44e Journées de la Recherche Porcine : viser une alimentation idéale et plus précise

Co-organisées par l’INRA et l’IFIP, les 44es journées de la recherche porcine se sont tenues à Paris les 7 et 8 février derniers. Elles ont rassemblé quelque 500 scientifiques et techniciens du secteur porcin, dont une centaine en provenance de l’étranger. Retour sur la session alimentation, qui a eu lieu la deuxième matinée, et qui a accueilli six conférences et quinze présentations de posters.

Qualité des interventions (80 communications au total) et présence internationale ont marqué les 44es journées de la recherche porcine. « Les délégations de l’étranger sont venues cette année principalement des Pays-Bas, mais aussi de Belgique, d’Italie, d’Espagne, du Québec, et pour la première fois du Brésil », affirme Claude Montariol, responsable communication de l’IFIP (…). « Déterminer un régime alimentaire idéal reste problématique et le travail doit se poursuivre », affirme pour sa part Alain Coupel, de Calcialiment, qui a été le modérateur de la matinée du 8 février, consacrée à l’alimentation.

Modélisation

Dans la première présentation, Bertrand Vautier, de l’INRA de Saint-Gilles (Ille-et-Vilaine) s’est intéressé à l’étude des liens entre paramètres individuels pour modéliser la croissance à l’échelle de la population. Selon le conférencier, la modélisation des performances d’une population en croissance en est encore à ses balbutiements et la prise en compte de la variabilité des besoins des animaux d’une bande est actuellement réalisée de façon très empirique, les apports étant raisonnés avec des marges de sécurité plus ou moins élevées selon le contexte économique.

(…) « Le but de notre étude est de rechercher, par une analyse factorielle multiple duale, les structures de covariance liant les paramètres individuels entre eux à partir d’observations réalisées sur 1 028 animaux issus de 32 groupes de porcs étudiés à la station IFIP de Romillé (35) », explique Bertrand Vautier, qui précise que chaque profil individuel est déterminé par cinq paramètres, dont trois décrivent la croissance et deux l’ingéré ad libitum. Ses conclusions montrent qu’il reste du chemin à parcourir dans cette tentative de modélisation de la croissance : « En pratique, il est quasiment impossible de collecter en élevage les informations définissant la structure d’une population. Néanmoins, nous proposons de recueillir, pour un élevage donné, seulement les informations permettant de construire le vecteur moyen et d’appliquer ensuite une matrice de covariance générique obtenue à partir de l’échantillon des porcs étudiés afin de simuler une réponse de population la moins biaisée possible. »

La modélisation était également l’angle de la deuxième intervention de Marie-Pierre Létourneau-Montminy, d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, qui a apporté une nouvelle vision dynamique du devenir du phosphore et du calcium alimentaire au niveau métabolique chez le porc en croissance. « Le métabolisme du phosphore est complexe, notamment en raison de son lien avec le métabolisme calcique, et seule une approche de modélisation permet de prendre en compte simultanément tous les mécanismes impliqués », explique la conférencière canadienne, qui ajoute que cette approche permet de prendre en compte différents objectifs de production tels que les performances de croissance, la qualité des produits, le bien-être et la protection de l’environnement.

Le modèle présenté par Marie-Pierre Létourneau-Montminy prédit dans un premier temps les quantités de phosphore et de calcium requises pour atteindre le potentiel de minéralisation osseuse, puis il simule l’impact de déséquilibres phosphocalciques construits. (…)

On retrouve cette recherche d’un ajustement des apports phosphocalciques dans la troisième intervention d’Agnès Narcy, de l’INRA de Nouzilly (Indre-et-Loire). L’étude présentée par cette dernière s’intéresse à l’influence de l’apport de calcium et de phytase sur le pH et la solubilité des minéraux au niveau gastro-intestinal chez le porcelet sevré. L’étude a été menée afin d’évaluer l’effet de l’apport de phytase microbienne (0 et 1 000 FTU/kg) selon trois concentrations alimentaires de calcium (Ca, 0,50, 0,75 et 1,00 %) sur l’utilisation digestive du phosphore chez le porcelet sevré. Ses conclusions sont claires : la phytase a augmenté la digestibilité du phosphore (P < 0,001), indépendamment de l’apport calcique, alors que l’abaissement du calcium a amélioré légèrement la digestibilité du phosphore (P < 0,01), avec ou sans phytase.

Lysine et gain de poids

Plusieurs interventions vont par la suite s’intéresser aux stratégies d’apports des acides aminés et à la précision de ces derniers. C’est notamment le cas de Candido Pomar, du département d’ingénierie agricole de l’Universitat de Lleida, en Espagne. L’objectif du travail présenté par ce dernier était de calibrer un modèle mathématique permettant d’estimer en temps réel les besoins individuels en lysine des porcs en croissance, dans les intervalles de 25 à 55 kg et de 70 à 100 kg de poids vif. Quatre aliments expérimentaux ont été mélangés pour fabriquer six régimes alimentaires contenant 60, 70, 80, 90, 100 ou 110 % des besoins de lysine estimés chaque jour pour chaque porc, tout en maintenant un niveau adéquat des autres nutriments. Soixante porcs ont été assignés aux traitements à 25 kg de poids vif et 60 autres à 70 kg et nourris avec le programme alimentaire correspondant. Les porcs ont été logés en groupes de 60 animaux, mais nourris individuellement. Chez les jeunes animaux, le niveau de lysine n’a pas modifié la consommation d’aliment alors qu’elle était 5 % supérieure chez les animaux plus âgés nourris à 90 % du besoin. Le gain de poids (GMQ) et dépôt de protéine (DP) ont augmenté linéairement (P 0,001) avec le niveau de lysine des aliments.

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Philippe Caldier

 … Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 654 – Mars 2012

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