Assemblée générale du Snia : "Faire progresser tout le monde"

Éclairer l’offre de la nutrition animale. Le thème de l’assemblée générale du Syndicat national de l’industrie de la nutrition animale (Snia), le 3 juin à Paris, a donné lieu à plusieurs interventions.

Président de la Fédération européenne des fabricants d’aliments (Fefac), Ruud Tijssens a participé aux travaux présentés lors de la dernière assemblée générale du Syndicat national de l’industrie de la nutrition animale (Snia) : « La commission Junker a fait de la croissance et de l’emploi une priorité de l’Union européenne : cela passe par l’innovation. Or l’économie circulaire se développe, les résistances antimicrobiennes sont en augmentation et nous assistons à un phénomène de renationalisation. (…) La perspective d’atteindre neuf milliards d’êtres humains à l’horizon 2050 représente une belle opportunité : la demande d’aliments protéinés augmentera fortement. L’enjeu : produire plus avec moins. » Il y a deux mois, la Fefac a élaboré un document d’orientation qui abordait trois points. Premièrement, la sécurité des aliments : « Une responsabilité des acteurs de la nutrition animale et de toute la filière. » Deuxièmement, la production et cette question : fournit-on de la matière première ou s’inscrit-on dans la nutrition animale ? « C’est évidemment du deuxième aspect dont il s’agit : une science multisectorielle. » Troisièmement, la durabilité.

Christophe Bonno d’Agromousquetaires, à gauche, et Ruud Tijssens de la Fefac, à droite.

Christophe Bonno d’Agromousquetaires, à gauche, et Ruud Tijssens de la Fefac, à droite.

Un message reçu 5/5

« L’alimentation de précision peut nous faire gagner 15 à 20 % de plus », a déclaré Stéphane Deleau, directeur général de Valorex, en lien avec la génétique et les nouvelles protéines. « Nous devons fournir une alimentation qui maintienne les animaux en bonne santé et mettre en place un système d’information fiable : gaz à effet de serre, etc. L’enjeu : modérer notre impact environnemental. S’agissant de la sécurité des aliments, nous devons agir avec nos fournisseurs, les éleveurs et les autorités de tutelle. (…) Nous voulons être des partenaires fiables d’une filière élevage européenne compétitive et, en matière de nutrition animale, les marges d’innovation sont énormes ! » « Un message reçu 5/5, s’est exprimé François Cholat, directeur général de la Générale agricole industrielle et commerciale (Gaic). OK pour la stratégie. On nourrit bien des animaux dans leur intégralité. Une partie des éleveurs ont la tête hors de l’eau car les industriels de la nutrition animale assurent la trésorerie face aux défaillances des banques. » Ce dernier aspect a suscité cette réaction de Ruud Tijssens : « La crise financière a eu des conséquences sur de nombreux acteurs mais on ne doit pas être des banques : c’est à elles de jouer le rôle de financeur. Si les éleveurs font faillite, nous ferons aussi faillite : les deux acteurs doivent être associés. »

Depuis plus de quarante ans, le groupe Intermarché a fait le pari du made in France. Christophe Bonno, directeur d’Agromousquetaires, a expliqué pourquoi : « Constituer une alternative à la concentration ; maîtriser toute la traçabilité de la fourche à la fourchette ; jouer gagnant-gagnant avec les éleveurs via la contractualisation : on sort du cadran pour travailler sur un projet plus durable. Être efficace grâce à une organisation sans intermédiaire, en circuits courts, on paye nos producteurs 5 à 6 % plus cher. » « Un discours qui nous convient », a réagi François Cholat. Le bien-être animal, les aspects sociétaux, le recyclage et la lutte contre le gaspillage sont autant de priorités pour le consommateur : « En matière de transparence, nous devons aller plus loin », a déclaré Christophe Bonno.

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G. Hardy

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 699 – septembre 2016

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