AG Qualimat : continuité et détermination

Le 14 juin dernier, Qualimat organisait à La Chapelle-sur-Erdre son assemblée générale 2013. L’association en a profité pour présenter les différents bilans de chacun de ses dossiers.

Qualimat a tenu son assemblée générale 2013 à La Chapelle-sur-Erdre.

Qualimat a tenu son assemblée générale 2013 à La Chapelle-sur-Erdre.

Depuis 1978 Qualimat rassemble des industriels du secteur privé et coopératif ainsi que leurs principaux fournisseurs du Grand Ouest. Ce réseau, composé aujourd’hui de 62 adhérents dont 41 fabricants d’aliments, 9 firmes-services et 12 fournisseurs et organismes portuaires, s’organise pour améliorer le contrôle des matières premières utilisées en nutrition animale. L’assemblée générale a permis de faire le point sur les différents thèmes de l’association mais aussi de rappeler les fondements de celle-ci. « Qualimat recherche constamment à renforcer son engagement en matière de qualité et sécurité des produits alimentaires. L’association repose sur cinq piliers : la représentativité, l’engagement et l’implication des adhérents, la réactivité, le professionnalisme et l’amélioration continue, la mutualisation et communication et enfin la valeur ajoutée au profit de la sécurité sanitaire des filières, introduit Vincent Le Moine, président de Qualimat.

Contrôle des matières premières

C’est le thème fédérateur de l’association. Qualimat Contrôle matières premières (MP) se donne pour objectif de contrôler 100 % des lots de matières premières importés destinés à un ou plusieurs utilisateurs adhérents. Au premier semestre 2012, 62,8 % des 2 278 000 tonnes de matières premières importées ont été analysées, soit 1 431 000 tonnes (100 % des tourteaux de palmiste, 99 % des tourteaux de soja et 57 % des drêches). Toujours dans un souci de fournir une information pertinente, Qualimat Contrôle MP élabore des protocoles de prélèvements et d’analyses précis. « En 2012, nous avons contrôlé 133 navires transportant des matières premières de toutes origines, indique Pascal Renault, administrateur référent de Qualimat Contrôle MP. Plusieurs analyses (infrarouge, chimie, bactériologique, OGM, mycotoxines et pesticides) peuvent être effectuées sur une même cargaison et répétées 2 à 3 fois. Cela nous permet d’évaluer l’homogénéité du lot. » (Voir tableau.)

Trois comités techniques sont organisés chaque année. Ils rassemblent les adhérents (fabricants d’aliments, firmes-services), des représentants de l’administration et des organismes de recherche. Ils étudient notamment les résultats et les bilans des analyses effectuées sur la période passée. Ils sont aussi l’occasion d’une synthèse systématique des alertes RASFF (Rapid alert system for food and feed) présentée par Roland Fagot, de BNA NA et Alain Colin, de Provimi. Des thématiques particulières y sont aussi développées, comme cette année, l’évolution du catalogue européen 68/2013 des matières premières.

Les différents résultats obtenus peuvent amener les comités techniques à réévaluer les plans de contrôles mis en place par Qualimat. Ces changements se font en fonction des résultats d’analyses sur une période donnée, des alertes RASFF et Qualimat, des éléments de vigilances ou de préoccupations exprimées par les adhérents et des vigilances soulignées par l’Administration.

En complément de ces comités techniques, plusieurs rencontres et échanges ont eu lieu cette année avec certains fournisseurs (3 importateurs et le Synacomex, Syndicat national du commerce extérieur de céréales) dans le but de présenter la pertinence des actions de prélèvements précoces en zone portuaire. Ces échanges constructifs permettent de partager les objectifs de chacun pour assurer au final la sécurité sanitaire de la filière. Les actions correctrices pourront être mises en place plus facilement et en concertation entre les adhérents et les importateurs.

Le personnel de Qualimat est présent en général 20 % du temps de déchargement des matières premières d’un navire. Dès qu’un échantillon est prélevé, il est directement analysé par Qualimat (analyse infrarouge). Les résultats sont transférés aux adhérents dans la journée. Des analyses complémentaires (chimiques) peuvent être demandées à un laboratoire extérieur. Dans tous les cas le temps de réaction est rapide.

