AG Qualimat : vers un outil "solide, atypique et de qualité"

Qualimat a dressé le bilan de ses activités 2013 lors de son assemblée générale, le 16 mai dernier. Poursuivant son accompagnement auprès des acteurs de la filière nutrition animale, l’association enregistre un nombre croissant de cotisants et annonce qu’elle déménage dans des locaux plus spacieux à Locminé (56). L’AG a aussi été l’occasion de faire un focus sur la situation en Ukraine, acteur économique et agricole de poids malgré la crise que traverse le pays.

« Qualimat est ce que l’on en fait ; elle est déterminée dans ses actions parce que ses adhérents le sont », a déclaré le président de l’association, Vincent Le Moine, dans son discours d’ouverture de cette 36e assemblée générale. Le rapport moral qu’il a présenté fait apparaître un nombre constant de contrôles des matières premières, voire en légère baisse en raison des difficultés administratives renforcées concernant les prélèvements salmonelles : « Le manque de lisibilité [de la législation] n’aide pas », regrette Vincent Le Moine, évoquant l’accès interdit à certains navires. Face à la menace de saisie de l’ensemble du chargement par l’administration en cas de suspicion de présence de salmonelle, certains importateurs préfèrent en effet interdire l’accès à leur bateau. Des discussions sont en cours entre syndicat d’importateurs (Synacomex), administration et Qualimat pour tenter de simplifier les règles, confie Franck Montagnon, référent pour Qualimat Alerte. Ce protocole a d’ailleurs été peu déclenché cette année, souligne Vincent Le Moine, qui précise que le dispositif s’est mis en place pour deux cas isolés de salmonelle, sans conséquence pour la filière. « Ce qui montre l’utilité de partager l’information », insiste le président.

Refonte interne

L’équipe permanente de Qualimat en compagnie d’une partie des administrateurs et de Michel Portier, lors de l’assemblée générale de l’association.

L’équipe permanente de Qualimat en compagnie d’une partie des administrateurs et de Michel Portier, lors de l’assemblée générale de l’association.

L’actualité de l’association réside avant tout dans la « remise à plat du fonctionnement interne », dans un souci de « s’adapter aux besoins des adhérents ». Cela se traduit par une équipe étoffée avec l’arrivée de Stéphanie Orts comme chargée de mission pour Qualimat Transport, un changement de cabinet comptable, une consolidation juridique passant par un gros travail effectué sur les statuts, et enfin la réalisation d’un audit social. Cette amélioration fonctionnelle s’accompagne d’un déménagement : Qualimat s’installera en effet en fin d’année dans des bureaux plus spacieux à Locminé (56).

Qualimat Transport, dont l’administrateur référent est Paul Bousquin, est un secteur qualifié de « productif » par le président : le nombre de transporteurs référencés a augmenté de plus de 5 % en ce début d’année 2014 par rapport à début 2013. L’association a par ailleurs fourni un gros travail sur l’aspect documentaire de ce dossier, en actualisant par exemple le cahier des charges (liste des exigences techniques à appliquer par l’opérateur de transport), en signant une nouvelle version de la convention de collaboration avec les organismes certificateurs (décrivant les engagements de chaque partie, les conditions tarifaires…), ou encore en établissant un règlement de reconnaissance tierce partie (modalités de réalisations des audits, passages en commission…). L’association a entamé cette année un groupe de travail mixte avec Oqualim afin de développer un volet certification du transport des aliments.

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Sarah Le Blé

 

Michel Portier


« Si l’Ukraine se coupe en deux, le potentiel se coupe en deux »

Société créée en 2001 pour accompagner tous les acteurs de la filière agricole dans la gestion de la volatilité des marchés, Agritel (1) est bien implantée en Ukraine, où elle dispose d’un bureau à Kiev. Michel Portier, le directeur général du groupe, est venu livrer son analyse du marché agricole ukrainien sur fond de crise géopolitique risquant de faire basculer le pays.

Michel Portier, directeur général d’Agritel, est venu présenter la réalité agricole ukrainienne sur fond de crise géopolitique.

Michel Portier, directeur général d’Agritel, est venu présenter la réalité agricole ukrainienne sur fond de crise géopolitique.

« L’Ukraine est un pays à plat financièrement, où règne la corruption, mais avec un potentiel agricole énorme », résume Michel Portier, le directeur d’Agritel, pour présenter ce pays qui frappe aux portes de l’Union Européenne. Si les opportunités existent, mieux vaut connaître un minimum le fonctionnement du système. Le démantèlement du régime soviétique a permis l’apparition d’énormes agro-holdings, grâce à d’importantes aides étatiques (via des subventions ou des exonérations d’impôts). Ces entreprises modernes et bien équipées développent une stratégie consistant à s’étendre sur tout le pays afin de répartir le risque de production. Là-bas, l’unité économique s’élève à 2 500 hectares (contre 250 en France !). « Mais lorsqu’il n’y a pas d’acheteur, il faut pouvoir stocker. L’investissement peut vite grimper à 2 millions d’euros car il faut pouvoir financer deux récoltes. »

Pourtant « les meilleures terres du monde sont là-bas », lance avec enthousiasme Michel Portier en évoquant les très fertiles « terres noires », aussi appelées « tchernozioms », situées dans la zone centrale du pays, d’est en ouest. L’Ukraine est ainsi le 2e pays exportateur de céréales (avec 10 millions de tonnes de blé, 1 million de tonnes d’orge), 3e pays exportateur de maïs avec 20 millions de tonnes. Avec une stratégie clairement orientée vers l’export, « l’Ukraine vient nous challenger sur nos marchés captifs, comme au Maghreb ou en Égypte », souligne le directeur d’Agritel. Et de parler de zone sismique entre l’Europe et la Russie.

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S. L. B.

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 677 juin 2014

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