Productions animales : Zoopôle développement accompagne la mutation du monde agricole

Conseil, veille, mise en réseau, accompagnement pour recherche de financement, montages de dossiers… le Zoopôle de Ploufragan s’est fait une place centrale dans les productions et la santé animales, depuis sa création il y a près de trente ans. D’une part parce qu’il est physiquement au cœur d’une technopole dédiée à l’agroalimentaire, et d’autre part parce qu’il intervient au plus près des préoccupations de terrain.

Zoopôle Développement, dans les Côtes d’Armor, est un acteur essentiel dans la santé et les productions animales : centre de formation (Ispaia), pôle d’expertise (CTPA) et centre de ressources technologiques (labellisé CRT), l’association décline ses missions d’accompagnement des entreprises autour de la veille, du conseil technologique pour le montage et le financement de projets innovants.

Zoopôle Développement apporte une aide précieuse aux entreprises désireuses de mener des essais cliniques et zootechniques ou souhaitant déposer des dossiers d’enregistrement d’additifs. « Le label CRT permet aux entreprises nous sollicitant de bénéficier du crédit impôt recherche », indique Hervé Jaunet, directeur adjoint.

Hervé Jaunet, directeur adjoint, et Anne Le Roux, responsable du pôle Expertise (CTPA).

Si la France est connue pour cloisonner la recherche privée et publique, Zoopôle Développement apporte un beau contrexemple de collaboration fructueuse entre les deux secteurs. Encore plus depuis qu’il est membre de l’Institut Carnot Agrifood Transition, dont la vocation est de développer la recherche partenariale entre instituts de recherche publics et entreprises privées autour du « développement de l’alimentation durable pour la santé de l’homme et son environnement ».

L’association, qui compte 26 salariés en tout, organise par ailleurs régulièrement des journées techniques sur des sujets issus des problématiques de terrain, permettant aux professionnels des productions animales de rencontrer des chercheurs et inversement. « Une belle opportunité de réseautage et de partage de savoir, très appréciée des participants », précise Anne Le Roux, responsable du pôle Expertise. Le centre de documentation de l’association met par ailleurs à disposition de ses adhérents un service de veille bibliographique personnalisée, adaptée aux centres d’intérêt des entreprises.

Une des forces du CTPA : la méthodologie

Le pôle Expertise, commercialisant son offre sous la marque CTPA, réalise les essais zootechniques et cliniques grâce à son équipe de quatre vétérinaires et deux techniciens, en toute indépendance et sous clause de confidentialité : « Nous ne sommes pas là pour fournir au client les résultats qu’il espère ; nous réalisons les analyses en toute indépendance », souligne Hervé Jaunet. Et Anne le Roux d’ajouter : « Les études menées par le CTPA sont une véritable boîte noire. »

L’association est par ailleurs dotée d’un service qualité interne et travaille parfois sous monitoring, vérifié et validé par un cabinet d’audit extérieur.

Le pôle Expertise rassemble des spécialistes de la méthodologie – dont un statisticien – qui ont tous l’œil du vétérinaire. Son protocole de recherche fait la force et l’originalité du centre, puisque le CTPA produit ses propres données d’après ses études de terrain, avec une expertise statistique qui offre des approches innovantes. D’autant qu’il jouit de relations privilégiées avec Labocea, avec l’Anses (notamment depuis 2016 au travers d’une convention de collaboration autour des coccidioses aviaires) et avec les groupements de producteurs. L’équipe propose plusieurs conditions d’expérimentation : en élevage, en station expérimentale, en animalerie confinée.

Problématiques de terrain…

Le CTPA avait coutume d’être proche des problématiques des laboratoires pharmaceutiques, et beaucoup de recherche terrain ont été réalisées sur les antibiotiques. Depuis leur interdiction comme facteurs de croissance et leur usage de plus en plus restreint selon les différents cahiers des charges, les filières animales se tournent de plus en plus vers des solutions ou des alternatives naturelles. « Depuis cinq ans, nous n’avons reçu que très peu de demandes concernant les antibiotiques. Si nous menons toujours des travaux sur les vaccins, qui constituent une alternative dans certains cas, la plupart des recherches se concentrent sur des solutions naturelles, des spécialités ou des additifs innovants en lien avec une problématique précise », indique Anne Le Roux.

Les problèmes de coccidioses, par exemple, deviennent un sujet de recherche majeur : « Cette thématique représente environ 40 % de notre activité, toute confondue » (de la simple consultation au projet de recherche plus complet). Les coccidioses du poulet représentent en effet un problème préoccupant, qu’aucune solution naturelle n’est encore capable de traiter aussi efficacement que les additifs coccidiostatiques (produits chimiques), encadrés de façon de plus en plus stricte par la législation européenne. Aussi les entreprises rivalisent-elles d’ingéniosité et d’innovation pour apporter de nouvelles solutions naturelles sur le marché.

et ancrage local

L’évolution de la société et les mutations du monde agricole influencent directement les orientations stratégiques de Zoopôle Développement, tout comme ce dernier accompagne au plus près les entreprises qui se doivent de répondre aux attentes sociétales. L’association répond ainsi aux demandes des producteurs pour qui la démédication peut aussi s’avérer risquée : l’enjeu est alors de leur permettre de maintenir une compétitivité. « Il s’agit de fournir aux clients les moyens de leurs objectifs ».

Pour Zoopôle Développement, la compétence locale est et doit rester une dimension essentielle de l’activité de l’association. Or le modèle breton entre en pleine mutation, sous la pression environnementale et sociétale : la stratégie de Zoopôle Développement s’articule donc désormais autour de quatre axes : transition environnementale, transition numérique, attentes sociétales, création de valeurs ajoutées, dont les thématiques principales pour les productions animales consistent à : accompagner les acteurs des productions animales sur des solutions alternatives en santé animale, contribuer à l’amélioration du bien-être animal, pour lequel l’association se doit d’être exemplaire, participer à garantir la souveraineté alimentaire à travers l’alimentation animale et enfin valoriser le potentiel offert par le numérique. Sur ce dernier point, Zoopôle Développement mène des travaux prometteurs sur la recherche de nouveaux marqueurs d’efficacité comme le microbiote fécal des animaux.

« Quand une problématique se pose, il y a peut-être une solution chez nous », sourit Hervé Jaunet.

S. Le Blé

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