Qualimat : un comité technique entre deux confinements

Entre confinement et re-confinement, Qualimat a réussi à tenir son comité technique et réunir ses adhérents et partenaires. Un moment d’échange auquel ont également pu participer en ligne par visioconférence ceux qui le souhaitaient. Les membres de l’équipe Qualimat ont pris la parole chacun leur tour pour faire un point sur les dossiers en cours. L’association avait invité Renaud Lailler, microbiologiste et épidémiologiste à l’Anses*, pour parler des salmonelles.

Marie-Anne Hannotiaux, directrice de Qualimat, a ouvert la réunion en présentant le fonctionnement de l’association et les divers outils de communication grand public ou ciblée dont elle dispose. Elle a par la suite laissé la parole à son équipe pour un état des lieux des actions menées au cours de l’année et à Renaud Lailler pour sa présentation de l’Anses et de la plateforme SCA.

Marie-Anne Hannotiaux, directrice de Qualimat, a ouvert la réunion en présentant le fonctionnement de l’association et les divers outils de communication grand public ou ciblée dont elle dispose.

Jennifer Dalibard a fait le point sur l’activité du domaine Contrôle des matières premières au cours de l’année écoulée. Elle a livré les derniers chiffres : 126 navires ont été contrôlés en 2020, 63 par Qualimat et 73 prélevés par les importateurs via les sociétés de surveillance dont 24 pendant le confinement c’est-à-dire quand il était impossible pour le technicien de Qualimat, Olivier Fouquet, de se rendre sur place. Ces prélèvements ont permis d’analyser 899 échantillons, dont 711 par la technique du proche infrarouge ; 188 ont été envoyés au laboratoire de référence pour des analyses de chimie afin de valider les analyses rapides réalisées par Qualimat et analyser des paramètres complémentaires. Onze échantillons ont subi des analyses de recherche de mycotoxines. « Nous ne réalisons plus d’analyses salmonelles, souligne Jennifer Dalibard. Elles sont remplacées par une mutualisation des résultats d’analyses salmonelle des fournisseurs. » Cette activité de prélèvement a concerné les ports de Montoir (pour 53 %), Lorient (30 %), Brest (10 %) et dans une moindre mesure Saint-Malo et le Légué à Saint-Brieuc.

Elle a ensuite résumé les actions engagées en 2020. « Nous avons d’abord suivi notre engagement à réinstaller un pilotage du domaine par un chargé de projet après une période de turn-over depuis 2018. » Jennifer Dalibard a débuté ses fonctions en décembre 2019 et a pris en main le pilotage des actions du domaine. Pour la partie opérationnelle, elle a été formée par Olivier Fouquet aux analyses d’échantillons – ce qui a permis de ne pas mettre les prélèvements en pause pendant les congés estivaux – et découvre actuellement les différents environnements portuaires. Il lui reste encore à développer ses compétences auprès des adhérents sur l’exploitation des résultats Qualimat pour la valorisation matricielle des analyses.

Le 2e axe de travail fixé par le conseil d’administration pour le domaine Matières premières était le développement de l’utilisation du Portail qualité par les fournisseurs. « Lors du premier semestre 2020, nous avons mis en place une période de test avec un des fournisseurs, décrit Jennifer Dalibard. Depuis juillet, ce fournisseur saisit donc ses résultats d’analyses salmonelles directement sur le Portail qualité, avec l’appui des sociétés de surveillance impliquées dans les prélèvements d’échantillons. L’objectif à terme est de parvenir à une utilisation généralisée du Portail qualité à tous les fournisseurs signataires de la convention de mutualisation des résultats d’analyses salmonelles. »

Le 3e axe visait à consolider les résultats des analyses fournisseurs. Cette opération a commencé par les fonctionnalités du Portail qualité qui permettent de mutualiser les résultats d’analyses. « Les adhérents ont reçu l’historique de la mutualisation des résultats salmonelles et depuis le 1er janvier les résultats sont saisis en temps réels dans le Portail qualité », décrit-elle. L’action se poursuit par le développement du nombre de signataires : « Aujourd’hui, six importateurs mutualisent leurs informations. Des accords de principe ont été formulés par deux autres, mais la formalisation et la signature de la convention ne sont à ce jour pas effectives », décrit Jennifer Dalibard. Sur ce thème du Portail qualité et de la mutualisation des résultats d’analyses fournisseurs, elle dresse le bilan des dernières actions : « Notre objectif est de fournir des informations sur la qualité sanitaire des matières premières en valorisant les analyses réalisées par la filière. Le périmètre actuel concerne les analyses salmonelles sur les matières premières d’importation. Pour répondre à cet objectif l’outil informatique s’est adapté et compte désormais deux modes de saisie. La saisie standard est réalisée par les importateurs, les sociétés de surveillances et les laboratoires qui mettent à disposition des adhérents leurs données ; la saisie hors flux est réalisée par Qualimat qui, à l’appui des bulletins d’analyse reçus des fournisseurs, met à disposition les résultats dans la base de données. » Qualimat édite en outre des documents tels que sa Synthèse salmonelle trimestrielle. De tous ces fichiers, les adhérents sont libres d’extraire les données dont ils ont besoin. « Nous souhaiterions étendre ce fonctionnement à d’autres substances indésirables afin que le portail soit utilisé plus largement par d’autres fournisseurs pour couvrir un périmètre plus large de surveillance mutualisée. »

