Qualité, substances indésirables, amont et transport : bilan 2019 des comités de pilotage de Qualimat

Les comités de pilotage des quatre domaines d’activité de Qualimat ont présenté les avancées de leurs travaux en comité technique cet automne. La réunion rassemblait une quarantaine de participants issus des adhérents mais aussi des représentants de l’administration. Le contrôle de la qualité des matières premières et la gestion des alertes substances indésirables sont au cœur historique de l’activité de l’association, mais les aspects Amont et Transport sont devenus primordiaux. Revue de détails.

Au sein de l’association Qualimat, chaque domaine d’activité est piloté par un binôme formé d’un professionnel et d’un chargé de projet de l’association. Il anime un comité de pilotage qui porte les actions et réflexions dans le domaine. « Le rôle primordial joué par l’animateur professionnel garantit que les problématiques traitées sont bien en adéquation avec les demandes des acteurs du secteur de la nutrition animale », a rappelé Marie-Anne Hannotiaux, la directrice de Qualimat. Lors de son dernier comité technique, cet automne, l’association Qualimat a demandé à chaque binôme de faire le point sur son travail.

Chaque domaine d’activité est piloté par un professionnel et un chargé de projet de l’association Qualimat.

Matières premières

Le premier comité est celui dédié au Contrôle des matières premières. L’administrateur référent est Jean-Pierre Bellec, de la société Agrial, assisté d’Olivier Fouquet qui assure les prélèvements en zone portuaire et de Jennifer Dalibard, chargée de projet. Les chiffres arrêtés au 30 septembre montraient 126 navires contrôlés soit 2,114 millions de tonnes de matières premières. « Quatre-vingt-onze navires ont été prélevés directement par Qualimat, 25 navires ont été échantillonnés par Qualimat et les importateurs, et 10 navires ont été échantillonnés par les importateurs, avec remise des échantillons à Qualimat », a précisé Marie-Anne Hannotiaux.

Lors du comité technique, les valeurs analytiques sont passées en revue aussi bien en ce qui concerne des paramètres standards (humidité, protéine, matière grasse, etc.) que plus spécifiques (solubilité de la protéine, insoluble chlorhydrique, etc.). Lorsque des valeurs sont inhabituelles ou hétérogènes, des investigations complémentaires sont diligentées en lien avec le fournisseur.

Sur le sujet des salmonelles, 27 navires ont été contrôlés par Qualimat et 66 navires par les importateurs. Qualimat assure en effet la mutualisation des résultats d’analyses réalisées par les fournisseurs au déchargement des navires.

Un autre axe de travail important du comité est le déploiement du portail Qualité notamment auprès des fournisseurs adhérents pour leur plan d’analyses internes : « Nous en attendons une consolidation de la remontée d’informations auprès des adhérents, reconnaît Marie-Anne Hannotiaux. Des tests ont été menés avec deux fournisseurs et des contacts sont pris pour élargir la participation. L’intérêt est de gagner du temps en supprimant la phase de re-saisie des résultats d’analyses par Qualimat, tout en assurant une meilleure fiabilité des résultats et une meilleure accessibilité. » Six importateurs sont déjà signataires d’une convention pour partager leurs informations d’analyses. Le portail Qualité a été un grand pas dans le partage de l’information sur les analyses. Il a été mis en route en octobre 2018 avec un principe de consultation volontaire de l’information en ligne. Mais il avait aussi signifié la suppression des bulletins d’information quotidiens qui se sont avérés manquer à certains opérateurs soucieux d’être informés rapidement des évolutions de la qualité des matières premières. Qualimat réfléchit donc à une évolution de ce système : « Nous allons enquêter les adhérents sur leur besoin d’informations afin de réussir à construire un système automatique qui satisfasse leur besoin. » Un travail sera également mené sur la valorisation des données historiques, révélateur d’enseignements.

Le comité s’est également penché sur la question de la sécurisation de son activité de contrôle qualité des matières premières en cas de panne de l’infralyseur. Les actions entreprises ont été résumées : « Une revue d’inventaire pour décrire les tâches associées au métier de technicien. Une réflexion sur les coûts analytiques de l’association : nos coûts en analyses chimiques sont importants pour la robustesse de nos données. Le possible renouvellement du matériel avec des rencontres de fournisseurs : Perten, Foss, Bruker et Fondis pour le Nir portatif. » Qualimat réfléchit également sur ses calibrations : les acheter, les développer en interne, etc.

Substances indésirables

Le comité dédié à la Surveillance des substances indésirables est piloté par Florence Quéré, de Nutréa, administratrice référente et Flavie Hue, chargée de projet. Quatorze experts sont formés à la démarche Qualimat Alerte et sont sollicités en cas de déclenchement du dispositif pour participer aux cellules d’alerte. Ils sont issus des services qualité, formulation, achats ou laboratoires. Trois nouveaux experts sont en cours de formation en 2019 : « Face à la multiplication des alertes, nous voulons pouvoir mobiliser de nouvelles personnes en cas de besoin. »

Trente-cinq alertes ont été gérées depuis la mise en place du comité en 2012. La majeure partie a concerné des tourteaux de soja (pour 43 %) et de tournesol (pour 14 %), sur des signaux bactériologiques et pesticides principalement. En 2019, Qualimat a fait face à cinq alertes : un dossier salmonelle en janvier et quatre alertes en juillet-août, deux salmonelles sur des tourteaux de soja, du mercure sur du tourteau de tournesol Hipro et une suspicion d’ambroisie sur un tourteau de tournesol. Florence Quéré a détaillé le déroulement des alertes et les nombreuses réunions de cellules de gestion opérationnelle nécessaires pour traiter chaque dossier.