« Toutes les données destinées aux adhérents sont communiquées aussi souvent que jugé nécessaire et sous différentes formes : par le site internet, un bulletin mensuel, ou bien encore par mail, précise Pascal Renault. Une compilation des résultats d’analyses faits par les adhérents est également envoyée ponctuellement. »

Évolution du transport des matières premières

Le dossier Qualimat Transport continue sur sa lancée. Au mois de janvier 2013, 1 516 transporteurs étaient référencés au niveau national, soit une augmentation de près de 9 % par rapport à 2012. Paul Bousquin, administrateur référent Qualimat Transport, annonce même lors de la dernière AG un total de 1 544 transporteurs référencés au 20 mai 2013. Les régions Bretagne, Pays-de-Loire, Poitou-Charente, Aquitaine, Nord-Pas-de-Calais et Champagne-Ardenne sont les plus représentées. La dernière version 4 du cahier des charges mis en place par Qualimat est maintenant bien reconnue au niveau de toute l’Europe : GMP+ international, Ovocom, QS et très bientôt avec GTP-Coceral (1) et le CSA-GTP (2) pour la France.

Il fait également partie du Comité européen pour le transport routier (ICRT) (3). En quelques chiffres, Qualimat Transport en 2013 c’est 15 organismes certificateurs (ayant signé une convention avec l’association), 69 auditeurs formés et qualifiés (par un prestataire de conseil et de formation : Tétraèrdre), 134 sites de fabricants engagés et 179 stations de lavage déclarées.

Le comité de suivi, composé de fabricants d’aliments, firmes-services et transporteurs, se réunit plusieurs fois par an (3 en 2012 et 1 en 2013) en complément d’une réunion annuelle avec les organismes certificateurs. Les membres du comité de suivi sont répartis en différents groupes de travail : référentiel, classement, relation avec l’environnement, études des innovations, etc.

Les contrôles à réception réalisés par les fabricants d’aliments participent à la dynamique de Qualimat Transport, en complément des audits réalisés tous les 12 mois par les organismes certificateurs. L’association assure également une « hot line » pour la résolution des problèmes quotidiens.

Elle suit également la base européenne de gestion des niveaux de nettoyage, l’IDTF (4) afin d’apporter toujours plus de précisions aux utilisateurs. L’ensemble des informations (cahier des charges, listes des opérateurs, niveaux de nettoyage…) sont mises à disposition sur le site Internet de Qualimat (www.qualimat.org).

Qualimat Alerte : un an après

Véritable outil de coordination de la filière en cas d’analyse non conforme sur matières premières, Qualimat Alerte s’est déployé et compte aujourd’hui 33 adhérents ayant signé la charte. Un protocole a pu être rédigé et signé par un groupe de fabricants et de fournisseurs. Il permet la mise en place rapide d’actions validées par tous (voir article paru dans RAA 658). Depuis début 2012, plusieurs types d’alertes ont pu être gérées : 4 pour des pesticides, 7 pour des salmonelles et 1 pour des mycotoxines.

Un comité Qualimat Alerte se réunit dans les 4 heures qui suivent la réception du signal. Il se compose de fabricants d’aliments nommés au préalable et du fournisseur de la matière première posant problème. Si la contamination se confirme, des actions se mettent en place : prévenir les fabricants utilisateurs dans les meilleurs délais possibles et définir le périmètre de non-conformité.

Depuis avril 2012, date de la première alerte gérée via Qualimat Alerte, 32 réunions ont eu lieu et traitant de divers contaminants : 9 réunions pour des pesticides, 20 pour des salmonelles et 3 pour des mycotoxines. Une réunion de débriefing de fin d’alerte (avec les fabricants, les firmes-services et fournisseurs) a toujours lieu afin de continuer à valoriser l’expérience et améliorer les procédures.

Caroline Morice

(1) GTP-Coceral : le code GTP (Good trading practice) est le Code européen des bonnes pratiques commerciales relatif à l’activité de commerce de céréales et d’oléoprotéagineux au sein de l’Union Européenne.

(2) CSA-GTP : afin de s’inscrire dans une démarche unique et homogène en matière d’hygiène, Coop de France Métiers du Grain, la FNA et le Synacomex ont élaboré le référentiel CSA/GTP (charte sécurité alimentaire/Good trading practice). Ce référentiel s’adresse aux coopératives, négociants ou silos et leur permet de recevoir une certification officielle.

(3) ICRT (International Committee Road Transport ou Comité International pour le Transport Routier) : les organisations Qualimat, Ovocom, GMP+ International, QS et GTP travaillent ensemble au sein de ce comité d’experts. Il a pour rôle principal la veille et la classification des marchandises transportées. Il définit le niveau de nettoyage minimum le plus adéquat pour assurer la sécurité des produits destinés à l’alimentation des animaux et transportés ultérieurement.

(4) IDTF (International database transport (for) feed) est une base de données créée par l’ICRT et regroupant les exigences de nettoyage minimum requis, facilitant ainsi le travail des entreprises qui opèrent au niveau international.

… Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 668 – juillet-août 2013

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