Qualimat a engagé une réflexion sur l’amélioration de l’information aux adhérents lors de la mise en ligne de nouveaux résultats d’analyse. « Une enquête auprès des adhérents en décembre 2019 nous a permis de définir le besoin en termes de notifications lorsque de nouveaux résultats sont publiés. Dès le 1er trimestre 2021, nous allons développer un nouveau système de notification signalant la mise en ligne des nouveaux résultats aux adhérents. »

Enfin, Qualimat travaille toujours au projet de remplacement de son matériel d’analyse rapide. « Nous nous sommes penchés sur le fonctionnement du domaine sous l’angle économique et avons étudié le coût de la sous-traitance des analyses Nir, explique Jennifer Dalibard. Nous avons ensuite rencontré quatre fournisseurs d’appareils et trois fournisseurs d’équation de prédiction. Les offres ont été étudiées et le conseil d’administration sera sollicité en fin d’année sur la préconisation établie par le comité de pilotage du domaine. »

Jennifer Dalibard a également rapporté les essais inter-laboratoires menés sur le tourteau de tournesol décortiqué dont les adhérents ont pu voir les résultats dans un rapport adressé en avril 2020. Un autre essai de ce type est en cours sur le tourteau de colza.

Elle a également rappelé que Qualimat avait validé ces derniers mois un transfert de ses analyses du laboratoire LDA 56 « vers le laboratoire Inovalys à Nantes dans le cadre d’un partenariat entre les deux structures menant à la fermeture du service d’analyses nutritionnelles sur le site de Saint-Avé ».

Surveillance des substances indésirables

Flavie Le Rolland a ensuite dressé le bilan du domaine Qualimat Surveillance des substances indésirables. « Notre principal axe de travail ces derniers mois a été de développer la reconnaissance du dispositif. D’une part auprès de l’Administration avec laquelle nous travaillons à la mise en place d’un dispositif d’échange d’informations dans le cadre de la gestion des alertes dans le cadre du protocole Qualimat Alerte. Nous attendons un retour de leur part pour mieux appréhender les dispositions prises dans le cadre de certaines alertes. D’autre part auprès des partenaires, Secure Feed et GMP+, avec lesquels nous en sommes à la phase de compréhension et présentation des outils avant de pouvoir imaginer des passerelles entre nos outils. » Qualimat a également contribué ces derniers mois aux travaux de la profession par le biais de sa participation au projet RMT Al-Chimie de l’Actia dont l’objectif est « un travail commun à plusieurs filières sur des problématiques de contaminants chimiques, sur une durée de cinq ans ». Qualimat Surveillance s’est également impliqué dans le groupe biosécurité du Snia-La Coopération Agricole.

Le technicien de Qualimat, Olivier Fouquet, se rend dans les ports pour réaliser les prélèvements de contrôle des matières premières

Un deuxième axe de travail de ce domaine Surveillance a été de déployer une nouvelle version des documents de références qui ont pu être diffusés en juin dernier. Ils ont évolué sur plusieurs points : « Ils proposent une procédure clarifiée de la gestion d’un signal : qui signale, quelles données sont nécessaires pour un bon signalement ? etc. Ils contiennent des précisions sur la conservation des reliquats d’échantillon à l’origine des signaux, car il est important de pouvoir disposer de celui-ci tout au long de la procédure afin de pouvoir éventuellement conduire d’autres analyses complémentaires ou contradictoires. Les fiches pratiques contaminants ont été précisées. Des notices techniques d’échantillonnage ont été rédigées, notamment pour le prélèvement des matières solides transportées en benne et citerne vrac. Une nouvelle notice technique a été rédigée pour la réalisation d’échantillons destinés à des levées de suspicions en cas d’alerte. Tout ce travail documentaire a pour objectif d’aider les adhérents à trouver les informations règlementaires importantes », souligne-t-elle. Pour ce qui est du retour d’expérience, Qualimat continue de consolider les fiches expertises avec la parution d’une nouvelle fiche sur les Aflatoxines B1 qui présente en détail les contaminants et rassemble un retour d’expérience des différentes gestions d’alertes.

Flavie Le Rolland a ensuite énuméré les alertes qui ont émaillé les derniers mois : quatre alertes, sur de la luzerne déshydratée et des tourteaux de tournesol Hipro, ont nécessité la mobilisation de douze cellules d’alerte réunissant dix experts. Vingt-trois adhérents ont été concernés par ces dossiers d’alerte.

