Assemblée générale du Snia : territoires d’innovations

L’assemblée générale du Snia, organisée le 17 mai prochain à Rodez, portera sur l’importance des entreprises de nutrition animale dans le dynamisme et l’efficience des régions françaises. Présentation de la journée avec François Cholat, président du syndicat et Pascal Pringault, membre du conseil d’administration du Snia et président de So’Fab, l’association des fabricants d’aliments du Sud-Ouest.

François Cholat, président du Snia et directeur général de l’entreprise Maison François Cholat. (Crédit : Snia)

François Cholat, président du Snia et directeur général de l’entreprise Maison François Cholat. (Crédit : Snia)

La Revue de l’alimentation animale : Territoires d’innovations est le thème choisi pour votre assemblée générale, que signifie-t-il ?

François Cholat : L’innovation est la clé pour répondre aux enjeux de sécurité sanitaire, de durabilité, de compétitivité et de qualité de notre alimentation. Les entreprises de nutrition animale jouent un rôle majeur, tant au niveau économique que technologique. Elles participent aussi activement au dynamisme et à l’efficience des régions françaises. Pour illustration, en trois ans de mandat au Snia, j’ai inauguré trois nouveaux outils.

Pascal Pringault : En tant que fabricants d’aliments, nous sommes au cœur des territoires, sensibles à l’économie locale. On a pour mission de développer nos entreprises tout en étant à proximité des fournisseurs, des agriculteurs, des éleveurs, pour voir et comprendre ce qui est fait. On se doit d’innover pour être des apporteurs des solutions.

RAA : L’assemblée générale se déroule cette année à Rodez, pourquoi avoir choisi ce lieu ?

P. P. : Un an sur deux, l’assemblée générale se déroule en région. Cette année, le Snia se déplace en Aveyron. La dernière assemblée générale organisée ici remonte à une quinzaine d’années ! C’est une région où l’agriculture est très diversifiée, fortement développée en bio et leader dans certains domaines comme l’ovin. C’est également la région dans laquelle RAGT (pour Rouergue Auvergne Gévaudan Tarnais) est implantée depuis cent ans ! Nous développons des semences mais sommes, aujourd’hui, amenés à réfléchir sur la transversalité végétal-animal, notre lien avec les productions animales est un vrai sujet d’importance. Une visite de notre station de recherche est ainsi proposée à l’ensemble des fabricants d’aliments la veille de l’assemblée générale.

F. C. : Nous avons aménagé la journée afin de privilégier au maximum l’échange entre les acteurs. Nous avons également décidé de proposer cette année différentes activités culturelles, avec une visite du musée Soulage ainsi qu’une visite guidée de la cathédrale et du centre historique de Rodez.

RAA : Qui seront les intervenants et quels seront les sujets abordés ?

P. P. : Dans le cadre de la thématique, une table ronde aura lieu autour de la notion de relais d’innovation, du végétal à la nutrition animale. La parole sera donnée à Vincent Labarthe, vice président de la région Occitanie et agriculteur, qui abordera la question des financements régionaux, Claude Tabel, ingénieur agronome spécialisé en amélioration des plantes et président du groupe RAGT, Antoine Henrion, président de Terres Univia, et Thierry Pineau, docteur en pharmacologie moléculaire et directeur de France Futur Elevage, qui apportera son expertise et illustrera toute la dynamique de recherche et d’innovation en matière de qualité, sécurité, durabilité et rentabilité pour les entreprises du secteur. Des agriculteurs sont également invités autour de la table : Anthony Quintard, le président des Jeunes agriculteurs de l’Aveyron et Céline Imart, agricultrice connue pour casser les idées reçues et communiquer de manière intéressante sur les sujets qui interpellent. Elle s’est notamment fait connaître face à Nicolas Hulot, l’ancien ministre de l’Écologie.

