Logistique : « Un argument percutant »

La session transport et logistique de l’Association française des techniciens de l’alimentation et des productions animales (Aftaa), organisée début mars au Mans, a mis en lumière deux innovations. Décryptage de chacune d’entre elles.

Dans notre édition du mois d’avril, nous avions consacré un reportage à la session de l’Association française des techniciens de l’alimentation et des productions animales (Aftaa), organisée le 2 mars dernier au Mans. Cet article abordait la sixième version du cahier des charges Qualimat Transport. Ce mois-ci, nous revenons sur l’événement à travers deux innovations logistiques qui furent présentées dans la capitale sarthoise. La première se nomme Excellia et a été mise en œuvre au printemps 2015 par Nealia. Entretien avec Patrick Rémy, responsable logistique de l’opérateur du Grand Est :

Patrick Rémy : « L’approche chaîne des flux est nouvelle dans notre métier ».

Patrick Rémy : « L’approche chaîne des flux est nouvelle dans notre métier ».

La Revue de l’Alimentation animale : Comment est né Excellia ?

Patrick Rémy : Du constat de pertes logistiques qui remontaient des conducteurs : les écarts entre tournées théoriques et tournées réelles résultaient d’attentes sur les sites industriels et sur les exploitations.

RAA : Quels sont les principes sur lesquels repose Excellia ?

P. R. : Le premier principe consiste à coller au plus près de la réalité. Nous avons besoin d’optimiser les tournées : avoir le bon matériel au bon endroit. Or nous nous sommes aperçus que nos véhicules n’étaient pas disposés sur les sites industriels là où justement le besoin se faisait sentir. Par exemple, nous avions un nombre de porteurs trop élevé par rapport à nos besoins. Nous avons donc diminué le nombre de véhicules de 20 %.

RAA : Cela n’a-t-il pas gêné le fonctionnement de l’entreprise ?

P. R. : C’est le deuxième principe sur lequel nous avons travaillé : rapprocher les clients de l’usine qui sait faire le produit. Autrement dit : comment diminuer le ratio kilomètre/tonne des livraisons ? Cela a amené à ouvrir un maximum de formulations sur nos sites industriels et à retravailler le référencement des produits.

RAA : À combien s’élève l’investissement de cette innovation logistique ?

P. R. : Il y a eu très peu d’investissements directs dans les usines puisque, pour les trois premières années, ils s’élèveront à 120 000 €. Nous avons uniquement ouvert les formules sur les usines sachant faire les produits, sans travailler sur les investissements. Cela est la seconde phase dans laquelle nous devrons nous inscrire pour une ouverture encore plus large de nos formules. Mais, pour le moment, cela n’est pas chiffré.

RAA : Votre budget logistique s’élève à 8,5 millions d’euros par an : quels sont vos objectifs en termes d’économies ?

P. R. : Nous prévoyons d’atteindre 600 000 euros d’économies sur trois ans. Le dossier a démarré il y a dix-huit mois et nous en sommes aux deux tiers des économies qui étaient envisagées. L’ouverture des références sur l’ensemble de nos sites industriels, essentiellement sur les gammes bovins et ovins, nous a permis de réduire le nombre de kilomètres pour livrer une tonne. Alors que nous étions à 40,5 t/j et par citerne, nous sommes passés à 44 t/j fin 2016 : nous avons augmenté de 10 % le nombre de tonnes transportées par véhicule. Nous avons également mis à jour les fiches des clients. Cela peut paraître anodin ou scolaire mais c’est très important pour les conducteurs : nous sommes passés de huit à trois porteurs. Or une tonne livrée avec un porteur coûte beaucoup plus cher qu’une tonne livrée avec une citerne.

(…)

G. Hardy

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 706 – Mai 2017

Inscrivez-vous à la newsletter
gratuite de La Revue de l’Alimentation Animale.