L’équipe de Sipena dans son atelier tout juste livré, à Saint-Malo (de gauche à droite) : David Descrot, fondateur de Sipena, Karine Le Grand, en charge de la recherche et développement, et le technicien responsable de production.

Sipena : un nouvel acteur sur un marché porteur

Créée en 2015 par David Descrot, la société Sipena fabrique des produits à libération contrôlée pour la nutrition animale. Revendiquant leur désir d’être connus sur la durée avec de « beaux et bons produits », les dirigeants affichent déjà un démarrage et des résultats prometteurs. Rencontre à Saint-Malo, dans leur atelier flambant neuf.

L’équipe de Sipena dans son atelier tout juste livré, à Saint-Malo (de gauche à droite) : David Descrot, fondateur de Sipena, Karine Le Grand, en charge de la recherche et développement, et le technicien responsable de production.

L’équipe de Sipena dans son atelier tout juste livré, à Saint-Malo (de gauche à droite) : David Descrot, fondateur de Sipena, Karine Le Grand, en charge de la recherche et développement, et le technicien responsable de production.

« La libération contrôlée est une thématique d’avenir, qui correspond à un réel besoin d’amélioration et d’appropriation des formules », présente David Descrot, qui connaît bien le sujet, étant issu d’un grand groupe de nutrition animale. S’il décide en 2015 de partir vivre l’aventure entrepreneuriale en créant Sipena, c’est parce qu’il a développé un process original (et breveté) sur un marché certes concurrentiel mais haut de gamme, où la qualité paye à tout point de vue. « La particularité de notre technologie consiste à garantir l’efficacité du produit sans utiliser beaucoup d’enrobant, dévoile Karine Le Grand, directrice R&D. Quand le taux d’actif d’un produit atteint 60 %, nous visons l’objectif de 75 %, voire plus sur des produits à libération intestinale. »

Les substances actives, qui peuvent aller jusqu’à huit pour le même produit, sont intercalées entre des couches enrobantes dont la composition ne nous sera bien sûr pas révélée : « Nous avons le savoir-faire de façonnage pour réaliser des produits sur-mesure, tout en répondant aux impératifs de « produire plus avec moins », résume David Descrot. Par exemple, la concentration en urée du produit Sipur, une urée protégée pour une libération ruminale sur six à huit heures, est telle qu’il peut fournir une alternative au soja ! »

Equipements spécifiques et polyvalents

La société a d’ailleurs démarré son développement de produits en propre avec cet aliment complémentaire. « Nous avons démarré avec un petit outil pilote dans l’est de la France afin de réaliser nos premiers référencements et valider la technologie et le process, retrace le fondateur de Sipena. Nous avons ensuite investi plus d’1,5 million d’euros dans cet outil industriel, grâce aussi à des prêts bancaires mais aussi à des avances remboursables de la part de la région Bretagne, de Saint-Malo Agglomération et de BPI. Ces éléments nous permettent de conserver notre indépendance capitalistique, qui est un vrai argument dans le positionnement vis-à-vis de nos clients. »

L’atelier, qui s’étend sur 600 m2, comporte différents équipements spécifiques et polyvalents, dont une centrale de traitement d’air pour travailler à des températures optimisées pour chaque ingrédient. « Cette centrale permet aussi de sécher ou déshydrater les produits en fonction des besoins », précise David Descrot. Sipena livre ses produits en big-bag ou conditionnés à des poids variables grâce à sa station d’ensachage. La société démarre tout juste la phase de production après la période de calibrage.

L’enrobage limité, garanti sans OGM et sans huile de palme, est un des éléments différentiant qui permet à Sipena de réduire les coûts et ainsi de « démocratiser l’accès à des produits techniques ».

L’enrobage limité, garanti sans OGM et sans huile de palme, est un des éléments différentiant qui permet à Sipena de réduire les coûts et ainsi de « démocratiser l’accès à des produits techniques ».

« Démocratiser l’accès à des produits techniques »

L’enrobage limité, garanti sans OGM et sans huile de palme, est un des éléments différentiant qui permet à Sipena de réduire les coûts et ainsi de « démocratiser l’accès à des produits techniques ». Ces derniers répondent à différentes problématiques d’intérêt majeur dans la nutrition animale : en plus de la libération contrôlée, l’objectif premier, ils peuvent en effet apporter une réponse efficace au manque de coulabilité de certaines poudres difficiles à manipuler. Ils peuvent aussi limiter les réactions acido-basiques ou les problèmes d’appétence.

Si elle se consacre pour le moment majoritairement aux ruminants, Sipena va élargir rapidement sa gamme à toutes les espèces. Travaillant par ailleurs sur l’alimentation de précision, l’équipe souhaite impliquer ses clients dans ses pistes de développement, c’est pourquoi l’entreprise est agréée au crédit d’impôt recherche. Elle vient par ailleurs d’obtenir la certification Feed Chain Alliance.

« Prendre le temps »

Quand on l’interroge sur l’évolution de sa société, David Descrot répond sans fard qu’elle a vocation à fonctionner en équipe réduite pour garder le maximum de réactivité. Sipena fonctionne aujourd’hui avec quatre personnes : le fondateur s’occupe de la partie développement et commerce, Karine Le Grand de la R&D, qualité et réglementation, un technicien s’occupe de la production, et une personne doit rejoindre l’équipe pour prendre en charge la logistique et les opérations. « Sipena est une création ex-nihilo, rappelle le directeur. Le siège à Saint-Malo, sorte de bateau amiral, a pour vocation de développer plus tard d’autres unités de fabrication et des alliances. Mais l’enjeu principal consiste à travailler dans la durée et donc à « prendre le temps de construire de bonnes bases » ».

Sarah Le Blé

 

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