Corinne Charrié a présenté sur le Space la nouvelle version du D7300, offrant une vision globale de la qualité d’un lot.

Qualité et sécurité sanitaire : extension des domaines d’analyses

Les laboratoires étendent leurs domaines de compétence et les fabricants de matériel d’analyses renforcent les performances de leurs outils. En nutrition animale, la qualité n’est pas un vain mot et les collaborateurs ou équipementiers se donnent les moyens d’être à la hauteur des enjeux des fabricants.

Corinne Charrié a présenté sur le Space la nouvelle version du D7300, offrant une vision globale de la qualité d’un lot.

Corinne Charrié a présenté sur le Space la nouvelle version du D7300, offrant une vision globale de la qualité d’un lot.

Perten fait évoluer ses outils et améliore ses logiciels de caractérisation des matières premières et produits finis : « La puissance des logiciels développés par Perten permet d’avoir désormais une très bonne connaissance du lot dans son ensemble, avec la composition complète », annonce Corinne Charrié. La nouvelle version du D7300 offre ainsi une vision globale de la qualité du lot grâce à une mesure continue et précise de plusieurs paramètres simultanément (humidité, protéines, matière grasse, huile, cendres, etc.). La méthode rapide comporte plusieurs champs d’application tels que le contrôle des matières premières, le contrôle qualité ou le contrôle du mix… permettant l’optimisation de la production.

Le laboratoire indépendant Labexia (groupe Carso) offre un large panel d’analyses en alimentation animale : analyses nutritionnelles ; calcul des valeurs nutritionnelles pour les espèces cheval, volaille, porc et ruminant ; analyses microbiologiques sur les Listeria, Salmonella, E.coli, etc., et recherche de contaminant comme les métaux lourds, mycotoxines, résidus de pesticides ou médicaments, etc. Accrédité Cofrac, le laboratoire étend encore son champ de compétences : il vient en effet de recevoir la reconnaissance de la DGAL pour rechercher l’ADN ruminant par méthode PCR. « Cela correspondait au besoin de certains clients de certifier qu’il n’y a pas de trace de protéines animales transformées issues de ruminant », indique Nathalie Drion, responsable technique en nutrition animale. Souhaitant offrir un périmètre d’analyses de plus en plus complet, Labexia travaille sur un projet d’équipement en Nir avec Bruker.

Nouvel équipementier Nir

Également présent sur le Space, Bruker a présenté la dernière version de son MPA : le spectromètre est doté de performances optiques renforcées et de composés à la durée de vie encore rallongée, avec une garantie de dix ans. « Tout ce qui a été réalisé avec la version précédente est transférable sur la nouvelle version », précise Christophe Tardy. Polytec, fournisseur de solutions optiques, a tenu quant à lui pour la première fois un stand dans le hall 9 du salon rennais, cherchant à toucher plus directement les industriels de la nutrition animale. La société conçoit en effet une large gamme de solutions répondant aux besoins de procédés industriels, comme les spectromètres en ligne, les lampes flash au Xenon, des détecteurs infrarouges et des analyseurs de températures. Sur le salon, Polytec mettait en valeur un spectromètre à tête déportée, c’est-à-dire avec une tête de mesure indépendante du boîtier d’analyses, rendant l’équipement moins encombrant sur site. Le Nir faisait par ailleurs l’objet d’une conférence animée par Julien Guillory, du laboratoire Upscience (InVivo), qui a rappelé ses applications et ses intérêts.

Problématique des mycotoxines masquées

Enfin Labocea, laboratoire d’analyses des collectivités territoriales bretonnes (CD22, 35, 29, et Brest Métropole), porte un important projet de recherche des mycotoxines et révise sa méthode d’analyses pour l’élargir aux nouvelles familles émergentes réglementées ainsi qu’à celles issues de la dégradation de molécules mères. D’autre part, Labocea se penche attentivement sur la thématique des mycotoxines masquées, c’est-à-dire qui s’associent aux sulfates ou aux sucres de la plante ou dans l’organisme animal (association avec la flore digestive). « Cette nouvelle thématique implique de trouver des standards car sur un plan analytique, la recherche non ciblée n’est pas possible : on ne trouve que ce que l’on cherche. Nos protocoles doivent donc prendre en compte les molécules libres mais aussi associées (au sulfate ou au sucre) », explique Éric Marengue, chef du service micropolluants organiques. À titre d’exemple, 30 % de la production mondiale de blé en 2017 étaient contaminées au DON 3G (DON et glucose). « On a tendance à sous-estimer leur présence, il est temps d’y remédier », indique le chercheur.

Reconnu au niveau mondial dans ce domaine avec 2 500 analyses par an pour des clients de tous les continents, Labocea compte intégrer une centaine de mycotoxines (contre une soixantaine aujourd’hui) à ses protocoles d’analyses, afin de fournir dès le premier trimestre 2019 « le diagnostic le plus complet ». Le service micropolluants organiques travaille par ailleurs sur la surveillance des résidus de pesticides réglementaires, autre volet important de ses recherches, ainsi que sur les contaminations issues de processus industriels.

Sarah Le Blé

Inscrivez-vous à la newsletter
gratuite de La Revue de l’Alimentation Animale.