« Vu le caractère inhabituel de l’alerte sur l’ambroisie, nous avons dû mener un important travail de bibliographie et d’investigation sur le risque lié à la présence d’ambroisie en nutrition animale, souligne-t-elle. Nous avons notamment dû approfondir nos connaissances sur les techniques et méthodes d’analyses et d’échantillonnage. La synthèse de ce travail a été adressée aux adhérents concernés mais va certainement donner lieu à la rédaction d’une fiche expertise afin de diffuser l’information plus largement. » En effet, le principe de ces fiches est de conserver l’expertise acquise lors de la gestion d’un dossier et de mutualiser les informations et les compétences afin de gagner en professionnalisme.

Laura Fanen et Lauriane Tanter, chargées de projet pour Qualimat.

Transport et Amont

Le comité de suivi Qualimat Transport est piloté par Hervé Vasseur, d’Aliouest, administrateur référent. Lauriane Tanter, chargée de projet du domaine, a présenté les principaux chiffres : « Treize organismes certificateurs sont habilités et 94 auditeurs sont aujourd’hui qualifiés. Deux mille cent dix-huit opérateurs de transports sont certifiés. Cent vingt-huit usines de fabrication d’aliment sont engagées dans la démarche. » En complément des audits annuels tiers parti réalisés par les organismes certificateurs, des contrôles sont diligentés à réception chez les fabricants. Les non-conformités sont remontées à Qualimat et concernent principalement des défauts de nettoyage et le recours à une sous-traitance non autorisée. Qualimat observe chaque année moins de non-conformités : « Les procédures sont de mieux en mieux appliquées, le niveau de respect des exigences s’accroît. »

Dans le cadre de la reconnaissance avec GMP+, Qualimat poursuit son travail : « Nous travaillons ensemble pour améliorer nos procédures afin de garantir la robustesse du dispositif. » Qualimat a notamment un axe de travail sur l’amélioration de son dispositif de supervision des organismes certificateurs. D’autre part, un groupe mixte de travail réunissant le comité de suivi et les organismes certificateurs a été créé. « Nous faisons des réunions téléphoniques une fois par mois pour traiter les questions opérationnelles. »

Le dernier comité Qualimat est celui de l’Amont. Vincent Le Moine, Sofral-Le Gouessant, en est l’administrateur référent, et Flavie Hue la chargée de projet. Son objet est l’amélioration de la qualité nutritionnelle et sanitaire des matières premières par la mutualisation des diagnostics clients. Cinq diagnostics ont été réalisés en 2019 – chez un producteur de phosphate carbonate, un déshydrateur, un fabricant d’acides aminés, un fournisseur d’additifs et un organisme stockeur en milieu portuaire –, quarante depuis 2011, époque des premiers tests. « Nous ne sommes pas des certificateurs mais bien des auditeurs au service des professionnels, rappelle-t-il. Nous réalisons des rapports d’audit chez les fournisseurs. Nos auditeurs sont issus des services qualité, formulation et achat des entreprises participant. Ils sont mandatés par Qualimat pour effectuer ces audits. Notre problématique est de trouver le bon positionnement dans notre environnement professionnel autour de la qualité sanitaire des aliments », reconnait-il. Le comité travaille donc sur l’implication des adhérents à la démarche Qualimat Amont afin de faciliter les obtentions d’accord d’audit. Quatre diagnostics sont en cours de planification et deux en cours de négociation.

« Nous sommes également en passe de faire une révision documentaire de notre dispositif afin d’intégrer l’expérience des diagnostics déjà réalisés. L’idée est de renseigner toujours mieux les audits. » Le comité veut également dynamiser son réseau d’auditeurs : « Nous voulons créer une communauté d’auditeurs pour qu’ils partagent leurs connaissances, leurs questionnements, qu’ils contribuent à faire connaître notre démarche. »

Vincent Le Moine rappelle que « le rapport d’audit appartient au fournisseur, c’est à lui d’en assurer la diffusion auprès de ses clients ». Qualimat réalise des synthèses par thématique transversale à destination des adhérents : « Notre finalité est de représenter le regard du fabricant d’aliment sur son fournisseur. Nos audits visent à identifier les points rassurants, les sujets problématiques, de mettre en évidence les voies d’amélioration des schémas de certification, dans une approche vertueuse et mutualisée. »

Marie-Anne Hannotiaux a conclu le comité technique en annonçant le lancement d’une nouvelle version 1.1 du portail Qualité d’ici la fin de l’année et son déploiement pour les parties Transport et Amont en 2020.

F. Foucher

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