qui précise que les tendances se sont inversées en 2016 avec la reprise du dollar et l’influenza aviaire, qui a pénalisé les exportations (-10 % en poulet). « Les importations de poulet ont considérablement augmenté, particulièrement en hors domicile, moins en GMS », observe encore le directeur, faisant remarquer qu’étant largement contractualisée, la production est souvent portée par la nutrition animale.

La filière a toutefois été mise à mal par la mise aux normes « ingérable » des poules pondeuses, qui a généré « une surproduction en amont », face à une Espagne et une Pologne très compétitives. L’enjeu aujourd’hui est d’avoir « une filière durable, segmentée et démédiquée »… et de le faire savoir ! « 100 % des élevages doivent être visitables et auditables ! », suggère le directeur de Sanders Bretagne, qui évoque le bienfait des portes ouvertes quand elles sont organisées sur les exploitations. « Une fois passée la surprise de la taille de l’élevage, la plupart des réactions sont positives », précise-t-il, évoquant également le succès des visites d’usines (près de 5 000 visiteurs cette année).

Une « année à oublier » en porc

En ce qui concerne la filière porc, 2015 est une « année à oublier », considère Patrick Piton, directeur productions et nutrition animales chez Triskalia, qui évoque le contexte de forte concurrence avec l’Allemagne et l’Espagne, la surproduction et la baisse des prix que cela engendre. Bien que la crise soit structurelle et que la filière manque de visibilité, « les fabricants jouent un rôle important », du fait notamment que les matières premières pèsent pour 80 % du prix de l’aliment. Non seulement ils aident les éleveurs dans leur trésorerie, mais ils leur permettent de faire des « progrès techniques et sanitaires ». Et de rappeler le rôle de la nutrition dans la baisse de l’indice de consommation de 3,1 à 2,8 en 15 ans, dans l’accompagnement de la gestion truies hyperprolifiques ou encore dans les efforts envers l’environnement : « Les phytases sont utilisées depuis vingt ans pour limiter les rejets d’azote, et nous nous efforçons de réduire les protéines, même au-dessous des normes Corpen, souligne Patrick Piton qui conclut : « Notre métier est de garantir une qualité régulière, et 100 % des matières premières sont contrôlées en usine. D’autre part, il faut contrecarrer les idées reçues : le porc français est compétitif, que ce soit sur le plan du prix ou de la qualité. »

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S. Le Blé

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 699 – septembre 2016

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