F. C. : Il s’agit d’intervenants très pratico-pratiques, pour parler du concret, de notre manière de voir l’avenir en France. Pour un débat libre et ouvert sur les défis à relever par les filières agricoles françaises. Michel Vernet, de Sanders Euralis, sera également présent, aux côtés de Pascal Pringault, pour présenter la démarche Sojalim, un exemple là aussi concret de développement d’une filière régionale.

Pascal Pringault, membre du conseil d’administration du Snia, directeur commercial RAGT et président de So’Fab, l’association des fabricants d’aliments du Sud-Ouest. Crédit : Snia)

Pascal Pringault, membre du conseil d’administration du Snia, directeur commercial RAGT et président de So’Fab, l’association des fabricants d’aliments du Sud-Ouest. (Crédit : Snia)

RAA : L’AG 2018 était consacrée aux conclusions des États généraux de l’alimentation, un an après quel regard portez-vous sur leur mise en œuvre ?

F. C. : Il y a des points qui nous laissent perplexes. Nous nous sommes beaucoup investis dans toutes les réflexions, notamment à travers les plans de filière, et nous avons du mal face à certaines réponses, sur la notion de montée en gamme par exemple, notamment en filière volaille, où l’aspect économique est négligé. Le Snia est présent dans de nombreuses interprofessions (Envol, Inaporc, Terre Inovia, etc.) et nous avons travaillé pour la mise en place d’indicateurs de coût de production et leur prise en compte dans la contractualisation, la montée en gamme, le développement des filières bio et sans OGM… Beaucoup de choses sont possibles, mais en gardant comme objectif la compétitivité des entreprises et des élevages français, que cela ne bénéficie pas qu’aux importations.

RAA : Filières biologiques, sans OGM, etc. Le secteur arrivera-t-il à fournir ?

F. C. : La ferme France fait de belles progressions en bio (+20 %), en sans OGM. Les attentes du marché sont satisfaites et le secteur arrivera à fournir, tant en matières premières qu’en produits finis. Il faut s’adapter, innover, élaborer des stratégies pour savoir répondre à chaque nouveau marché, tout en gardant notre compétitivité.

RAA : On avait évoqué le vote de la modification des statuts à l’occasion de l’AG 2018. Quelles ont été les conséquences de cette modification ?

F. C. : Cette modification des statuts, dont l’objectif était d’adapter le mode d’élection des administrateurs représentant des régions au périmètre des associations régionales de fabricants, va dans le sens de l’histoire. Elle a permis de structurer les cinq associations régionales, de renforcer l’écoute et l’effectif technique, pour être à la pointe et répondre au mieux aux demandes du secteur. Des demandes qui évoluent : aujourd’hui, nos préoccupations sont à 20 % tournées vers la production et à 80 % vers les attentes du marché, des administrations et des consommateurs.

RAA : Quelles sont les grandes orientations du Snia pour les prochains mois ?

F. C. : Nous allons continuer à mettre en avant nos points forts, comme les démarches Oqualim et Duralim. Le bilan de cette dernière est extrêmement positif, avec dix adhérents de plus en 2018, dont la grande distribution et des ONG, elle met tout le monde autour de la table. Nous allons aussi organiser des évènements parallèles, autour du réchauffement climatique, des pesticides… Autre projet pour 2019 : mettre en place un nouveau volet pour l’export d’aliments qui est souvent un parcours semé d’embuche. Nous sommes en cours de construction, à la demande des adhérents.

P. P. : La communication est aussi un sujet et un enjeu extrêmement important pour la profession. Et encore plus la communication positive. Il faut être moins en réaction, moins à charge, et mettre en avant toutes les démarches positives que nous menons, en matière de durabilité, de sécurité, etc. Nos métiers sont encore mal connus. Un travail est lancé entre le Snia et Coop de France Nutrition animale pour construire une démarche, pour trouver les bons vecteurs afin de montrer que nos métiers, nos filières, sont en adéquation avec les attentes, aujourd’hui et pour l’avenir.

Propos recueillis par E. Mouraud

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