« En lien avec deux signaux de mars dernier et des signaux de 2019, le comité de pilotage a demandé une étude transversale sur Salmonella Infantis, précise Flavie Le Rolland. Pour l’heure, notre première approche ne montre pas de point commun ni dans les matières premières, ni dans les origines. Nous continuons à rassembler les informations sur ce contaminant qui est apparu dans l’actualité notamment dans la filière avicole italienne. » Qualimat a communiqué à ses adhérents un historique sur les différents sérotypes de salmonelles rencontrés depuis 2003 jusqu’à 2019. Les adhérents ont également reçu la synthèse semestrielle basée sur les événements notifiés dans le Rasff, système d’alerte européen food et feed.

En 2021, le domaine Surveillance de Qualimat va donc poursuivre le développement de ses partenariats. « Nous sommes conscients que nous pouvons enrichir notre système grâce à un partage d’expériences avec l’association néerlandaise SecureFeed. Comme nous, ils disposent d’un système de gestion d’alerte et de gestion de crise. Nous allons comparer nos dispositifs afin d’y trouver des voies de progrès. On peut aussi imaginer pouvoir s’interroger respectivement quand des signaux d’alerte émergent », explique Flavie Le Rolland. Avec GMP+, le travail de Qualimat va se concentrer sur la réponse à apporter au protocole Gatekeeper.

Dans les mois à venir, Qualimat Surveillance a également le projet de rédiger de nouvelles fiches expertises et de poursuivre sa participation à trois groupes de travail du RMT Al Chimie : vieille sur les contaminants émergents, échantillonnage, méthode d’analyse rapide des contaminants avec un focus mycotoxines.

Qualimat Transport et Amont

Pour le domaine Qualimat Transport, Lauriane Tanter a livré les chiffres clés : 2 219 opérateurs de transport sont certifiés et 129 usines sont engagées. Et rappelé les activités des mois écoulés Qualimat : construction d’un dispositif de supervision des organismes certificateurs et révision des documents de référence. « Nous réfléchissons à l’évolution de notre dispositif en lien avec des problématiques émergentes : OGM, allergènes, substances dopantes et label agriculture biologique. Nous travaillons également à l’élaboration d’un module transport du Portail qualité. » Dans le contexte du Covid, Qualimat a été fortement sollicité pendant la période du 1er confinement en l’absence de la possibilité de réaliser des audits sur site : « Nous avons donc mis en place un dispositif dérogatoire encadré qui a rempli sa fonction pendant les mois de confinement. »

Flavie Le Rolland a clos cette matinée d’échange en faisant le point sur Qualimat Amont : « L’activité de diagnostic était bien engagée en 2020 : en février, trois diagnostics étaient déjà organisés. Et puis le Covid et son confinement sont venus perturber nos projets. Nous avons donc suspendu nos diagnostics entre mars et septembre. Notre comité de pilotage s’est donc réuni pour définir une feuille de route 2021. Les adhérents vont être sollicités sur leurs besoins en termes de diagnostics afin de reprendre nos activités dès début 2021. »

Un groupe de travail a été mobilisé pour rédiger une nouvelle version des documents de référence. Les documents seront communiqués aux adhérents d’ici la fin d’année.

Le domaine s’était également donné comme objectif d’organiser des rencontres entre auditeurs et animer cette équipe. Des journées de rencontre étaient organisées fin novembre. Flavie Le Rolland souligne le rôle de ces journées auditeurs : « Elles sont l’occasion de réaffirmer les missions d’ambassadeur Qualimat Amont dans les entreprises de ces auditeurs. Le diagnostic est une démarche qui a besoin de soutien pour être appropriée par les entreprises. Ces journées ont par ailleurs pour ambition de renforcer les compétences à la fois documentaires et techniques des auditeurs. » Une lettre d’information dédiée au domaine Qualimat Amont est également en cours de rédaction afin de créer du lien au sein de ce groupe. La parution du 1er numéro est prévue pour décembre.

Le domaine Qualimat Amont travaille également à établir la complémentarité de ses diagnostics avec Secure Feed et GMP+. Enfin, le dernier axe de travail est de développer un module Qualimat Amont pour le portail Qualité : « Comme sur l’ancienne plateforme, nous souhaitons y faire figurer le planning des diagnostics et permettre aux auditeurs d’intégrer les rapports de diagnostics, afin de livrer plus de données aux adhérents engagés dans la démarche. » Le domaine s’est donc fixé comme objectif pour 2021 de « valider la reconnaissance mutuelle des démarches pour imaginer des procédures de travail avec SecureFeed et GMP+ ». Enfin, Flavie Le Rolland conclut en soulignant que les réflexions sur le planning des diagnostics 2021 intègrent une réflexion sur la possibilité de continuer nos diagnostics dans le contexte actuel de la crise sanitaire.

Marie-Anne Hannotiaux, la directrice de Qualimat a conclu la séance, en remerciant les participants de leur présence et en soulignant la volonté de l’association de maintenir ce rythme de deux comités techniques par an, permettant un temps d’échange indispensable à la vie de Qualimat et apprécié des adhérents.

F. Foucher

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