Partenariat : la première unité de mash bio en France

L’entreprise Aurouze, acteur historique des aliments biologiques dans le sud de la France, se rapproche de RAGT Plateau Central. Cette démarche se concrétise notamment par la création d’un atelier de fabrication d’aliments mash certifié bio à Sainte-Radegonde dans l’Aveyron.

Mercredi 25 avril, le site de l’usine Promash à Sainte-Radegonde (12), à proximité de Rodez, accueillait les éleveurs de la région à l’invitation de RAGT Plateau Central et de l’entreprise Aurouze. Cette rencontre avait pour but de détailler la démarche de partenariat engagée par les deux structures. Partenariat illustré en particulier par l’aménagement sur place d’un atelier de fabrication d’aliments mash bio.

Née en juillet 2017, la société Promash « est la conséquence de la reprise du dossier Mélila (placée en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Rodez en avril 2017) », rappelle Gildas Moumas, directeur général de RAGT Plateau Central. Pour mémoire, cette opération s’est traduite par la reprise des actifs corporels par le consortium regroupant RAGT Plateau Central (actionnaire majoritaire), Arterris et le groupe Avril avec la création d’une société Promash fabricant préférentiellement pour ces trois associés. Le fonds de commerce a été repris par le groupe RAGT.

Le 25 avril, les éleveurs de la région étaient invités à venir découvrir l'atelier de mash bio de Sainte-Radegonde.

Le 25 avril, les éleveurs de la région étaient invités à venir découvrir l’atelier de mash bio de Sainte-Radegonde.

Une demande ressentie sur le terrain

C’est donc sur ce site que les établissements Aurouze s’apprêtent en cette fin du mois de mai à démarrer l’exploitation du premier atelier de mash bio de France, en tant que locataire de cette partie de l’usine. Basée dans le Cantal, cette entreprise est un acteur historique de la fabrication d’aliments bio dans le sud de la France. Elle dispose de deux sites de production à Ferrières Saint-Mary (15) et à Allègre les Fumades (30). « Cet outil doit nous permettre de répondre à une demande que l’on ressent déjà sur le terrain, explique Thierry Aurouze. Géographiquement, il s’agit d’un endroit idéal étant donné la dynamique observée sur cette zone vis-à-vis des conversions en agriculture biologique. »

En pratique, l’ensemble de l’unité est abrité dans un même bâtiment. Elle se compose de 19 cases de stockage de matières premières pouvant accueillir chacune entre 30 et 90 tonnes de produits. Ces cases sont approvisionnées via un tapis de desserte au plafond lui-même alimenté par un élévateur relié à la fosse de réception extérieure. À l’entrée du bâtiment, le cœur de l’unité est constitué d’une benne peseuse équipée de l’automate de dosage (Nutricial), puis d’une mélangeuse à vis conique d’une capacité de 2,5 tonnes. Une fois le mélange achevé, l’aliment mash peut être dirigé vers deux boisseaux ou chargé directement par chariot.

Outre des matières premières solides, l’incorporation d’huiles peut également être envisagée grâce à la présence d’une cuve de stockage. À ce titre, il faut se souvenir que l’entreprise Aurouze est un partenaire du projet Sojalim concrétisé au mois de septembre 2017 à Vic-en-Bigorre, dans les Hautes-Pyrénées. Ce site de trituration, créé par la coopérative Euralis et le groupe Avril, est en capacité de traiter des graines de soja bio. Le partenariat prévoit donc la transformation en façonnage pour le compte de l’entreprise Aurouze.

Le cœur de l'unité est constitué d'une benne peseuse et d'une mélangeuse à vis conique d'une capacité de 2,5 tonnes.

Le cœur de l’unité est constitué d’une benne peseuse et d’une mélangeuse à vis conique d’une capacité de 2,5 tonnes.

Sous la marque Nataurouze

L’unité de mash de Sainte-Radegonde se veut être un outil de proximité qui a pour objectif de répondre à la demande des éleveurs du secteur. Les productions bovines surtout et ovines sont principalement visées. « Les éleveurs apprécient la présentation et la transparence du mash, c’est un produit qui correspond bien à la philosophie de l’agriculture biologique », note Thierry Aurouze. Les aliments mash viennent ainsi compléter la gamme d’aliments granulés et l’ensemble sera commercialisé sous la marque Nataurouze.

Au-delà de la création de cet outil, la démarche engagée avec RAGT Plateau Central comprend aussi un partenariat pour assurer la distribution de la marque Aurouze sur le territoire « Aveyron, Tarn, partie Lozère ». Celui-ci se traduit par le suivi technico-commercial et la facturation des clients, sans remettre en cause les autres relations de redistribution. « Dans le cadre de notre développement, on a besoin de s’allier à des acteurs qui ont un ancrage territorial », justifie Thierry Aurouze.

Pour RAGT Plateau Central, cette opération s’inscrit dans une volonté plus large d’accompagner l’évolution des modèles agricoles. Et parmi les modèles porteurs d’avenir, l’agriculture biologique semble aujourd’hui occuper une place de choix. « Depuis le 1er juillet 2016, nous nous sommes dotés d’un service propre à l’activité bio », rappelle le directeur commercial, Pascal Pringault. Dans cette logique, « nous nous devons de construire des partenariats pertinents reposant sur la complémentarité des compétences avec des leaders techniques de ce marché », poursuit Gildas Moumas. Celui qui vient d’être noué avec les établissements Aurouze vient s’ajouter à un autre avec la structure Agribio Union pour une partie des débouchés de collecte.

F. Brèthes

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