Investissement Lactoproduction – Gaec 3D Une nurserie pour expérimenter en conditions d’élevage

Le producteur d’aliment d’allaitement Lactoproduction investit en partenariat avec un Gaec laitier pour créer une nurserie où mener des expérimentations en conditions réelles d’élevage. Le dispositif baptisé Noveautel est installé à Montauban-de-Bretagne, à deux pas de l’unité industrielle de Lactoproduction.

Sylvain Fournier, directeur général de Lactoproduction, et Jean-Sébastien Dartois l’un des deux associés du Gaec 3D.

Le Gaec 3D est issu de l’installation de deux frères avec leurs parents, sur trois exploitations en mai 2008, à Montauban-de-Bretagne. Aujourd’hui, Jean-Sébastien et Xavier Dartois sont seuls aux commandes depuis le départ en retraite de leurs parents en 2018. Ils sont secondés par un salarié. Ils ont optimisé les installations de production et inauguraient en avril 2019 une nurserie. La nurserie du Gaec 3D était jusqu’alors située à Guitté, où sont toujours les 140 génisses de l’exploitation qui compte par ailleurs un bâtiment d’engraissement de porc de 1 295 places. Originalité de cette nouvelle installation, elle se fait en partenariat avec Lactoproduction. Le producteur d’aliments d’allaitement dont les installations industrielles sont installées à proximité y installe son centre d’essai Noveautel.

Sylvain Fournier, directeur commercial de Lactoproduction commente : « Nous réalisions déjà des essais dans des exploitations, mais elles étaient trop éloignées pour nous y rendre quotidiennement. Le Gaec 3D est un client depuis huit ans. L’installation de leur atelier à proximité immédiate de notre site de production nous a fait réfléchir sur notre capacité expérimentale. Nous avions clairement besoin d’un centre d’essai. Nous réalisons 90 % de notre activité à l’export et souhaitions disposer d’un site vitrine pour exposer nos techniques à nos clients étrangers qui nous rendent visite, valider nos essais, etc. C’est un bel élevage, avec des éleveurs très techniques et impliqués dans le suivi de leurs animaux : ils ouvrent régulièrement les portes de leurs installations à nos clients, nous avions déjà tissé des liens de collaborations avec eux. L’investissement dans leur nurserie sous la forme d’un partenariat était une évidence. »

Des essais en conditions réelles d’élevage

Les éleveurs ont conçu leur nurserie selon leur besoin et présenté leur plan et leurs choix techniques à Lactoproduction : « Nous souhaitions simplement que l’outil soit adapté à nos besoins expérimentaux, explique Bernard Fournier, président de Lactoproduction. Mais nous ne voulions en aucun cas imposer des choix techniques aux éleveurs. C’est leur outil de production, sur lequel nous avons la chance de faire des essais en situation réelle d’élevage. »

Une salle de préparation des buvées permet le stockage des sacs d’aliment et la préparation des seaux pour les plus jeunes veaux dans les meilleures conditions d’hygiène. Le Dal permet un programme alimentaire individualisé et une récolte automatique des données : ingestion, temps de buvée, puissance de succion, suivi de croissance, etc.

Environ 200 veaux naissent chaque année et environ 100 veaux femelles sont élevés au Gaec 3D pour le renouvellement du troupeau laitier. Elles y arrivent à un jour et passent les 10 à 15 premiers jours de leur vie dans des cases individuelles à l’abri du nouveau bâtiment. Elles sont alimentées aux seaux tétines. « Âgées de 10 à 15 jours, elles rentrent dans la nurserie, en case collective où elles sont une quinzaine. Elles y sont alimentées au Dal », présente Andrea Le Crubière, ingénieur à l’Esa d’Angers en alternance auprès de l’entreprise Lactoproduction. À 30 jours d’âge, les veaux femelles passent dans un logement adjacent, lui aussi alimenté par un Dal où elles reçoivent en complément de leur programme d’alimentation lactée un aliment solide 1er âge. Entre les deux cases se trouve un banc de pesée dont les données sont automatiquement récoltées par le Dal et associées au veau identifié au moment de la buvée.

Le logement des veaux après sevrage.

Après sevrage à 70 jours, les veaux sont transférés dans une ultime case collective, où ils ne reçoivent plus qu’un aliment deuxième âge et de la paille. Entre 0 et 75 jours, les animaux sont pesés six fois.

L’aliment solide consommé par les veaux est livré par la Coop du Garun voisine.

« Nous avons choisi d’investir dans deux Dal avec un écran de contrôle commun. Ils sont installés de part et d’autre de la barrière séparant le lot de 10-30 jours de celui de 30-70 jours. Ce système nous offre la possibilité de tester simultanément deux poudres de lait. Par exemple en ce moment une formule additionnée ou non de levures inactivées », présente Andrea Le Crubiere. Sylvain Fournier précise : « Le lot testé et le lot témoin ne sont pas contemporains, mais seulement décalés de deux mois, ce qui ne pose pas d’effet saison car il faut plusieurs groupes pour constituer le lot expérimental global et permettre aux résultats d’être statistiquement significatifs. » Le premier programme de test a ainsi duré près de six mois.

« Même sans le partenariat avec Lactoproduction, nous aurions construit la nurserie de manière identique, affirment les deux éleveurs. Lactoproduction nous permet de disposer d’un équipement de distribution et de pesée beaucoup plus perfectionné pour les besoins expérimentaux. Cela nous permet de mieux suivre la croissance de nos animaux. Nous sommes d’un naturel assez curieux et avons envie d’en apprendre davantage pour évoluer dans nos pratiques d’éleveurs. C’est très motivant d’être impliqué dans ce genre d’essais. » « Nous avons en permanence des essais en cours ici, se réjouit Bernard Fournier. Nous validons et qualifions nos aliments, nous testons des formules, des additifs, des ingrédients… C’est un formidable outil pour approfondir nos connaissances. Nos partenaires ont déjà montré beaucoup d’intérêt pour notre nouvelle capacité expérimentale. »

Françoise Foucher

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